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La Dépêche d'Abidjan

Roger Bango (Styliste, Prix ivoirien d'excellence de Meilleur Entreprenant 2019) : "Les jeunes créateurs doivent se former pour savoir gérer leurs affaires"

INTERVIEW - Roger Bango est Styliste modéliste, créateur de Mode. Grâce à la qualité de son travail et son sens de professionnalisme, il a obtenu en 2019, le Prix ivoirien d'excellence de Meilleur Entreprenant. Un prix qui, en même temps qu'il lui accorde des regards admiratifs, le pousse également à mieux faire pour garder la confiance de sa clientèle. Nous avons rencontré le patron de la marque" Korha" qui nous dévoile ici sa passion pour le métier de la couture, ensuite donne des conseils aux plus jeunes, et enfin nous parle de son plus grand événement du mois de Juin.


• Vous avez plusieurs cordes à votre arc, alors comment peut-on vous présenter ?

Je suis styliste parce que c'est d'abord mon premier métier. Je suis donc membre de l'ACMCI, entendez par-là, l'association des Créateurs de Mode de Côte d'Ivoire dont le je suis le protocole adjoint. Depuis l'année dernière c'est-à-dire en 2019, je suis le récipiendaire du prix ivoirien d'excellence de meilleur entreprenant. Je suis également coach et formateur en gestion et organisation d'entreprise de Mode. A côté de mon domaine de la mode, il y a d'autres activités que je mène à travers mes entreprises qui exercent dans l'événementiel, le BTP, la Communication etc..

• D'où vous êtes venue cette passion pour le métier de la mode ?

C'est une passion est venue de ma mère qui était couturière. Elle m'inspirait beaucoup lorsque, tout jeune, je la regardais coudre. Franchement, elle m'a beaucoup inspiré. Et quand elle a senti que je m'intéressais à ce métier, elle n'était pas trop d'accord parce qu'elle rêvait de me voir devenir un Médecin. Il faut aussi dire qu'à cette époque, il y avait de grands noms comme Chris Seydou et autres qui nous fascinaient par leur travail. Quand ma mère s'est rendue compte que ce métier était vraiment une passion pour moi, elle m'a laissé faire. Et je crois qu'elle n'a pas été déçue.

• Devons-nous retenir que c'est votre mère qui vous a inspiré ?

Je dirais oui, c'est mère qui m'a inspiré mais il y a aussi une autre dame que je ne cesserai de remercier. C'est Madame Fofana qui est pour moi comme une seconde mère parce que ma mère m'a le plus motivé dans le métier. C'est aussi elle qui m'a mis en confiance et qui a vu que j'avais un grand talent pour être un bon couturier. C'est elle qui m'a dit toujours dit que ce métier nourrit son homme, et je crois qu'elle n'a pas menti.

• Dans votre métier, il y a ceux qui font de grandes études dans la couture et d'autres qui apprennent chez des maîtres. Dans quel groupe peut-on vous classer?

Moi j'ai appris sur le tas auprès de ma mère qui m'a montré les rudiments du métier et après j'ai suivi des formations en ligne. Vous savez, le talent est une chose. Mais sans la formation on ne peut pas véritablement jouir de ce talent. Le talent seul ne suffit pas dans ce métier. C'est cette formation qui m'a permis d'être aujourd'hui coach et formateur. Et je ne cesse de dire à mes jeunes frères et sœurs que oui c'est bien beau d'avoir du talent mais il est encore mieux de se former. Parce que si tu ne te formes pas il te seras difficile d'avoir des compétences pour gérer ton entreprise. C'est pourquoi vous voyez des stylistes qui ont 20 à 30 ans de métier et dont l'entreprise stagne. Moi déjà à 10 ans de métier, d'une machine, je suis passé à près de 200 millions d'investissements. Bref, pour dire que même avec le talent, il faut se former. Et j'aime bien me former. J'aime apprendre. C'est important.

• D'où l'idée d'initier des masterclass que vous animés ?

Tout à fait. Et j'ai appelé ces masters class " l'Académie des maîtres ". Ce sont des séances de formations dans différents domaines d'activités. Pas seulement en couture, mais d'autres domaines comme la menuiserie, la maçonnerie etc. Ce sont des formations livrees par des anciens qui partagent leurs connaissances aux apprenants. Dieu merci, il y a de l'engouement au niveau des jeunes d'ici et même d'ailleurs en Afrique d'où je reçois des coups de fil pour me demander de venir tenir ces formations chez eux.

• Pour ce qu'on sait vous êtes un modèle parfait de la persévérance parce que d'Adjame, vous voilà installé depuis quelques années déjà à Cocody avec votre atelier. Quel a été le secret de cette réussite ?

(Rire) Il n'y a pas un secret particulier si c'est le travail, l'envie de toujours apprendre et se former pour aller de l'avant. Je le disais récemment à mon cher frère Alain Niava que je salue au passage que nous n'avons plus personne auprès de qui prendre conseils. Mais c'est par moment un honneur et plaisir d'aller voir les quelques aînés qui sont encore vivants, leur offrir une chemise, échanger avec eux. C'est important. Et les jeunes doivent faire comme on le fait pour bénéficier des conseils de leurs devanciers.

• Tout n'a pas été rose dans cette marche vers la réussite. N'est-ce pas?

