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Un discours passé inaperçu


Un discours passé inaperçu
Nairobi. Le samedi dernier. Le pays, le Kenya, fait partie des trois pays africains avec le Ghana et la Côte d’Ivoire qu’un long documentaire de France 2 cite comme des pays véritablement engagés sur la voie de l’émergence. Mais ce samedi-là était prononcé l’un des plus grands discours sur le continent en Afrique. J’ai beau suivi de nombreux journaux télévisés africains, lu la presse africaine, à part un seul site, personne n’en parle dans son pays et cela est grave et révélateur. C’est vrai que moi-même j’avais pris la décision de ne plus parler de corruption en Afrique, car des tonnes de discours, de colloques sur le sujet ne font qu’augmenter son ampleur. Ici, je ne peux que me rappeler mon roman intitulé : « Le sang, l’amour et la puissance. » Un petit soldat prend le pouvoir, car il estimait avec sa bande d’indignés, que les responsables politiques et administratifs de son pays sont corrompus. Au bout de quelques mois, la corruption dépassera une ampleur jamais égalée. C’est exactement comme les études sur le diable. Certains de ces spécialistes ont bifurqué dans la pratique même du satanisme. Exactement comme la corruption. Presque tous ceux qui en parlent, finissent par devenir l’un des pratiquants les plus assidus. En psychologie, on sait que celui qui critique tous les jours un ou des défauts chez les autres, ne fait que dévoiler son ou ses caractères. Moi, je reviens sur la corruption, car je trouve le discours novateur sur le thème. Le samedi dernier, à Nairobi, c’est Madame Dlamini Zuma qui prononçait le discours. Selon des personnes bien introduites dans la politique sud-africaine, elle va quitter Addis-Abeba pour retourner dans son pays et briquer le poste de Présidente de la République. Ce serait alors une bénédiction de Dieu pour sa famille et elle. Occuper un poste qui a été tenu par son ancien mari et le père de ses enfants. Voici donc le passage de son discours qui m’a marqué et qui est passé inaperçu sur le contient où la corruption est passée de mode. Elle déclare : « Nous avons tendance à imiter ceux qui se livrent à la surconsommation. Ces modes de vie ne peuvent être maintenues par les salaires normaux et par conséquent, les gens recourent à la corruption. » Très beau constat. Mais la mère Dlamini ne nous dit pas la cause de cette surconsommation des Africains. Je lui dis que c’est un phénomène classique. Depuis l’esclavage, les Noirs d’Afrique sont prêts à tout, pour consommer comme les Européens. Pour des miroirs, des tissus brillants, du gin, ils ont livré des milliers de leurs frères en esclavage dans les Amériques. Dans ce monde voué aux lois du marché capitaliste que de gadgets utilisés pour leur consommation effrénée et inutile. Chacun vit au-dessus de ses moyens pour épater les autres. Des grosses cylindrées jetées dans les poubelles en Occident, sont achetées avec frénésie sous nos tropiques pour contenter un orgueil qui rend pauvre. Aucune augmentation de salaire ne saurait satisfaire les fonctionnaires et les travailleurs africains qui ont les pieds en Afrique et l’esprit dans les pays occidentaux. En plus avec une image déformée de l’homme occidental préoccupé par son épargne. Le gaspillage règne partout sur le continent en voulant imiter les autres. La vieille mère a été claire, ce mode de vie, cette surconsommation va ruiner l’Afrique et les Africains. Cette manière de vivre erronée est une idéologie déterminée par les nombreuses chaînes de télévision, sous la domination financière du marché et du capitalisme. Tous ceux qui peuvent se lever tôt le matin pour prendre un transport en commun, trouveront des arguments fallacieux pour ne pas le faire et dépenser, pour le véhicule, chaque jour l’équivalent de deux ou trois jours de popote. On comprend alors la tension financière qui tenaille le travailleur ou le fonctionnaire africain, qui vit largement au-dessus de ses moyens et qui pense que la vache à lait va à chaque fois, l’augmenter dès que son avidité va le pousser au déficit permanant. Plus que jamais l’élite doit prendre conscience de sa responsabilité historique et changer sa manière de vivre au risque de conduire les pays dans un ravin qui grandit de plus en plus. Il n’est point besoin d’être un docteur des sciences économiques pour comprende que le marché nous pousse à une consommation effrénée et inutile pour la satisfaction et la richesse d’industriels qui ont compris la gloutonnerie et l’égoïsme d’un consommateur qui ne change pas sa manière depuis l’époque douloureuse de l’esclavage. Il suffit de voir toute la population africaine se mobiliser pour des équipes européennes et les arts occidentaux pour comprendre que l’Afrique est presque perdue. On sort de l’argent de nos poches pour aller enrichir les autres, plus nantis que nous. Si Madame Dlamini Zuma reconnaît le niveau élevé de la corruption en Afrique, elle ajoute : « Il est paradoxal de constater que l’Afrique a de riches ressources, mais que ses citoyens sont les plus pauvres. » Les toubabs il faut le reconnaitre, sont intelligents. Ils sauront toujours nous avoir, à cause de nos multiples défauts. Plus que jamais, les plus conscients doivent faire de Matthieu 5, 6 et 7, leur crédo. Regardez les oiseaux dans le ciel… Trois chapitres qui poussent le citoyen à la simplicité et à l’humilité, gages d’une vie apaisée. Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

Par Isaïe Biton Koulibaly
In L’intelligent d’Abidjan
Lundi 6 Juin 2016
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