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La Dépêche d'Abidjan

Plainte contre Gemalto, leader mondial de la sécurité numérique

Communiqué de presse


Après les élections de 2009, dont les résultats furent fortement contestés, les opposants à Ali Bongo et les leaders de la société civile gabonaise ont obtenu que l'on réalise la biométrie des fichiers d'état civil et des cartes électorales, afin d'assurer la transparence et la fiabilité des élections à suivre.

L'entreprise Gemalto se vit attribuer le marché public, mais sans appel d'offre, en infraction avec le code des marchés publics gabonais, pour un budget extravagant de 20 milliards de francs CFA (soit 30 millions d'euros). Par ailleurs, l'agence de Gemalto au Gabon, ou ce qui en tient lieu, est située dans l'enceinte de la Présidence de la République. Or lors des élections municipales de 2013, les cartes mises en service n'avaient rien de biométrique, ce qui augure mal de la transparence des élections présidentielles prévues pour 2016.

En juillet 2014, Marc Ona Essangui (prix Goldman pour l'environnement) et Sosthène Nguema, actuel président du CRAN-Gabon, ont porté plainte auprès du tribunal de Libreville. Aujourd'hui, ils sont rejoints par Louis-Georges Tin, président du CRAN-France et Ogarseai (Organisation de Surveillance de la Responsabilité Sociétale des Entreprises), présidée par Jean-Jacques Eyi, qui portent plainte contre Gemalto en France, pour corruption d’agent étranger, délit sanctionné par l'article 435-1 du code pénal. Tous seront présents pour cette conférence de presse.

Après les élections troublées de 2009 au Gabon, Gemalto devait dissiper tout risque de trucage, mais c'est l'inverse qui s'est passé, et la suspicion est désormais à son comble. Sans transparence, il n'y aura pas de véritable démocratie au Gabon. Et il en va de même dans les autres pays où intervient Gemalto, comme la Guinée.

En effet, en Guinée, l'opposition s'était battue pour écarter l’ancien opérateur technique, soupçonné de corruption, qui devait organiser les élections présidentielles. Mais selon des procédés semblables à ce qui s'est passé au Gabon, Alpha Condé, qui se représente en 2015, a imposé Gemalto d’une manière unilatérale.

Cette action judiciaire témoigne de l'implication croissante du CRAN à l'international, et en Afrique en particulier. Elle est d'ailleurs menée en lien avec le CRAN-Gabon, qui vient d'être lancé à Libreville. Ces coopérations sont évidemment nécessaires pour démanteler les rouages de la Françafrique.

SOURCE : C.R.A.N.
Vendredi 27 Février 2015
La Dépêche d'Abidjan



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