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TARZAN : l’Éternel porte drapeau de la suprématie blanche !


Nous avons vu Tarzan version 2016 :

Que dire… sinon que ce film n’est que le « pâle » reflet de l’idéologie raciste et particulièrement négrophobe qui l’a accouché.

D’ailleurs il nous paraît utile de rappeler que Tarzan est avant tout un personnage de roman créé par Edgar Rice Burroughs en 1912.

Bébé, il est recueilli par une tribu de grands singes, les « orangs », tout droit sortis de l’imagination biscornue de son auteur et créateur.

En 1932, dans une nouvelle version adaptée par la machine de propagande « hollywoodienne », les singes sont devenus des « nègres »… comme par enchantement. Quant à Tarzan – unique rescapé d’un naufrage lorsqu’il était bébé – il a non seulement trouvé la force de survivre dans une « Jungle » africaine réputée hostile… mais il s’est aussi montré capable de la décoder et de la dompter grâce à une intelligence exceptionnelle qui serait l’apanage de la « race blanche ».

Avec cette nouvelle adaptation de Tarzan, la suprématie blanche cherche une fois de plus à cacher ses intentions malsaines et génocidaires derrière le voile exagérément blanc d’un humanisme, d’une charité, d’une liberté, d’une égalité… et d’une fraternité de pure façade. Ceci pour nous révéler de manière subliminal à quel point l’homme blanc est naturellement supérieur aux noir.e.s… et aux autres. Que même brutalement arraché à la civilisation, qu’il a créée à son image, l’homme blanc est non seulement capable de survivre dans les conditions les plus hostiles, mais aussi de s’autoproclamer « roi de la jungle » (pour ne pas dire « roi des hommes »). Tel un dieu, sa supposé intelligence naturelle lui permet de maîtriser, dompter l’environnement naturel des « nègres » (sous entendus : les sauvages) restés totalement étrangers à leur cadre de vie multimilénaires avant l’arrivée de l’homme blanc.

Mais comme si cela ne suffisait pas, l’histoire à dormir debout de Tarzan - réchauffée et resservie à la sauce 2016 – nous raconte la curieuse fable d’un Etat américain bienfaiteur (A.K.A l’état le plus criminel du monde), ironiquement représenté par un ambassadeur noir (Samuel L Jackson) - très certainement descendant d’africain.e.s déporté.e.s avant d’être cruellement réduit.e.s en esclavage.

Ce dernier, qui n’est autre que le faire valoir de Tarzan, est venu chercher dans la « jungle du Congo » les preuves révélant que le microscopique état impérialiste belge use (toujours) de l’esclavage [de mémoire le mot est lâché au moins une fois au début du film] pour asservir le peuple congolais qu’il exploite afin d’extraire les richesses du Congo au profit de la couronne belge.

Autant dire que cette diversion de bas étage permet à l’industrie du cinéma américain (fer de lance de ce genre de propagande raciste et particulièrement négrophobe) de nous faire oublier que l’AmériKKK blanche est (avec la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal) l’un des piliers de l’esclavage négrier sauvagement mis en place par les européens.

Pour autant, ce film – peint à la gloire de la suprématie blanche – a au moins le mérite de nous faire prendre conscience qu’au-delà de sa propagande raciste et particulièrement négrophobe, « le travail forcé » qui avait court du temps de ladite colonisation occidentale était bel et bien une autre forme d’esclavage déguisé, ou – dit autrement – le prolongement de l’esclavage sous un autre nom.

Autrement dit, les livres d’histoire nous mentent effrontément dès lors où ils nous font croire que l’esclavage-occidentalo-chrétien s’est achevé comme par magie après les pseudos abolitions, alors que la suprématie blanche (française, belge, allemande, anglo-saxonne…) l’a maintenu sous d’autres formes ou appellation, perpétuant au moins jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale son lot de crimes contre l’humanité en terres africaines. Ainsi cette main d’œuvre forcée a permis à la colonisation européenne – venue relayer son système esclavagiste à l’agonie – d’extraire les matières premières africaines qui lui permettaient d’étancher son insatiable soif d’industrialisation.

Dans cette version 2.0 de Tarzan, une lettre de son défunt père lui rappelle que sa maison – leur maison – est l’Angleterre (blanche) et non ce pays misérable, cette jungle qu’est l’Afrique noire (équivalent, pour lui, d’enfer sur terre).

