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La Dépêche d'Abidjan

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Un Pascal Affi Nguessan offensif contre un FPI attentiste

Adoubé par le président Gbagbo, Pascal Affi Nguessan devient en 2001 président du FPI, sans coup férir, pour un mandat de trois ans renouvelables. Ce mandat devait donc être renouvelé en 2004, mais il n'y aura pas de congrès à cause de la crise, dit-on, alors qu'un parti comme le PDCI a bien organisé un congrès pendant cette même crise, un congrès qui a d'ailleurs permis à Henri Konan Bédié de reprendre son fauteuil de président de ce parti.


Le FPI lui, aura attendu 13 ans pour envisager d'en organiser un, non pas sur proposition d'une de ses instances, mais sur recommandation d'un groupe informel appelé Groupe de médiation. Ce congrès, qui devait mettre fin à treize de vie sans réunion de l'instance suprême vient d'ailleurs d'être reporté par une décision de la justice du régime Ouattara saisie par Pascal Affi Nguessan, président du parti et candidat à sa propre succession, qui demande le retrait de la candidature du président Gbagbo.

Certes, ces circonstances malheureuses de la crise ont été un prétexte pour le parti du président Gbagbo pour ne pas organiser de congrès pour renouveler ses instances, donc se réorganiser, faire un profond toilettage de ses statuts , et remobiliser ses militants en réaffirmant ses objectifs. Cependant, tout allait bien puisque le parapluie présidentiel, et le fait que tout ce beau monde était logé aux meilleures enseignes, ont permis de mettre en veilleuse les rivalités et les luttes de positionnement inhérentes à toute organisation politique.

Mais en 2011, le pouvoir est brutalement perdu. le président Gbagbo est capturé après une guerre meurtrière et éloigné de la scène politique par une déportation en Europe. Beaucoup de dirigeants dont le président du parti sont jetés en prison alors que d'autres réussissent à trouver refuge dans d'autres pays, le temps que le vent de meurtres qui souffle sur le pays s'estompe quelque peu.

Aujourd'hui, beaucoup de prisonniers politiques ont été libérés " provisoirement " et quelques exilés sont revenus au pays, mais quand, en juillet dernier, une crise sévère s'empare du parti après un profond réaménagement de son bureau par le président Affi. L'opinion apprend alors des conclusions d'un groupe de médiation que le problème est beaucoup plus profond qu'on ne le pensait. Ce groupe, pour remédier à cette situation, proposera la tenue d'un congrès avant la fin de l'année, avec l'accord de tous les acteurs. Il proposera également que tous les grands sujets soient mis à débat, sans tarder. Les débats n'auront jamais lieu dans les instances du parti..

Le débat n'a donc pas lieu officiellement dans le parti, mais le président Pascal Affi Nguessan et ses soutiens internes, par un activisme politique débordant, s'expriment régulièrement et donnent l'impression de préparer les militants à une compétition électorale dont les conditions sont loin d'être réunies. Le ministre Abouo Ndori demandera même au président du FPI de se porter candidat à l'élection présidentielle. Un autre, Alcide Djédjé, essaiera de convaincre qu'il faut " entrer dans le jeu politique pour libérer Gbagbo ". Et pour enfoncer le clou, le président Affi lui-même dira : " Je souhaite que le FPI participe aux prochaines élections ". Interrogé donc sur son éventuelle candidature à l'élection présidentielle, il répondra que cela dépend du congrès car dira-t-il : " Si je décide et que le parti ne me suit pas... ", faisant ainsi du coup du congrès un enjeu de la présidentielle à venir.

Entre-temps, il pose des actes qui ne tiennent pas compte de la volonté populaire au FPI. L'exemple d'Alain Dogou à la CEI le démontre. Il l'avait nommé sans revenir vers le comité central pour apprécier les conclusions de ses discussions avec le régime Ouattara, sur la base de vagues promesses qui d'ailleurs ne seront jamais tenues. Malgré une décision du parti de retirer un de ses membres de cet organe chargé d'organiser les élections, Pascal Affi Nguessan trouvera le moyen de l'y maintenir, prétextant qu'il y est désormais au titre de l'AFD.

Pascal Affi Nguessan ne respecte donc pas les décisions des instances du parti qu'il préside. Pourtant, à sa conférence du 09 décembre, répondant à ceux qui l'accusent de se comporter comme un autocrate, il déclare : " Un autocrate n’organise pas de réunion ; il ne fait pas fonctionner les instances, il décide tout seul. Si je décide d’organiser un comité central, ça veut dire que le fonctionnement du Front populaire ivoirien est démocratique."

Une chose est d'organiser des réunions, une autre est de tenir compte de ce qui en sort. Or le président du parti foule aux pieds les textes et les résolutions du parti.

A propos des textes, le comité de contrôle avait indiqué dans un délibéré tardif, puisqu'il est venu après le comité central du 14 août qui avait déjà entériné les recommandations du groupe de médiation acceptées par tous, que le président du parti avait, en outrepassant ses prérogatives, été à l'origine de la crise qui a secoué le FPI en juillet 2014.

