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Que cache la crise qui secoue la droite française ? Débat: "Il est temps de remettre en cause 
le centralisme autoritaire dans notre pays"

Pour Martine Boudet, spécialiste d’anthropologie, membre du Conseil scientifique d’Attac France, "la déchéance de l'UMP manifeste l’aspiration majoritaire à la régénération de la vie politique et de la démocratie, à laquelle doivent répondre la nouvelle équipe dirigeante ainsi que la gauche de la gauche".


Jean-François Copé et François Fillon, du temps où ils se serraient la main
Jean-François Copé et François Fillon, du temps où ils se serraient la main
La crise interne de l’UMP signe un nouvel épisode de la recomposition républicaine. Parti État reconfiguré en 2002 par les barons du gaullisme et de l’oligarchie néolibérale, il a été l’instrument de l’aventure sarkozyste, version dite décomplexée de la droite française et européenne. Flirtant avec l’extrême droite elle-même dédiabolisée, il a géré une décennie de reflux systémiques, au détriment des catégories populaires, du monde de l’immigration et des peuples du Sud. À la longue liste des lois antisociales et hostiles aux droits des migrants, il faut ajouter les délits politico-financiers : la justice peine à instruire et à sanctionner les affaires résultant d’une gouvernance qui a souvent confondu intérêt général et intérêts partisans et privés, notamment dans le domaine opaque de la politique militaire et des trafics d’armement (affaire de Karachi). Pas moins de deux présidents condamnés ou soupçonnés de malversations, sans parler de certains de leurs ministres.

À ce bilan, il faut ajouter les crimes néocoloniaux. Michèle Alliot-Marie, ancienne présidente de l’UMP, soutenait la dictature de Ben Ali, au moment où le peuple tunisien ouvrait une nouvelle page de son histoire et de celle du monde arabe. Au lendemain de la réélection de Jacques Chirac, en 2002, après le coup électoral du Front national, a démarré le harcèlement militaire de la Côte d’Ivoire, dont la présidence de
Laurent Gbagbo contrariait les intérêts français. L’imbroglio électoral de l’UMP n’aura sans doute pas le dénouement du vote ivoirien de 2011, dont Sarkozy a refusé le recomptage, cela au prix de milliers de morts et pour l’instauration d’un régime fascisant à la solde des puissances occidentales…

Mais qui sème le vent récolte la tempête. La roue tourne : l’affaissement de ce parti libère la scène nationale, suite à l’éviction de son « chef naturel » en mai 2012. Il est symptomatique que cette organisation, qui prônait en 2009 une identité nationale ethnocentrée, ait oublié de comptabiliser les suffrages de trois sections d’outre-mer. En fait, l’UMP a perdu ses liens ataviques avec le pouvoir, notamment à partir de ses échecs répétés dans les élections territoriales, la conquête du Sénat par la gauche en fut l’aboutissement. Coupé de cette base et des périphéries, et malgré le charisme populiste de son dirigeant, ce parti n’a pu échapper à la sanction lors des dernières élections nationales.

Cette déchéance manifeste l’aspiration majoritaire à la régénération de la vie politique et de la démocratie, à laquelle doivent répondre la nouvelle équipe dirigeante ainsi que la gauche de la gauche. Ce scénario n’est-il pas la réplique en miniature de la crise d’une Union européenne enlisée dans ses propres contradictions ? N’est-ce pas l’Union européenne qui a copiloté les programmes d’ajustement structurel (PAS) qui ont conduit les pays du Sud au surendettement et souvent à la mise en cause de leur intégrité territoriale ? La voilà prise à son piège, ses États devenant les nouvelles cibles des marchés financiers.

La crise de l’UE est celle d’un système anthropologique fondé sur des valeurs devenues mortifères en l’absence de contrepoids suffisants, celles d’un impérialisme parasite, d’un culte endémique de la croissance et de la compétitivité, d’un individualisme atomisant. À l’image de l’Amérique latine, les peuples européens ne s’émanciperont du carcan néolibéral que par l’ouverture au monde non occidental et par la promotion de valeurs alternatives, fondées, entre autres, sur le développement socioculturel et une coopération plus authentique entre peuples et entre citoyens.

La nouvelle mandature, celle de la présidence Hollande, qui a conquis tous les pouvoirs, offre l’opportunité d’une évolution en profondeur des mentalités, à l’écart des reflux inquiétants incarnés par le FN. Pour ce faire, il est de la responsabilité des citoyens de pondérer le centralisme autoritaire dont François Mitterrand alors opposant se plaisait à dire qu’il conduit sous la Ve République à un « coup d’État permanent ». Décision non débattue d’une intervention militaire au Mali, conflit avec le monde associatif concernant l’avenir du territoire de Notre-Dame-des-Landes… ces faits manifestent une énième tentation d’abuser d’un pouvoir dont une part reste illégitime. L’avenir dira quelle partition pourront jouer peuples, citoyens et démocrates pour que le cours des choses soit infléchi en leur faveur.

Par Martine Boudet, spécialiste d’anthropologie, membre du Conseil scientifique d’Attac France.
In humanite.fr
Vendredi 7 Décembre 2012
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