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Taux de bancarisation en Côte d'Ivoire : où en est-on aujourd’hui ?

Le taux de bancarisation reste une préoccupation majeure des autorités ivoiriennes. Malgré les efforts enregistrés ces dernières années, les regards restent toujours tournés vers les acteurs du système bancaire.


Taux de bancarisation en Côte d'Ivoire : où en est-on aujourd’hui ?
Le taux de bancarisation est un indicateur qui permet de mesurer le niveau de pénétration des services bancaires dans la population d'un pays. Il est le pourcentage de la population qui utilise les services de banque dans un pays. Arithmétiquement, l’on obtient le taux de bancarisation en divisant le nombre de personnes ayant un compte en banque par celui de la population du pays en question multiplié par cent. Ce taux il faut le préciser représente le nombre de personnes sur 100 possédant un compte bancaire ou usant des services d’une banque. Plusieurs pays d’Afrique de l’ouest y compris la Côte d’Ivoire, affichent un taux de bancarisation très faible. Le cas généralement observé est que les populations préfèrent en majeure partie l’utilisation des moyens de paiement fiduciaires au détriment des moyens scripturaux pour effectuer les transactions. Bien qu’elles s’exposent à un véritable risque sécuritaire dans certaines situations, les populations optent pour cette solution à savoir se déplacer avec d’importante liquidité d’argent qu’un simple chèque ou une carte magnétique. Face à une telle évidence, cette question mérite d’être posée : pourquoi les populations ouest-africaines en général et ivoiriennes en particulier boudent-elles les établissements bancaires ? Le cas de la Côte d’Ivoire étant un cas typique, c’est lui qui va nous intéresser. Le fait est que la plupart des personnes interrogées évoquent la pauvreté, le chômage et les maigres salaires insignifiants qui depuis plus de deux décennies n’ont pas connu de hausse majeure. Cependant, ce ne sont pas les seules raisons qui expliquent la méfiance des Ivoiriens vis-à-vis des banques. Ceux-ci, remettent en question l’accueil et les services que les banques leurs proposent. Sur l’accueil, rares sont les Ivoiriens qui sont satisfaits de leur contact quotidien avec le typique, c’est lui qui va nous intéresser. Le fait est que la plupart des personnes interrogées évoquent la pauvreté, le chômage et les maigres salaires insignifiants qui depuis plus de deux décennies n’ont pas connu de hausse majeure. Cependant, ce ne sont pas les seules raisons qui expliquent la méfiance des Ivoiriens vis-à-vis des banques. Ceux-ci, remettent en question l’accueil et les services que les banques leurs proposent. Sur l’accueil, rares sont les Ivoiriens qui sont satisfaits de leur contact quotidien avec les banques (mauvaise attitude des caissières et la lenteur des opérations). S’agissant des services (heures d’ouverture et fermeture des banques, demandes de position et de relevé bancaire, retrait et dépôt d’argent, etc.…), ils affirment rester sur leur faim, aucune satisfaction tellement ceux-ci sont d’une autre époque, prétendent-ils. Tout ceci contribue à la réticence des populations ivoirienne vis-à-vis des banques.

Pourtant il faut bien s’y adapter

L’utilisation des moyens de paiement scripturaux dans la zone Uemoa au détriment des moyens fiduciaires était au centre des préoccupations de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui a entrepris la sensibilisation des organismes publics et privés. Le taux de personnes non bancarisées de la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) est estimé, à environ 90% de la population et l’utilisation des moyens de paiement fiduciaires gagnent de plus en plus de terrain au détriment des moyens de paiement scripturaux dans les transactions. Pour changer cette donne la Bceao, en collaboration avec le Groupement interbancaire monétique (Gim-Uemoa), créé en 2003, ont initié en 2011 le projet de sensibilisation sur l’apport de la monétique dans la zone Uemoa. Cette opération de sensibilisation visait essentiellement les acteurs publics et privés du secteur bancaire afin qu’ils évoluent vers l’utilisation de la monétique. Ceci pour favoriser à terme l’accès d’un plus grand nombre d’Ivoiriens au système bancaire. 25% en 2012, un taux plus qu’atteint, mais des efforts restent à faire Aujourd’hui, le résultat est là, le taux de bancarisation en Côte d’Ivoire connaît une nette amélioration. L’Etat de Côte d’Ivoire, aidé des acteurs du public et du privé du secteur bancaire ainsi que des institutions internationales notamment la Banque mondiale (BM) se sont investis résolument à améliorer le taux de bancarisation en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui selon M. Anderson Golé, chargé de communication au Marché des assurances, banques et établissements financiers (Mabef) le taux de bancarisation a atteint les 25%. Ce taux a dépassé les attentes des autorités ivoiriennes. Il est passé de 8,98% en 2009 à 14,67% à fin 2010. C’est dire que la campagne de sensibilisation initiée par la Bceao, l’Etat de Côte d’Ivoire, les acteurs publics et privés du système bancaire, les institutions internationales, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEFCI), le Mabef, etc. a contribué à relever le taux de bancarisation en Côte d’Ivoire. La campagne de sensibilisation qui aujourd’hui porte ses fruits ne s’adressait pas uniquement aux travailleurs du public et du privé. Aussi prenait-elle en compte le monde du secteur informel c'est-à-dire les personnes à faible revenu que sont les agriculteurs, les artisans, les techniciens, les petits commerçants, les garagistes, les syndicats, etc. La hausse du taux de bancarisation s’explique par les offres promotionnelles que proposaient certains établissements bancaires. Par exemple pour la rentrée des classes plusieurs banques et non des moindres pour ne pas les citer avaient lancé des campagnes de prêts scolaires à des taux d’intérêt intéressant et concurrentiel. Mieux, certaines d’entre elles allaient encore plus loin en favorisant l’ouverture d’un compte bancaire à moindre coup avec plus d’avantages et de moyens d’accès aux crédits. Toutefois, il est bon de relever que ce taux reste insuffisant vu la forte présence d’établissements bancaires en Côte d’Ivoire. Selon des statistiques officielles recueillies en 2011, le taux de bancarisation dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) se trouvait entre 3 et 7%, alors qu’il avoisinait 99% dans certains pays et se situait à 50 ou 60% dans les pays du Maghreb. C’est dire qu’il faudra redoubler d’effort dans le processus de sensibilisation afin d’atteindre un taux raisonnable proportionnel aux potentialités économiques du pays. La grande majorité des personnes vivant en Côte d’Ivoire devrait détenir un compte en banque et user des moyens de paiements scripturaux. Tel devra être le cheval de bataille des autorités ivoiriennes au cours des années à venir.

Jean-Claude ACKE in Cote d’Ivoire Economie
Jeudi 14 Mars 2013
La Dépêche d'Abidjan



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