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Yopougon-Wassakara / Affaire «Détournement de dons par l’artiste Billy Billy» : Des associations dénoncent un harcèlement et disent leur part de vérité


Yopougon-Wassakara / Affaire «Détournement de dons par l’artiste Billy Billy» : Des associations dénoncent un harcèlement et disent leur part de vérité
Le 15 novembre 2013, le quartier Wassakara abritait un événement heureux. Dans ce quartier aux allures d’un gros village dans la commune de Yopougon, la Première dame, Mme Dominique Ouattara, débarquait ce jour-là, les mains chargées de vivres, de matériel de travail et même d’argent en espèce. Le tout est estimé à 65 millions en nature et 5 millions de FCFA en espèces. Une action de charité à même de changer le quotidien des populations aux revenus souvent insignifiants. Toutefois, contre toute attente, depuis ce jour béni où les dons ont été remis devant un huissier, des autorités municipales, la police nationale, des journalistes et les représentants des associations, les choses ont tourné au vinaigre. Les relations entre l’artiste Billy Billy, initiateur de l’action, une partie des associations de femmes et quelques sages du quartier ne sont plus au beau fixe. L’enfant de Wassakara, le premier à avoir chanté le nom de ce quartier autrefois dans l’incognito, est aujourd’hui considéré par certains comme un personnage ‘’malhonnête’’. Quelqu’un qui détourne à son seul profit des dons destinés à une communauté. C’est dame Koné qui porte l’estocade en tant que principale instigatrice du camp des détracteurs. "Nous allons porter plainte contre Billy Billy. Il n'a pas été honnête avec la population bénéficiaire des dons de la Première dame. En dépit de nos actions de le ramener à la raison, il reste intransigeant et nous nargue et fait croire que le matériel de Mme Dominique Ouattara lui appartient. (…) Si notre plainte n'aboutit pas nous marcherons sur le cabinet de la Première dame notre bienfaitrice, afin qu'elle sache que Billy Billy n'a pas été sérieux avec nous’’, rouspétait dame Koné lors d’une réunion publique à Wassakara le 29 décembre dernier. Selon la même source, un homme présenté comme porte-parole du comité des sages ajoutait : ‘’Nous allons également porter plainte contre l'artiste musicien qui a un mépris pour nous. Nous devons être solidaires de nos épouses car trop c'est trop’’. Ce sage, selon nos investigations n’est autre que M. Koné, époux de dame Koné.

La réplique du camp opposé à dame Koné


Pour comprendre cette affaire, nos recherches nous conduisent chez certaines dames qui ont bénéficié des dons de la Première dame. Selon leur version des faits, toute la débauche d’énergie déployée par dame Koné de son vrai nom Namizata Koné, ne vise qu’une seule chose : salir l’artiste et camoufler ainsi sa forfaiture. De quoi s’agit-il ? La Première dame, selon nos informations n’est pas allée à Wassakara ex nihilo. Il a fallu des démarches conduites par les hommes de Serge Billy Yao alias Billy Billy, son manager en tête, pour qu’advienne cet événement. Ils ont travaillé sur le concept et mené le projet à terme. Au départ, apprenons-nous, les différentes associations qui existent à Wassakara et mêlées au projet ont exprimé des besoins disparates. Au regard de ceci, le cabinet de la Première dame aurait recommandé, pour une meilleure prise en charge des besoins, aux associations de se fédérer par secteurs d’activités. Il y a eu ainsi 11 fédérations qui ont été constituées : transformation de manioc, fabrique de savons Kabakrou, alphabétisation, poisson et viande congelés… De 11 fédérations au départ, on en est arrivé à 9 après ventilation.
Quand arrivent les dons, dame Koné bénéficie pour sa fédération de 100 kits d’alphabétisation puisqu’elle était inscrite dans le secteur ‘’alphabétisation’’. Mais en plus, le comité décide de lui octroyer 3 glacières, un malaxeur pour la confection de savon et du gaz butane ainsi que des vivres. (Ces mêmes vivres ont été distribués aux autres communautés). Fatoumata Dosso, une autre bénéficiaire a reçu pour sa part une chambre froide, une glacière et un congélateur. Ce qu’elle a confirmé lors de notre entretien. Agathe Ouattara du groupe Espoir se dit quant à elle, ‘’surprise des agissements de madame Koné’’ qu’elle accuse même d’être dans des commérages : ‘’Nous avons reçu nos quatre broyeuses dans le secteur de transformation du manioc. Nous avons signé une décharge. Nous ne nous reconnaissons pas dans les commérages de madame Koné. Ce qui nous déçoit, c’est qu’avec ce tapage, nous ne pourrons plus rien recevoir. Nous remercions Billy Billy et le comité d’organisation car sans eux, nous n’aurions jamais eu ces cadeaux à plus forte raison orchestrer une campagne d’intoxication’’.
Selon ces dames, seule la fédération dirigée par dame Koné se plaint sur les 9 enregistrées dès le départ. ‘’C’est de la mauvaise foi’’, s’indignent-elles, faisant remarquer que dame Koné n’a pas partagé les lots comme il se devait aux membres de sa fédération en complicité avec son époux de sage. ‘’Elle les a gardés par devers elle et en veut encore plus’’, commente Agathe. L’association Loni Inter qui devait recevoir des kits d’alphabétisation n’a jusque-là rien eu. Mais au téléphone, son responsable n’a pas clairement identifié d’où vient la faille tout en reconnaissant qu’il devait recevoir sa part de madame Koné. Déçu après des démarches, il dit ne plus être intéressé. Un membre du comité d’organisation qui a voulu garder l’anonymat (pour l’instant) soutient pour sa part que déjà dans les préparatifs, dame Koné passait outre le comité d’organisation pour aller chercher des faveurs au cabinet de la Première dame en dénigrant ledit comité. Tout a commencé là.

