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La Dépêche d'Abidjan

Téléphonie / Interconnexion entre les opérateurs cellulaires : Koz-Comium et Green dans le collimateur d’Orange Côte d’Ivoire

En général les opérateurs de la téléphonie n’aiment pas exposer sur la place publique leurs différends. Mais depuis la fin de la semaine passée, des articles parus dans la presse ont fait état de menaces de suspension de l’interconnexion entre les abonnés d’Orange et de MTN d’une part, et d’autre part ceux de Koz et Green, pour cause d’impayés.


Photo DR
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Selon nos informations, ce sont des centaines de millions de FCFA que perçoivent chaque mois les deux géants Orange et MTN, sur les redevances de l’interconnexion. Orange et MTN revendiquent chacun environ quatre millions d’abonnés. Koz n’a pas encore atteint deux millions, tandis que Green dépasse juste un million. Chaque fois qu’un abonné Orange ou MTN appelle un correspondant Koz ou Green, l’opérateur du départ, c’est-à-dire Orange ou MTN reverse une redevance qui était de 57 francs à l’origine. Dans le cas des appels contraires, c’est-à-dire, KOZ ou Green vers MTN et Orange, le même montant est payé. A la fin de chaque mois, une compensation est faite. Orange et MTN ayant à peu près le même poids, les comptes s’équilibrent plus ou moins. Mais avec les nouveaux opérateurs, qui sont récents il y’a problème et protestation. Koz et Green, ayant choisi une politique de bas prix et de discount, seraient mal perçus par un des opérateurs historiques, en l’occurrence Orange qui, dans le cadre de la synergie avec Côte d’Ivoire Telecom, actionnaire de l’entreprise, gère la fibre optique et la base de données des interconnexions. Une première protestation des autres opérateurs avait, suite à un arbitrage de l’ATCI permis de passer de 57 FCFA à 45 Francs, à la satisfaction des consommateurs qui ne cessent de se plaindre du coût élevé des communications locales sur le cellulaire. Selon des interlocuteurs, les charges d’interconnexion n’existent pas dans plusieurs pays et quand c’est le cas, elles ne pénalisent pas le consommateur, ou bien c’est l’Etat qui en bénéficie et non un privé ni un concurrent. La question aurait trouvé une solution dans le nouveau code de la télécommunication. Là encore Côte d’Ivoire, Telecom et Orange sont soupçonnés d’avoir fait du lobbying, en prenant prétexte de la crise ivoirienne, pour retarder et empêcher son adoption. Cette situation fait broyer du noir aux consommateurs. Elle rend par exemple encore élevé le coût de l’Internet : au Sénégal l’ADSL 512 KB, serait à 5 mille FCFA mensuels depuis plusieurs années, tandis que cela fait 25 mille FCFA en Côte d’Ivoire. Selon nos informations, si MTN fait montre d’ouverture et de flexibilité sur la question et sur le recouvrement, tel n’est pas le cas d’Orange dont le directeur financier M. Couturier ferait preuve d’activisme qui le pousse à mettre personnellement la pression téléphonique sur les services financiers de Green et de Koz. Avant de mettre en exécution, la menace de suspension de l’interconnexion avec les abonnés de Koz et de Green, (une situation qui peut également perturber les abonnés Orange si ceux-ci sont privés des appels émanant de Koz ou Green, ou bien s’ils sont empêchés d’appeler leurs correspondants), Orange-Côte d’Ivoire Telecom, aurait sournoisement et sans préavis déjà coupé l’accès de Koz à l’international, via ses installations. C’est par le satellite que se fait désormais l’accès des abonnés Koz à l’international. A Koz, l’on pointe ouvertement du doigt Orange, accusé de faire montre de déloyauté et d’attitude inamicale. «En vérité, ils n’ont pas tant besoin de cet argent pour lequel ils ne font aucun effort, puisqu’à y regarder de près on travaille pour eux et ils nous prennent de l’argent tout simplement parce qu’en quinze ans, ils ont pu avoir quatre millions d’abonnés. Ce qui n’est pas fameux comme performance puisque nous en moins de trois ans, nous sommes à deux millions. Leur objectif est d’empêcher notre progression et de détourner nos nombreux clients qui nous ont fait confiance. Ils ne se contentent pas de nous mettre la pression tous les jours, voici qu’ils ont choisi d’affoler nos clients, en faisant écrire que nous sommes en cessation de paiement, et que les communications seront interrompues. Orange a même coupé l’accès à l’international. Si nous n’avions pas le satellite, nous serions coupés du monde déjà », explique un haut responsable de Koz qui note que Orange-Côte d’Ivoire et Côte d’Ivoire Telecom, reprennent des éléments de communications de KOZ et reviennent dans des segments abandonnés, mais revalorisés depuis peu, par KOZ. La guerre entre les opérateurs aura-t-elle lieu ? Que compte faire l’ATCI ? Le consommateur ne sera-t-il pas lésé ? Les regards sont tournés vers l’ATCI et aussi vers des associations de consommateurs qui s’organisent pour se faire entendre.


