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SÉNÉGAL - Lamine Ndaw, expert en Informatique et spécialiste des Réseaux sociaux : « À la présidentielle de 2019, la bataille de l’Internet fera rage ! »

A la tête d’un grand cabinet de conseil et d’expertise informatique, Lamine Ndaw est un binational franco-sénégalais établi entre Hong-Kong et la France. Ex-conseiller municipal (socialiste) à la mairie de Paris, cet informaticien, expert en médias et réseaux sociaux, suit de très près la révolution numérique au Sénégal. Et surtout dans un contexte de précampagne électorale en vue de la présidentielle de 2019. Comme tout bon père de famille, Lamine Ndaw profite de l’occasion pour sensibiliser les enfants et adolescents sur les dangers liés à l'utilisation d'internet en général et des réseaux sociaux en particulier. Interview exclusive !


Le Témoin : En matière de supports de communication, quelle place donneriez-vous aux réseaux sociaux à la prochaine campagne électorale pour la présidentielle de 2019 ?

Lamine Ndaw : Une place très importante ! En effet, les réseaux sociaux occuperont une place non seulement très importante lors de cette campagne, et même durant la pré-campagne, mais aussi très stratégique puisque les réseaux sociaux, ces outils de communication de masse, seront incontournables pour tout candidat désirant gagner cette présidentielle de 2019. Qu’on le veuille ou non, les candidats seront obligés de se plier à cet environnement numérique pour battre campagne, même s’il y aura encore de la place pour les médias classiques ou traditionnels. Et vous n'êtes pas sans savoir que ces médias classiques tels que la télévision, les radios et les journaux restent et demeurent toujours des instruments d’influence. Surtout la presse écrite ! A bien des égards, ils font et défont toujours les hommes politiques. Cela dit, il est clair qu’après une campagne extrêmement bien menée sur le terrain avec les médias classiques, les réseaux sociaux feront la différence.

Pourquoi la différence ?

La réponse se trouve dans le monde entier où les réseaux sociaux ont fait leurs preuves en jouant un rôle déterminant lors de nombreuses élections présidentielles comme aux Etats-Unis d’Amérique (Usa), en France, en Gambie, en Serbie, au Libéria etc. A défaut d’être accompagnés par les grandes entreprises de presse qui, en général, sont du coté des régimes sortants, la plupart des candidats s’appuient sur les réseaux sociaux et les rares journaux indépendants pour battre campagne. Et cela finira toujours par payer. Il est vrai que les réseaux sociaux ne pourront jamais remplacer des tournées de campagne, des visites de proximité, des meetings, des débats télévisés et des interviews, mais ils demeurent des supports supplémentaires. Ou alors des supports de plus pour faire passer ou relayer des informations de masse. Avec une forte présence sur les réseaux sociaux, il est plus facile de communiquer efficacement, régulièrement et spontanément avec un certain nombre d'électeurs potentiels. Surtout les Sénégalais de la diaspora qui sont pratiquement tous les jours et toutes les heures sur les réseaux sociaux. De toutes les façons, l'électorat de la diaspora ne suit ce qui se passe au Sénégal qu'à travers les réseaux sociaux et les mobilisations se font également en ligne. La preuve par le nombre de messages que nous recevons par jour sur Whatsapp. Partout dans le monde, j’ai également constaté que les moins « instruits » aiment plus les réseaux sociaux tout en ignorant à la fois les avantages et les conséquences voire les dangers de ces nouveaux outils. Ce qui laisse croire que cette frange de la société veut rompre avec l’isolement et le manque de communication. A cet effet, les candidats peuvent facilement les convaincre à travers les réseaux sociaux et récolter leurs suffrages. Mieux, avec les réseaux sociaux, les candidats disposent de supports autonomes comme s’ils avaient une chaine de télévision ou de radio dans la poche. Car, à tout moment, ils peuvent faire un message audio ou vidéo en live ou en différé pour le faire « consommer » très rapidement dans le monde. Tout cela repose sur une stratégie bien maîtrisée avec des plateformes bien ciblées. Et dans ce domaine, j’ai travaillé avec beaucoup de candidats à des élections françaises.