Pascal Affi Nguessan a ensuite tenté de faire reporter le congrès qui est une résolution du comité central du 14 août 2014, donc d'une instance supérieure, en tenant un secrétariat exécutif, une autre réunion où il a encore essuyé un refus. Mais qu'à cela ne tienne, il fera reporter ce congrès en s'adressant à la justice de Ouattara, le jour même où Simone Gbagbo est présentée au tribunal des vainqueurs. Il dira même à propos de cette justice : « c'est notre justice.. »

C'est donc un président de parti qui ne tient plus aucun compte des instances de son parti, pas même de l'instance suprême, le congrès qu'il fait reporter à un jour de sa tenue. Ce président n'est donc plus en phase avec son parti dont il a perdu le contrôle, ce qui explique son recours perpétuel à l'extérieur pour faire prévaloir ses positions.

Cependant, le plus étonnant reste l'attitude des instances de son parti face à ces dérives, Il n'y a eu pour le moment aucune réaction de leur part. On a parlé de la crise de juillet qui a trouvé son dénouement grâce à une structure non statutaire alors que le comité de contrôle avait été saisi depuis longtemps. Si on ajoute à cela le cas Dogou sur lequel on attend toujours que le comité chargé de faire respecter les textes et les résolutions du parti , se prononce, et enfin cette histoire de report pour laquelle nous n'avons vu aucune instance s’auto-saisir, ou même ceux qui soutiennent la candidature du président Gbagbo saisir les compétences internes, cela fait beaucoup, et on se demande si tout ce monde veut être devant le fait accompli de l'invalidation de la candidature du président Gbagbo avant de réagir,

C'est vrai qu'il y a eu la réaction de Danon Djédjé en tant que président du comité d'organisation du congrès, mais cette structure est informelle et est donc appelée à disparaître après le congrès.

C'est donc le lieu d'interpeller le FPI dans son ensemble en lui disant qu'il est parfois bon de prendre ses responsabilités car Pascal Affi Nguessan, ayant pris acte de sa faiblesse à l'intérieur du parti, a visiblement décidé de le diriger avec l'extérieur, et d'écrire une autre page du parti créé par Laurent Gbagbo. Une autre page qu'il n'entend visiblement pas inscrire dans la continuité de ce qui a été fait jusqu'ici, et il le dit clairement dans sa conférence de presse où il parle certes de modernité, (qui n'en voudrait pas ?) mais aussi de l'identité du FPI. Cela fait beaucoup, et même beaucoup trop.

Le parti aurait donc déjà dû réagir à travers ses instances compétentes plutôt que d'attendre, avant de réagir, que la justice de Ouattara, une justice aux ordres d'un régime qui a décidé d'éliminer le président Gbagbo de la scène politique ivoirienne, décide de donner raison à Pascal Affi Nguessan en invalidant sa candidature, car qui peut aujourd'hui raisonnablement penser qu'il puisse en être autrement ?

En politique, le crédit que les militants accordent à un homme politique n'est pas un capital inépuisable, et le crédit du président Pascal Affi Nguessan semble aujourd'hui être épuisé. Il ne reste plus qu'à en prendre acte et prendre des décisions courageuses..

Il s'agit donc aujourd'hui, plus qu'autre chose, de voir et de dire si ce membre, qui est soumis à la discipline au même titre que n'importe quel militant, a violé la lettre et l'esprit des statuts du parti, car cela fait désordre qu'un membre du parti, qui se trouve être le président, décide tout seul ou, alors même qu'il n'a pas reçu l'accord des instances qu'il a consultées, décide de saisir une justice aux ordres pour faire reporter un congrès attendu par les ivoiriens et les militants qui étaient déjà sur place.

Alexis Gnagno
Lundi 15 Décembre 2014
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
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1.Posté par Pierre Akossia le 16/12/2014 00:32 | Alerter
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Au fait, Pascal Affi N'Guessan prend le président Laurent Gbagbo, j'ai l'impression comme Alassane Dramane Ouattara. Sacrilège, comment un historien devient subitement faussaire, falsificateur.

A bas les calomniateurs !

2.Posté par Armand Becaud le 16/12/2014 10:16 | Alerter
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Mon frere, je suis moi même un pro-Gbagbo . Mais ton raisonnement est quand logique. Si les responsables du fameux APPEL DE MAMA ne disent rien, c'est juste parcequ'ils savent que Affi a juridiquement raison . Ils ont même peur qu'on ne decouvre les complices de la fausse lettre attribuée á Laurent Gbagbo. Car cette lettre est une preuve que le camp des " Gbagbo ou rien " est dans la forfaiture . Et le comité de control a vraiment fait honte au FPI en negligeant les textes du partie, ou en validant un dossier incomplet. C'est pourquoi personne ne s'oppose au juge.

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