Dans ce tarzan là, le noir est une fois de plus synonyme d’esclave, de porteur (de parapluie)… même si l’hypocrisie hollywoodienne tente de lui prêter en 2016 une figure de résistant qui n’écorne en rien celle du paillasson sur lequel le Tarzan de Johnny Weissmuller s’essuyait copieusement les pieds pour permettre à tous les blancs de briller sur le dos des « nègres » grâce à un révisionnisme qui, même s’il n’avoue pas son nom, leur accorde aujourd’hui encore de beaux et blancs privilèges.

Car les nègres/sauvages qui servent de faire valoir à ce Tarzan là ne sont toujours pas maître de leurs destinées en 2016. Ils ont toujours besoin de Tarzan -soit du blanc – pour parvenir à dompter et surtout comprendre leur environnement. Ils ont toujours besoin de Tarzan pour se libérer des chaines accrochées autour de leurs cous par ses pairs et pères blancs. Ce qui ne tranche aucunement avec l’histoire officielle peinte à la gloire de la suprématie blanche que l’éducation nous force à ingurgiter quotidiennement en nous expliquant que sans Schœlcher Victor, Abraham Lincoln et tous les autres Tarzan, jamais nous n’aurions pu recouvrer une liberté que nous devons pourtant à la « résistance marronne » de nos ancêtres stratégiquement et systématiquement effacés des pages exagérément blanches des livres d’histoire qui éduquent nos enfants.

Ce film nous raconte que les imbéciles de nègres/sauvages que nous sommes prenaient Tarzan (incarnation du colon) pour un fantôme, un mauvais esprit. Jusqu’à ce que l’un de nos chefs coutumiers finisse par l’accepter (comme un dieu). Car cet homme (blanc), plus démuni que les autochtones que les africains eux-mêmes (faut le faire ?) était en parfaite communion avec la nature (la faune, la flore). Sage au dessus des sages de toute l’Afrique réuni, il considérait tous les hommes comme ses frères tandis que les « tribus » africaines se livraient des guerres fratricides [oh la bonne blague – un (néo)colon n’aurait pas dit mieux !].

En somme, ce Tarzan là n’est pas différent dans le fond de celui en noir et blanc interprété par Johnny Weissmuller. En effet, comme ce dernier ce héros capable d’affronter tous les dangers juste armé de son « moule couil.. » et de son minuscule couteau d’ivoire nous aide à comprendre que Tarzan/la colonisation/l’homme blanc… c’est forcément bon pour nous. Ce malgré tous les crimes que ce genre de système d’exploitation à outrance a commis contre notre humanité. C’est un peu comme les pseudos « bienfaits de la colonisation » que ledit pays des droits de l’homme a voulu nous faire avaler, sans même accompagner la pilule d’une petite cuillère de sirop, puisque sous l’air Sarkozy on nous rappelait que « l’homme africain n’était pas suffisamment entré dans l’histoire » ! [Ah la belle affaire !]

Enfonçant un peu plus le clou rouillé des préjugés, à un moment dans le film le chef des mercenaire belges (décrit comme le méchant blanc de l’histoire) fait une subtile allusion aux prétendus noirs cannibales. Ce monstre sur pâte qui contraste avec l’extrême bonté du « roi de la jungle » dit à Jane (la femme de Tarzan qu’il a capturé précédemment) qu’une des tribus (de sauvages) fortement hostile à son mari lui a commandé sa livraison, sans doute pour en faire un festin… [Eh ouais… là encore on nous force à bouffer ses vieux clichés négrophobes qui pousseront nos gosses à cultiver la honte d’être africain.e.s].

Notons aussi que dans cette nouvelle version (qui ne tranche pas dans le fond avec l’ancienne), Tarzan se bat, avant tout pour retrouver sa petite blanche – Jane – tout droit importé du « Blanchistan » (sans doute pour préserver la pureté de sa « race » blanche qu’il refuse de souiller avec le sang des nègre qu’il dit pourtant aimer fraternellement). Le fait de délivrer les noirs de l’esclavage auquel les méchants belges les ont enchaînés durant la colonisation n’est au final qu’accessoire, vu que tout ce qu’il veut c’est : « coller la petite »… les droits de l’homme (noir) il s’en contrefout.