En vous écoutant, on image que les réseaux sociaux vont faire des ravages à la prochaine campagne présidentielle ?

Souhaitons plutôt que ce soit des « ravages » dans le sens d’une campagne apaisée et civilisée. Et surtout le Big Data ou mégadonnée qui sera déterminant dans cette présidentielle de 2019. Déterminant de façon globale si les équipes de campagne s’appuient sur ce gigantesque « package » numérique regroupant toutes les plateformes pour pouvoir s’adresser à des millions d’internautes au Sénégal et ailleurs. En tout cas, aucun candidat sérieux ne peut contourner le Big-Data qui révolutionne actuellement l’univers politique. Le président américain Donald Trump lui-même y a recouru en mêlant compilation de données (Big Data) et mobilisation des militants sur les réseaux sociaux. Déjà, il se prépare pour la prochaine élection de 2020 en embauchant Brad Parscale nommé « Monsieur Numérique ». Donc pour la période de campagne électorale, il faut s’attendre à la multiplication des cyber-attaques au Sénégal comme ce fut le cas aux Usa, en France et ailleurs dans le monde. Parce que notre pays ne peut être en marge de ce mouvement, c’est-à-dire dans un îlot de paix virtuel dans ce cybermonde féroce.

Le Sénégal peut-il subir une influence étrangère comme ce fut le cas des Usa avec la Russie ?

Comme la cyber-attaque, le risque d'une influence étrangère lors de notre présidentielle 2019 à travers les réseaux sociaux n’est pas à exclure. Et malheureusement, le Sénégal ne dispose pas d’une Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information.

Comment voyez-vous la situation politique sur la toile ?

Le problème pour les hommes et femmes politiques au Sénégal, ce n’est plus de s’exprimer uniquement à travers les chaînes de télévision privées comme publiques, mais d’être entendus, de mettre en cause leurs adversaires ou le gouvernement. Et peu importe le réseau ou le canal utilisé. L’essentiel, c’est de faire du buzz pour que leurs idées soient partagées de préférence sur les réseaux sociaux, WhatsApp compris. Force est de reconnaître que rares sont, au Sénégal, les partis politiques se démarquant des autres par une véritable stratégie de communication numérique. Souvent, c’est la « base » qui se charge de rendre le parti visible sur Internet en créant des groupes locaux sur Facebook ou Twitter avec des questions/réponses incohérentes et pas toujours coordonnées. Et les internautes s’en amusent, s’agissant du camp du pouvoir par exemple, en parlant de répondeurs automatiques de l'Apr lorsqu'on attaque leur chef de parti, par ailleurs président de la République. Vous savez, l’espace numérique est devenu une arène supplémentaire de bataille électorale au même titre que la télévision ou la presse papier ou écrite. Et l’opposition sénégalaise a déjà une stratégie politique visant à occuper l’espace numérique pour contrôler les discussions en mettant en cause le gouvernement de Macky Sall en cherchant à l’acculer à la faute tout en exploitant ses maladresses. Alors que nous sommes loin de la campagne électorale, la bataille de l’Internet a déjà commencé. Et fera rage en 2019 ! En effet, les réseaux sociaux seront comme des fusils ou alliés des combattants pour faire feu sur un adversaire ou freiner sa course présidentielle.

Comment voyez-vous les jeunes qui s’adonnent trop au Youtube ?