Le prolongement de l’adversité Kafana – Doukouré


L’affaire selon d’autres personnes que nous avons approchées a aussi des relents politiques et met en scelle la rivalité entre le candidat malheureux du Pdci aux dernières municipales Doukouré Moustapha et son adversaire Gilbert Koné Kafana. Ce dernier, maire de Yopougon, était représenté à la cérémonie du 15 novembre par son premier adjoint. Nous avons appris au cours de notre enquête que dame Koné avait joué dans le camp Doukouré lors de la campagne pour les municipales. Et ce 15 novembre 2013, la délégation du représentant du maire a essuyé une humiliation sur instigation de madame Koné. Elle et son groupe ont chaleureusement ovationné l’ancien maire au détriment de l’actuel. Et la Première dame avait, de bonne fois, salué dans son intervention la présence de Doukouré. Une petite douche froide pour les hommes de Kafana qui en sont sortis crispés. Toutefois, c’est la vigilance des autorités municipales qui a permis de sauvegarder les biens octroyés. Une bonne partie des lots qui avaient été stockés dans les locaux de la mairie, après la remise symbolique et en attendant la distribution totale, étaient sur le point de sortir pour une destination inconnue. C’est une alerte d’une autorité municipale qui a permis de dejouer la manœuvre. On impute cela au camp des détracteurs de Billy Billy qui jusque là reste réservé sur l’affaire. Cependant, son manager Samba que nous avons eu au téléphone promet un déballage dans les jours à venir. Pour l’instant il doit répondre ce lundi à une convocation de la gendarmerie des Toits-Rouges dans le cadre d’une enquête dite judiciaire et liée au supposé détournement opéré par l’artiste.
Dans notre recherche de la vérité, nous avons pu obtenir le numéro de dame Koné que nous avons joint. Rendez-vous a été pris, d’un commun accord, devant la pharmacie Segaï aux abords du marché de Wassakara. Grande fut notre surprise de l’entendre dire, une fois en ces lieux, qu’elle ne peut répondre à notre rendez-vous. Pis, en pleine conversation téléphonique avec elle, c’est un homme, monsieur Koné en personne qui prend le téléphone pour réprimander notre démarche. A notre demande de le rencontrer, il a prétexté d’une réunion pour décliner l’offre, ajoutant qu’il avait déjà joint notre rédaction après une brève sur cette affaire. Voulant coute que coute avoir sa version, nous le joignons dans l’après-midi mais sans succès. Affaire à suivre !

S.Debailly
In L'Intelligent d'Abidjan
Lundi 6 Janvier 2014
La Dépêche d'Abidjan



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