Et si c’était un complot contre KoZ-Comium et Green

La guerre de la téléphonie va-t-elle vraiment avoir lieu en Côte d’Ivoire ? Pour certains observateurs qui suivent le déroulement de la crise née de l’interconnexion, c’est une grosse déception de voir des entreprises opérant dans le même secteur exposer leurs différends sur la place publique. Pour ces derniers, KoZ-Comium et Green, les dernières nées du secteur de la téléphonie mobile sont victimes de leurs succès. Un succès fondé sur la captivité de la clientèle, à travers des produits et offres adaptés aux besoins de milliers d’Ivoiriens qui ont soif de communiquer avec leurs parents, amis et le reste du monde, en fonction de leurs moyens. C’est sur cette base, expliquent-ils, que les Ivoiriens dans la majorité des cas, pour joindre leurs compatriotes, préfèrent le plus souvent, passer soit par KoZ-Comium soit par Green. Deux sociétés qui ont accepté de faire du social, en facilitant l’accès des NTIC, comme le recommande l’Union internationale des Télécommunication (UIT). Mais, c’était mal connaître certaines sociétés qui ont usé du prétexte de factures impayées au titre de l’interconnexion, pour saboter les activités des autres. Les campagnes de presse menées ça et là, en disent assez long sur la volonté de faire disparaître à jamais les deux dernières sociétés nées du secteur de la téléphonie qui ont choisi de bâtir leur stratégie sur le bas prix. Mais, cette guerre qui aura lieu, si l’on n’y prend garde, aura beaucoup de conséquences tant au plan économique que social. Avec un chiffre d’affaires de plus de 300 milliards de FCFA réalisé en 2009, pour un investissement de 100 milliards de FCFA, le secteur de la téléphonie représente aujourd’hui un des secteurs clés de l’économie. Le nombre de travailleurs employés est passé de 2017 à 2376 travailleurs en 2009. Si deux de ces cinq opérateurs du mobile disparaissent, ce sera une catastrophe pour de nombreuses familles qui seront contraintes au chômage. Pour éviter d’en arriver-là, l’ATCI (Agence des Télécommunications de Côte d’Ivoire), structure en charge de régler ce type de litige ne doit pas se laisser distraire. Elle doit user de tout son poids, en tant que régulateur des télécoms, pour que les parties en conflit s’entendent, pour le bonheur des travailleurs, mais aussi de l’économie. L’ATCI ne doit pas rester les bras croisés, au risque de devenir complice de la disparation de deux sociétés, à travers des campagnes de dénigrement.
A.T


Eugène Diomandé monte au créneau : « Il y a un opérateur qui veut aller plus loin tout seul »

Photo : DR
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Le PCA de Koz-Comuim a accepté de sortir de sa réserve lorsque nous l’avons joint au téléphone. M Eugène Diomandé a dit sa colère. « Les abonnés de Koz ne seront jamais coupés. Nous nous portons bien », a-t-il dit d’entrée, avant de dénoncer une campagne de presse calomnieuse. Et d’expliquer le fond du problème en ces termes : à l’origine l’interconnexion a fait l’objet d’un accord entre les premiers opérateurs. Comme il n’y avait que deux opérateurs qui ont eu pignon sur rue pendant longtemps, l’on a assisté à une sorte d’équilibre. Mais avec l’arrivée de nouveaux opérateurs les données ont changé. Et nous avons assisté à un déséquilibre doublé d’un abus intolérable, au passif du groupe Orange-Côte d’Ivoire Telecom et de MTN. En effet, le Groupe Orange, Côte d’Ivoire Télécom et MTN ont imposé aux concurrents que nous sommes, le paiement de sommes faramineuses sans qu’on ait eu à statuer véritablement et objectivement, ni sur les fondements de ces tarifs, ni sur leur légalité. De sorte que le sentiment qui se dégage de ce commerce apparemment licite, est qu’il s’agit d’une vaste escroquerie intellectuelle où les coûts et les prix de l’interconnexion sont une situation inique et unique dans le monde et en Afrique. Alors que les technologies sont identiques, les coûts de réseaux ne sont pas identiques. Alors que les soit disant leaders ont bénéficié de dix ans pour amortir et tirer un fort profit de leurs investissements, les taux d’interconnexions qu’ils fixent aux concurrents, ne connaissent ni de baisse ni de symétrie tarifaire. Il est grand temps, à travers un nouveau code des télécommunications, de promulguer une nouvelle grille de définition des termes et des tarifs d’interconnexion après un audit en bonne et due forme des coûts. Ma réflexion ne met nullement en cause ni l’autorité de régulation, ni le ministère des NTIC qui ont tenté d’amener Orange et MTN à accepter une baisse au delà des 12 FCFA, qui est nettement insuffisante. Mais nos institutions régaliennes se sont heurtées à un mur d’intérêts colossaux qui desservent les consommateurs ivoiriens. Oui, nous n ’avons pas de leçon de gestion et de stratégie commerciale à recevoir de prétendus leaders, puisqu’une étude récente, sur les taux de progression mensuelle des abonnés révèle un taux de 3,5% pour Atlantique Telecom, 3,1% pour Koz-Comium, 2,8% pour Orange et 2,6% pour Mtn. L’analyse de ces données montre que nos populations se déportent plus facilement sur les offres d’Atlantique Telecom et de Koz-Comium et se montrent plus réticentes avec celles d’Orange et de MTN . Mais ces deux opérateurs profitent du fait qu’ils ont été les premiers à prendre pied sur la place pour imposer aux autres concurrents des redevances exorbitantes, et consolider leur position de leader du marché. Notre stratégie commerciale de proximité est si bonne qu’elle est copiée de manière éhontée par une vieille maison qui prétend aller plus loin ensemble alors que son vœu réel est d’aller loin tout seul. »

Avec notre partenaire L'Intelligent d'Abidjan / par Ismaël Dembélé
Lundi 12 Avril 2010
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