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SÉNÉGAL - LE M23 DURCIT LE TON CONTRE LA CANDIDATURE DU CHEF DE L'ÉTAT : «Il n'y aura d'élection présidentielle que sans Abdoulaye Wade»


SÉNÉGAL - LE M23 DURCIT LE TON CONTRE LA CANDIDATURE DU CHEF DE L'ÉTAT : «Il n'y aura d'élection présidentielle que sans Abdoulaye Wade»
Tous les ingrédients sont, aujourd'hui, réunis pour que le pays bascule dans la violence, vendredi prochain, date de publication de la liste des candidats retenus par le Conseil constitutionnel pour participer à la présidentielle de 2012. En Assemblée générale, hier, à l'esplanade de la mairie de Guédiawaye, pleine à craquer, les Forces vives de la nation réunies au sein du Mouvement du 23 juin (M23) ont, encore une fois, durci leur discours contre la candidature de Me Abdoulaye Wade à la présidentielle. Tous les membres du M23 étaient présents à la rencontre, hormis Moustapha Niasse, candidat de la Coalition Bennoo Siggil Senegaal. Au terme de ladite Assemblée générale, Abdoul Aziz Diop, porte-parole du M23, qui a lu la résolution finale, a déclaré : «Il n'y aura pas d'élection présidentielle au Sénégal à laquelle Abdoulaye Wade participera». Avant de faire dans la menace : «Si le Conseil constitutionnel valide la candidature d'Abdoulaye Wade, les Sénégalais sont décidés à empêcher l'élection
présidentielle au Sénégal. Il n'y aura d'élection présidentielle que sans Abdoulaye Wade». Dans la même dynamique, Alioune Tine, Coordonnateur des Forces vives de la nation, a exhorté les cinq sages du Conseil constitutionnel à dire le droit sur la candidature de Me Wade. À l'en croire, «si Wade se présente, il n'y aura pas d'élection présidentielle en 2012. Le Conseil constitutionnel n'a qu'à dire le droit, comme l'ont dit les constitutionnalistes de ce pays, à savoir que Wade ne peut pas se présenter pour une troisième fois. Lui-même a reconnu qu'il ne pouvait pas être candidat en 2012. C'est ça la vérité, et c'est ce que dit la Constitution». Le patron de la Raddho, qui dit ne pas souhaiter que ce qui est arrivé à la Côte-d'Ivoire arrive au Sénégal, a invité les jeunes du M23 à poursuivre la mobilisation jusqu'à la victoire finale. À l'endroit de la mouvance présidentielle, qui tenait son rassemblement à la Place de l'Obélisque, M. Tine a soutenu : «Me Wade et son camp, vêtus de blanc à la Place de l'Obélisque, qui appellent en faveur de la paix, sont ceux qui veulent instaurer le chaos dans le pays». Idrissa Seck, Macky Sall, Ousmane Tanor Dieng, Cheikh Tidiane Gadio, Ibrahima Fall, entre autres leaders de l'opposition, qui ont pris la parole, ont tour à tour entonné la même ritournelle : «Wade n'a pas droit à un troisième mandat». Non sans manquer d'inviter les Sénégalais à se tenir debout pour dire non à la défaite de la Constitution. «Il faut que la Constitution du Sénégal soit respectée et soit honorée. Et nous sommes décidés et déterminés à faire respecter la Constitution. C'est dans ce combat que votre ami et frère Thierno Bocoum a été arrêté aujourd'hui (ndlr: hier)», a indiqué le maire de Thiès.

Le M23 mobilise à Guédiawaye

Les membres du Mouvement du 23 juin (M23) ont convergé, hier, vers l’esplanade de l’hôtel de ville de Guédiawaye, pour manifester contre la candidature d’Abdoulaye Wade à la présidentielle. Dès 15 heures, les membres et sympathisants du mouvement précité, venus de Dakar et de sa banlieue, ont pris d’assaut les lieux. Arborant des tee-shirt à l’effigie de leur candidat ou de «Y en a marre», les militants, munis de pancartes et de banderoles où l'on pouvait lire «Wade dégage», «Non à la candidature de la honte», «Ma carte, ma dignité», «Wade libère le peuple», «Wax Waxeet quitte le pouvoir», entre autres slogans, ont montré toute leur détermination pour «bouter Abdoulaye Wade hors du pouvoir». C’est vers les coups de 17 heures que les caravanes des différents leaders de l'opposition ont commencé à arriver. Il faut aussi noter que cette manifestation s’est déroulée sous les yeux vigilants des forces de l’ordre. En effet, toutes les artères de la ville de Guédiawaye, ainsi que les points stratégiques, comme la Préfecture, le lycée Canada, les alentours du stade Amadou Barry, étaient quadrillés par les forces de sécurité qui étaient armées jusqu’aux dents.