Pas du tout. Tout n'a pas été rose, et les difficultés continuent de se dresser malgré cette apparence qu'on donne. Mais je veux dire que c'est la persévérance dans tout ce qu'on fait. Moi j'ai commencé avec moins de 50 mille francs, après je suis passé à 200 mille francs, avec tout ce que vous savez comme charges des employés et autres. Mais petit à petit, on est venu ici à Cocody, occupé ce grand local que vous voyez. On gère le personnel. Je voudrais dire merci à Dieu qui nous donne la force de toujours tenir, mais retenons que les difficultés, il y en a toujours.

• Parlez-nous de votre marque" Korha". Quelle est sa particularité ?

L'idée de "Korha" était d'abord de créer une marque de prêt à porter made un Côte d'Ivoire qui pouvait se vendre partout dans le monde, notamment en Europe, Amérique etc..Sa particularité est sur la finition. Il n'y a aucune différence entre " Korha" et les tenues importées d'Europe, en termes de finition, de créativité. C'est pareil. C'est vrai qu'on n'a pas encore de succursales en France, en Amérique, mais il y a des clients qui viennent prendre nos articles pour aller les revendre dans ces pays.

• Quelles sont les matières sur lesquelles vous travaillez?

Nous travaillons beaucoup plus sur le coton parce que nous sommes ici dans un pays chaud, et le coton est conseillé pour nos pays chauds.

• Vous avez reçu le prix d'excellence 2019 de Meilleur entreprenant. Qu'avez-vous ressenti ?

C'est la joie. J'étais un peu surpris. Pas parce que je n'avais pas la capacité d'être meilleur, mais c'est un peu au niveau des critères de sélection. Vous savez, nous sommes en Afrique et pour ce genre de choses il y a toujours des appréhensions. Comme quoi, on se dit que ce n'est pas des prix qu'on donne aux plus méritants. C'est ce qu'on se dit. C'est pourquoi j'étais un peu surpris. Mais je crois que ce prix m'a fait beaucoup de bien parce que les regards ont changé. Quand je vais au Ministère, je suis reçu les bras ouverts. Mais en même temps, ça me donne une pression parce que je me dois de bosser davantage pour rester au top niveau dans mon travail.

• Racontez-nous un peu l'ambiance qui a prévalu lorsqu'on vous a annoncé la nouvelle?

Je revenais d'Italie lorsque j'ai reçu un coup de fil du Ministère de la promotion des PME m'nformant que c'est moi qui ai reçu le prix d'excellence de meilleur entreprenant. Au départ, j'ai pensé à une blague d'une connaissance, et puis après je reçois un autre courrier m'invitant à me rendre au ministère. C'est là qu'on me reçoit et on me dit "félicitations" et que c'est moi qui ai été désigné parmi tous les postulants et le ministre me demande de me préparer parce que c'est monsieur le président de la République qui va me recevoir.Là, j'ai commencé à mesurer que les choses étaient devenues très sérieuses.Ça s'est tellement vite passé que je n'y revenais pas. En fait, ce n'est même pas moi qui suis allé déposer mon dossier. C'est mon assistante qui est allée déposer mon dossier au ministère de la promotion des PME parce que c'est ce ministère qui s'occupe de nous les artisans. Franchement, ça a été une belle expérience. Je continue d'avoir des félicitations de partout. Comme je l'ai dit, c'est une distinction qui me galvanise et qui me pousse à bosser un peu plus. On espère remporter ce prix encore cette année par la grâce de Dieu.

• Comment entre voyez-vous l'avenir après ce prix?

On reste dans une dynamique de formation des jeunes pour prendre la relève, et puis exporter nos créations en Europe, en Amérique. Bientôt je prends ma retraite pour aller au village, être chef du village, c'est un appel de la tradition de chez moi. Je suis quelqu'un qui est attaché à ma tradition. C'est vrai que d'aucuns diront que je suis encore jeune pour aller être chef, mais vous savez, les gens doivent comprendre qu'on ne tue pas soi-même son entreprise. Quand tu as dirigé une entreprise et qu'à un moment donné, les idées s'émiettent, il faut savoir se retirer et laisser la place aux jeunes qui ont été formés. Et c'est ce que je veux faire. Je tiens à préciser que je prépare un événement.

• Parlez- nous de cet événement ?

Il s'agit du Salon international du Made in Africa qui va se tenir au mois de juin prochain. Ce salon vise à réunir tous nos produits africains, que ce soit pagne, accessoires et tout ce qui vient de l'Afrique en matière de mode pour créer une porte d'ouverture de ces produits sur les pays extérieurs, notamment ceux de l'Europe, de l'Amérique et les autres continents. Nous avons des valeurs à vendre au monde. Je crois qu'à travers ce salon, beaucoup de créateurs africains pour voir leurs produits s'exporter à l'extérieur. Ce salon va se tenir les 2-3-4 juin prochain à Abidjan. Une conférence de presse est prévue pour donner toutes les informations dessus.

•Quel message pouvez-vous lancer à tous ces jeunes qui rêvent de devenir Styliste?

C'est de leur dire que c'est un métier qui nourrit bien son homme, qui permet de se prendre en charge. Mais ils ont besoin de se former car c'est par la formation qu'on acquiert d'autres connaissances qui vous permettront de devenir un bon manager de demain.

Par José TÉTI
Correspondant permanent à Abidjan

Vendredi 28 Février 2020
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Arts et Cuture
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