Rappelons toutefois que dans cette version Tarzan tue le fils d’un chef africain qui – lors d’une chasse, relevant d’une forme de rite initiatique – tue un singe qui se révélera être la mère adoptive du « roi de la jungle ». Ainsi à travers cette anecdote (qui n’en est finalement pas une), la propagande raciste et particulièrement négrophobe qui formate notre inconscient collectif nous impose subtilement l’idée qu’un nègre ne vaut pas un singe (comme en musique 2 noirs valent une blanche). Pour preuve, l’ancienne version de Tarzan intègre Sheeta (la petite guenon, fidèle compagnonne de Tarzan) dans le générique, au détriment des acteurs noirs qui lui permettent de briller dans leur costume de sauvages (cf. lien de l’extrait vidéo)… A méditer !

Est-ce donc un hasard si dans notre livre Autopsie de la négrophobie nous avons accouché d’un concept justement baptisé « le Syndrome Tarzan » ? Ceci pour rendre compte du fait que la négrophobie qui suinte tout au long de cette série de films de propagande est la même qui transpire dans des états supposés être égalitaires et de droit – La France comprise :



Origine du syndrome :



Issu d’un germe colonial, le virus Tarzan aura pour effet d’inoculer, chez les uns, un puissant « complexe de supériorité », et chez les autres, un « complexe d’infériorité » tout aussi puissant.

Le virus Tarzan est destiné à nous faire admettre que le « Blanc » Européen est au centre de tout ce que le monde compte de positif, tandis que le « Noir » est supposé n’être qu’un « sauvage », une sorte de primate tout juste bon à grimper aux arbres, et donc bien incapable d’apporter la moindre pierre à l’édifice de l’humanité… Thèses racistes largement contredite par des auteurs de l’envergure de Cheick Anta Diop. Une fois qu’il coule dans nos veines, le virus Tarzan n’a plus à user de la force pour nous contraindre à accepter l’inacceptable. Son objectif caché étant de convaincre les « africains noirs », de manière ludique, qu’ils ne parviendront jamais à rien sans l’homme « blanc ».

Le génie de Tarzan apparaît si lumineux qu’il plonge « l’imbécillité nègre » dans le puits sans fond d’une obscurité incapable d’égaler son « ignorance » sans limite.

Car dès le départ Tarzan – interprété par Johnny Weissmuller qui affiche le plus grand des mépris pour les africains noirs – veut nous faire admettre que les « Rois » du monde sont forcément « blancs ».

Tarzan illustre parfaitement les propos de Jules Ferry :

« (…) Il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures…« .



Tarzan, comme Jules Ferry à travers son école (ou instruction) obligatoire, se sont donnés pour mission de dispenser un même savoir aux « blancs » et au noirs. Sauf que la nature empoisonnée et le goût de ce savoir seront masqués par une égalité démocratique de pure façade.

Ces deux personnages Jules Ferry et Tarzan – partagent la même vision coloniale et empruntent le même ton paternaliste.

Pour nous, il ne fait donc aucun doute que Tarzan et Jules Ferry sont les deux facettes d’une même pièce frappée du sceau indélébile de la (néo)colonisation.

Chez les noirs, ce syndrome se traduit généralement sous la forme d’un puissant « complexe d’infériorité » qui les incite à se satisfaire d’une position de subalterne.

Chez les blancs, en revanche, il se manifeste par un puissant « complexe de supériorité » les portant à défendre les privilèges sociaux et raciaux que leur confère la « Suprématie Blanche ».

Mais une fois de plus, comme le dit Noam Chomsky :

« Si l’on peut dominer les gens par la force, ce n’est pas si important de contrôler ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Mais si l’on n’a plus les moyens de les dominer par la force, il devient nécessaire de contrôler leur mentalité et leurs opinion » .

Maintenant qu’il nous est permis de visualiser les murs, jusque là invisibles, de la prison que le Racisme d’Etat à logé dans nos têtes, il ne nous reste plus qu’à les déconstruire.

************

Si nous n’apprenons pas à lire entre les lignes de ce type de support de propagande, jamais nous ne verrons que la négrophobie est une arme (néo)coloniale d’aliénation et de destruction massive qui n’avoue pas son nom.

BrigadeAntiNégrophobie


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Lundi 30 Décembre 2019
La Dépêche d'Abidjan



ESPACE KAMITE
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