«Y en a marre» demande aux leaders de l'opposition de rester au Sénégal jusqu'au 27 janvier
«Pas de voyage à l'étranger d'ici le 27 janvier prochain. Il faut que tous les leaders de l'opposition soient présents, vendredi prochain, devant le Conseil constitutionnel, en tête de peloton, pour diriger les manifestations du M23». C'est ce qu'a déclaré, hier, Malal Tall alias «Fou malade», à l'esplanade de la mairie de Guédiawaye, à l'occasion de l'Assemblée générale des Forces vives de la nation regroupées au sein du M23.
Contrairement à ses habitudes, «Y en a marre» a été presque aphone. Fadel Barro, Coordonnateur dudit mouvement, et ses camarades, ont délivré au public du M23, venu nombreux, le message suivant : «L'heure n'est plus à la parole, l'heure est de passer aux actes». Aussitôt après, ils se sont mis à l'écart, refusant toute interview à la presse. Auparavant, les autres groupes membres de «Y en a marre» ont gratifié le public des derniers disques qu'ils ont sortis pour dénoncer la cherté des denrées de première nécessité, la grève des enseignants, entre autres.

REACTIONS…REACTIONS…

IDRISSA SECK, PRÉSIDENT REWMI
«Il appartient à ceux qui s’entêtent à violer la Constitution à acquérir de la sagesse et à se conformer a notre Constitution»
Nous avons entamé ce combat, depuis longtemps, et tout le monde se souvient de la lettre ouverte que j’avais adressée au Président sortant, pour lui dire que sa candidature n’est pas conforme à notre Constitution. Nous n’allons pas changer de voie, il appartient à ceux qui s’entêtent à violer la Constitution à acquérir de la sagesse et à se conformer à notre Constitution.

OUSMANE TANOR DIENG, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL PS
«Wade ne croit pas en la paix, car c’est lui qui crée la tension dans ce pays»
Nous restons dans la logique du 23 juin. Nous manifesterons comme la Constitution nous le permet. Depuis le départ, nous avons signifié que nous n’étions pas d’accord avec la candidature de Wade, et d’autre part, qu’il ne touche pas à notre Constitution. Nous sommes dans cette logique jusqu’à obtenir satisfaction. Abdoulaye Wade ne croit pas en la paix, car c’est lui qui crée la tension dans ce pays. S'il avait respecté la Constitution, il n'y aurait pas de problèmes dans ce pays.

MACKY SALL, PRÉSIDENT APR
«Nous appellerons les gens au besoin à descendre dans la rue pour exprimer notre mécontentement»
Je continue de croire que Wade ne doit pas être candidat pour la prochaine présidentielle. Nous resterons vigilants et déterminés pour faire respecter la Constitution. Ce combat se poursuivra jusqu’à la proclamation de la liste devant compétir pour les prochaines élections. Nous lançons un appel à la mobilisation générale de tous les Sénégalais. Nous appellerons les gens au besoin à descendre dans la rue pour exprimer notre mécontentement, exprimer notre refus.

MAMADOU LAMINE DIALLO, PRÉSIDENT DE TEKKI
«Le Conseil constitutionnel ne doit pas prendre le dossier de Wade»
C’est le point de départ pour dire tout simplement que le Conseil constitutionnel ne doit pas valider la candidature de Wade. Je vais même plus loin, il ne doit pas prendre le dossier de Wade. Il doit le rejeter. Qu’ils prennent toutes leurs responsabilités par rapport à ça. Nous allons manifester les 24, 25, 26. Ça, c’est clair. Et nous verrons bien ce qu’ils vont faire.

BARA TALL, LEADER DE «YAMALE»
«Toute la Communauté internationale est en train de supplier Wade à ne pas franchir le Rubicon»
Nous avons été au Quai d’Orsay et à l’Élysée. Partout où nous avons été, la position reste la même. C’est au Président Wade de renoncer à sa candidature. Quand nous disions que nous étions en Europe, et que des gens disaient que nous faisions du tourisme, ils savent maintenant que nous avions été bien reçus. Aujourd’hui, toute la Communauté internationale est en train de supplier Wade à ne pas franchir le Rubicon.

OUMAR FAYE, PRÉSIDENT LEERAL ASKAN WI
«Nous sommes prêts à y laisser nos vies»
Nous n'accepterons pas que la candidature de Wade soit validée. Nous sommes prêts à mourir pour défendre la Constitution et libérer le peuple. Nous appelons à une mobilisation devant le Conseil constitutionnel, le 27 janvier. Autant Wade est déterminé à être candidat, autant nous sommes déterminés à lui barrer la route. Nous sommes prêts à y laisser nos vies.

Par Aminatou AHNE, Aliou DIOUF (Stagiaires) & Moustapha BA in popxibaar.com
Mardi 24 Janvier 2012
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