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La Dépêche d'Abidjan

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Reportage / Avancée rapide de la mer à Grand-Bassam : Des complexes hôteliers détruits, l’activité touristique menacée

La marée est haute, mais, ils ont le moral bas. Eux, ce sont les hôteliers et restaurateurs de la cité balnéaire de Grand-Bassam, installés le long du littoral. Il ne pouvait en être autrement.
Voilà maintenant quelques jours que la mer, dans un état qu’on lui connaît rarement, détruit leurs installations hôtelières. Une épreuve éprouvante pour ces « acteurs du tourisme », qui croyaient voir le bout du tunnel avec la fin de la crise politico-militare en Côte d’Ivoire.


Jeudi 1er septembre 2011, le petit complexe hôtelier de Tereso, situé en bordure de mer, est étrangement calme. A première vue, on croirait qu’il n’y a pas d’activité humaine dans les lieux. Mais la réceptionniste que nous croisons un peu plus à l’intérieur de la cour, nous fait changer d’avis. « L’hôtel n’est pas fermé », nous répond t-elle. Lorsque nous l’informons du motif de notre visite, elle nous conseille de faire un tour vers la piscine. Et là, stupeur ! De la partie de la piscine qui fait face à la mer, il ne reste que le bassin. La terrasse a complètement disparu. En un mot, entre cette partie de la piscine et la mer, il n’y a rien…, sauf du sable. La terrasse qui donnait sur la mer, nous informe la réceptionniste, a été emportée par les vagues.

Le Tereso a également vu une partie de son bar et tout son espace barbecue emportés par les eaux. Le phénomène, confie notre interlocutrice, a débuté depuis le mercredi 23 août dernier. « Ça se passe la journée, mais la nuit, c’est plus intense », explique t-elle. Propriétaire du Koral Beach, un autre complexe hôtelier, Alpha Touré avoue, lui aussi, que la nuit, il se passe un phénomène inexplicable. « Il y a un bruit bizarre et l’eau vient jusqu’à l’intérieur des hôtels. Elle a emporté mon appâtâmesqui avait une longueur de 10 mètres. Or, entre l’appâtâme, et la mer, il y avait au moins 11 mètres de distance. Je n’ai donc plus de clôture, également emportée par les eaux », explique t-il. A Mondoukou, toujours dans la commune de Grand- Bassam, le spectacle est encore plus frappant. Là- bas, des infrastructures entières sont en passe de disparaître sous les eaux. La boîte de nuit du complexe Coconut village n’est plus que l’ombre de elle-même. Toute la fondation et une partie de la boîte entièrement équipée, a été emportée par les eaux, ainsi que la salle de séminaire. A cela, il faut ajouter quelques chambres, qui à la moindre montée des eaux, vont s’écrouler. L’érosion a atteint son paroxysme en détruisant même la fondation de certaines chambres et des bars des hôtels situés en bordure de la mer.

Encore des périodes difficiles

Si les propriétaires des hôtels affirment être habitués à ce déchainement de la mer, tous sont d’avis que le phénomène est très destructeur cette année. « Il se déroule à peu près tous les deux ans. Ça se passe lorsqu’il y a l’équinoxe (c’est-à-dire, le soleil est exactement au zénith sur l’équateur terrestre). La mer avance souvent de 10 m. Mais, cette année, c’est plus intense. La mer a pratiquement avancé de 40 m. Et chaque jour, elle avance encore », s’inquiète M. Ablé Jacques Alain, propriétaire du complexe Etoile du Sud et Président des hôteliers, restaurateurs et service du tourisme de Grand-Bassam (HOREST). Avec ces dégâts occasionnés par la mer, des jours difficiles, s’inquiète-t-il, attendent encore les hôteliers et restaurateurs de la cité balnéaire. « Notre secteur est le premier pourvoyeur d’emploi à Grand-Bassam. Nous ne vivons que du tourisme. Avec la crise, l’activité touristique était au point zéro en Côte d’Ivoire. En début d’année, nous n’avons pas fonctionné du fait de la crise postélectorale. Pourtant, nous avons maintenu les emplois. Si nous devrons encore subir le sort de la nature, ça sera très compliqué pour nous », confesse M. Diomandé Ibrahima, responsable d’exploitation du complexe Coconut village. M. N’Dedé Tanoe Prospère, président du comité de gestion de quartier et village de Mondoukou ne dit pas autre chose.

Pour lui, l’Etat doit prendre les mesures qui s’imposent, afin de sauver les côtes ivoiriennes. La plupart des jeunes du village, indique t-ils, sont employés par les hôteliers et restaurateurs.

Et si l’activité balnéaire venait à disparaître, ce sont des centaines de jeunes, prévient-il, qui se retrouveront au chômage.

Dao Maïmouna in Le Patriote
Samedi 1 Octobre 2011
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