D’abord, il faut que les pouvoirs publics soient beaucoup plus répressifs contre les cyber délinquants. L’Etat doit outiller davantage la police et la gendarmerie pour mieux traquer, localiser et arrêter ces gens qui abusent des réseaux sociaux pour porter atteinte au droit à l'image ou à la vie privée des gens. Il est regrettable de constater qu’il y a toute sorte de dérives sur la toile où d’honorables citoyens sont gratuitement injuriés, dénigrés, harcelés ou diffamés. Par contre, il faut encourager les jeunes qui utilisent Youtube pour joindre l'utile de gagner de l’argent à l'agréable de faire des vidéos rigolos ou instructives. Aujourd’hui, les Youtubers gagnent facilement beaucoup d’argent avec la multiplication des vues. Et comme Youtube est devenu un potentiel planétaire, il faut pousser les jeunes sans emploi à s’y investir. Pour ce faire, ils ont besoin d’être formés et sensibilisés. Sinon, les jeunes vont continuer de prendre les pirogues de la mort pour échouer en Libye. Sur ce plan, je salue l’excellente initiative de la gendarmerie nationale qui faisait des tournées dans les écoles pour sensibiliser les élèves sur les dangers de l’Internet. Parce que les enfants sont les premières victimes des réseaux sociaux et sont les plus exposés. Et je profite de l’occasion pour vous révéler que le nombre d’utilisateurs sénégalais inscrits sur Facebook dépasse largement les trois (03) millions. Non seulement les Sénégalais sont de plus en plus nombreux à se rendre sur les réseaux sociaux, mais ils y sont également très actifs avec plus de 2,2 millions de liens partagées par Facebook sans compter Youtube, Messenger ou Twitter… et depuis quelques temps WhatsApp. Pour dire qu’il y a de quoi faire de l’argent pour les Youtubers et de quoi récolter des voix pour les candidats.

Le Sénégal est-il en croissance numérique ?

Non seulement le Senégal est en pleine croissance numérique, mais le numérique est en passe de devenir le moteur de la croissance. D’ailleurs, il me plait de reconnaitre que le Sénégal est une grande démocratie électorale. Avant et après l’indépendance, des élections sont régulièrement organisées au Sénégal contrairement à d’autres pays. Donc en matière de vote, nous sommes en avance sur beaucoup de pays. Et partout où ils se trouvent dans le monde, les Sénégalais de l’étranger aiment voter et vont voter puisqu’ils ont la tradition de voter. Et comme les candidats ne peuvent pas faire tous les pays où se trouve la diaspora sénégalaise, ils seront obligés d’investir les réseaux sociaux pour se rapprocher de leurs potentiels électeurs.

Quels sont les Sénégalais les plus actifs sur les sites ou journaux en ligne ?

Généralement, ce sont les responsables politiques, les militants et les citoyens politisés qui sont les plus actifs en ligne. Pour eux, l’Internet sert à prêcher et à convaincre. Certes, la télévision et les journaux (presse écrite) restent l'outil d'expression politique préféré des politiciens sénégalais. Mais l’Internet s'est installé dans les usages, au point d’être devenu le second espace privilégié de l'expression politique des partis « marginalisés » ou peu invités à travers les grands médias. Ce que le parti Pur aurait sans doute très tôt compris puisqu’il avait la meilleure stratégie de communication sur Internet lors des dernières élections législatives. Le Pur me rappelle l’avènement du président Emmanuel Macron qui s'est bien émancipé de l'appareil socialiste pour constituer En marche, une force essentiellement organisée et fédérée par Internet et sur les réseaux sociaux, comme l'avait fait avant lui Ségolène Royal. Je ne cesse jamais de le rappeler, le directeur de campagne d’Abdoulaye Wade en 2007, l’actuel président Macky Sall, avait remporté la bataille de l’Internet permettant à son candidat de remporter le scrutin. Et le même président Macky Sall, avec l’aide de son conseiller Abdoul Aziz Mbaye en 2012, avait également gagné la bataille de l’Internet avec une stratégie de marketing politique reposant sur une « armée » d'internautes. Lesquels avaient été motivés pour faire sa promotion, à l'opposée du pouvoir de l'époque (Abdoulaye Wade). Donc les futurs candidats à la présidentielle 2019 qui croient que les réseaux sociaux sont des lubies pour ados en perte de repères se trompent !

Propos recueillis par :
Pape NDIAYE
« Le Témoin »  quotidien sénégalais
Lundi 19 Mars 2018
La Dépêche d'Abidjan



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