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Présidentielle 2015 au Togo : les urnes ou la rue ?


Présidentielle 2015 au Togo : les urnes ou la rue ?
La rédaction de 54 Etats est allée à la rencontre des habitants de Lomé, pour prendre le pouls du Togo, à la veille de l'élection présidentielle qui aura lieu le 25 avril prochain. Après 48 ans de règne sans partage, la dynastie Gnassingbé vit peut-être ses dernières heures à la tête du Togo. Le pays est exsangue, la pauvreté est partout. Les routes sont impraticables, il n'y a pas d'électricité, pas d'eau potable, les habitations sont vétustes, quand ce ne sont pas des bidons-villes, très nombreux à Lomé. Près de 50 ans durant lesquels rien n'a été fait pour le Togo. Le pays ressemble à un vaste terrain vague, où les détritus jonchent les sols à chaque coin de rue. Un spectacle de désolation qui jure avec cette Afrique émergente et dont la croissance moyenne est de plus de 5 %.



Ablogamé, quartier des opposants à Lomé. Ici, on zigzague entre les flaques d'eau qui stagnent sur la chaussée, détrempée, pour circuler dans les rues. Le quartier est dans un état de délabrement total, à l'image du Togo tout entier. « Il est laissé à l'abandon, parce que c'est le quartier des opposants », affirme Fofo, l'un de ses habitants. Au détour d'une rue, la voiture est arrêtée par un gendarme, une mitraillette à la main, qu'il exhibe ostensiblement. Il nous fait comprendre qu'il a faim, lui aussi. En lui donnant un billet de 10 000 FCFA (l'équivalent de 15 euros !), on pourra repartir sans encombre, mais non sans un certain émoi. « C'est souvent comme ça », souffle Georges, le chauffeur, qui connait bien le quartier.



En déambulant dans ce qu’on ne peut décemment pas appeler des rues, le constat est terrible : Lomé est une ville morte, une ville à l’abandon, il n’y a rien. Une capitale qui compte presque la moitié des habitants du Togo, soit environ 3 millions d’âmes et où l’eau n’est pas potable, où les ordures s’amassent à tous les coins de rues, où il n’y a pas de structures sanitaires, où beaucoup de quartiers sont sans électricité, où les constructions se résument à des planches de bois et de la tôle ondulée, bref, une ville qui n’en a que le nom. Le sentiment que l’on éprouve face à ce triste spectacle est celui de l’écoeurement. L’écoeurement de voir une population digne et pacifique vivre dans de telles conditions, depuis tant d’années, de voir une ville qui n’a pas bougé depuis 50 ans, pire, qui s’est dégradée au fil des ans, une ville à l’agonie, une ville qui meurt.



L’heure est venue de l’élection présidentielle, prévue le 25 avril prochain. Beaucoup sont incrédules quant à la tenue de véritables élections libres et transparentes. Mais tous veulent le changement. « ça ne peut plus continuer comme ça », reprennent-ils unanimement. « On n’arrive plus à manger à notre faim, et les enfants non plus. Et ça, nous ne pourrons pas le supporter plus longtemps », renchérit l’un d’eux, père de famille de Lomé. Alors, malgré un passé très lourd, qui a duré déjà 48 ans durant lesquels la population a enduré le pire : élections truquées, contestation réprimée dans le sang, les élections d’avril 2015 sont attendues avec ferveur, comme une promesse d’avenir, d’un autre avenir. Car ici on ne peut pas concevoir l’avenir sans changement. Il ne peut y avoir que changement car il n’y a rien.



La rédaction a tenté de joindre les instances présidentielles pour obtenir quelques informations sur le programme de Faure Gnassingbé, mais en vain. Le président est en campagne et n’a pas le temps, semble-t-il de répondre à la presse étrangère. Nous nous sommes alors tournés vers le candidat de l’opposition, Jean-Pierre Fabre. Celui-ci aussi est en campagne et, dans le bureau du parti, l’ANC (Alliance nationale pour le Changement), c’est l’effervescence. On se prépare à sortir pour des défilés joyeux et bruyants où le slogan « 50 ans, c’est trop ! » sera le plus entendu pour dénoncer l’indéboulonnable dynastie Gnassingbé et pour inciter à choisir l’alternance.



La « vague orange », couleur choisie par le parti, s’empare du pays, malgré un dispositif d’affichage de campagne du président qui n’a pas lésiné sur les moyens : les routes sont inondées d’affiches à l’effigie de Faure Gnassingbé aux slogans les plus improbables : « Le changement avec Faure », ou bien « Bonne gouvernance, promesses tenues », ou bien encore « Merci pour les belles routes », ce qui laisse sans voix quand on les pratique ! On peut constater en effet que des travaux ont été engagés à la hâte sur la route de l’aéroport de Lomé, travaux encore loin d’être achevés pour l’heure.



Le directeur de communication du parti ANC, Eric Dupuy, lors d’un entretien, nous part de la seule inquiétude qui le traverse : « la possibilité d’une fraude massive que le pouvoir va tenter de faire passer pour des élections transparentes ». Mais il est cependant confiant : « Nous allons gagner ces élections et nous avons prévu de sécuriser les bulletins de vote car aux dernières élections ce sont les gendarmes qui sont venus nous prendre tout notre matériel, ce qui a fait que nous n’avons pas pu contester les résultats avec des éléments matériels ».

« Il partira par les urnes ou par la rue »

Cette fois, il semble que les choses seront plus difficiles pour les partisans de Faure Gnassingbé « d’organiser sa réélection ». Dans la presse locale, on peut lire que, lors d’une réunion, un « baron du pouvoir aurait confirmé l’imminence de l’alternance » et que les « chances de frauder » étaient désormais « très minces ». Quoi qu’il en soit, Eric Dupuy est sûr de son fait : « Il partira par les urnes ou par la rue ». Ce qui signifie très clairement que si le président Gnassingbé tente de garder le pouvoir par la tricherie ou par la force, le soulèvement populaire est assuré.
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Mardi 21 Avril 2015
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1.Posté par Akossia Pierre le 22/04/2015 02:04 | Alerter
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