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POURQUOI IL NE FAUT PAS MARCHER À L'IMPARTIALITÉ DE FATOU BENSOUDA


POURQUOI IL NE FAUT PAS MARCHER À L'IMPARTIALITÉ DE FATOU BENSOUDA
Après avoir obtenu la déportation de Charles blé Goudé à La Haye où le président Laurent gbagbo l'a précédé après un simulacre d'enquête dans une parodie de justice internationale, le procureur Fatou Bensouda essaie vainement de rassurer l'opinion sur l'impartialité de la CPI accusée de pratiquer une justice des vainqueurs. "Je veux être très claire. Ce n'est pas la fin de notre travail en Côte d'Ivoire. Nos enquêtes vont se poursuivre" a-t-elle dit avant d'ajouter ceci : "Nous recueillerons d'autres éléments de preuve, ET SI LA SITUATION SE JUSTIFIE, nous présenterons d'autres affaires devant les juges de la CPI sans crainte ou sans traitement de faveur quelque soit le bord ou l'appartenance politique des auteurs des crimes".

Même des responsables du RDR , comme le rapporte un journal bleu, s'y mettent désormais eux aussi pour faire croire à ceux qui veulent bien le croire, que des mandats d'arrêt qui concerneraient leur camp sont sous scellés et que leur tour viendra. N'est-il pas suspect que le RDR cherche lui aussi à rassurer sur l'impartialité du procureur Fatou Bensouda ?

Il faut sans doute commencer par rappeler que l'enquête sur les événements liés à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a été officiellement ouverte par le procureur Luis Moreno Ocampo le 03 octobre 2011, et le 29 novembre 2011, soit moins de deux mois plus tard, le président Gbagbo était déporté à La Haye. Le mandat d'arrêt contre le président Gbagbo sera suivi de deux autres contre Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Mais le plus surprenant, plus de deux ans après cette déportation du président Gbagbo lors de l'audience confirmation des charges, c'est que le résultat de cette soi-disant enquête occulte complètement le rôle de la rébellion, comme si elle n'avait jamais existé, et c'est d'ailleurs pour cette raison que la Chambre préliminaire 1, dans sa décision du 03 juin 2013, a demandé au procureur Fatou Bensouda qui a succédé à Luis Moreno Ocampo en 2012, d'enquêter sur les forces en présence.

Cette demande de la cour apparaît surtout comme la prise en compte des remarques de la défense du président Gbagbo et de la dénonciation de la justice des vainqueurs, mais aussi des contributions et des interpellations de toutes sortes qui viennent aussi bien des partisans du président Gbagbo que de certaines ONG internationales.

Hubert Oulaye, dans le livre " L'introuvable preuve contre le président Gbagbo ", rappelle que la cour demande clairement à Bensouda des informations sur " Les positions , mouvements et activités de tous les groupes opposés aux forces "pro-Gbagbo" ( par exemple, le commando invisible et les Forces Nouvelles), notamment à Abidjan et alentour, entre novembre 2010 et mai 2011, y compris les informations spécifiques sur les confrontations entre ces groupe armés et les forces pro-Gbagbo entre 2010 et mai 2011", et le ministre Oulaye d'expliquer que " en expurgeant son document de charges de toute présence des groupes armés pro-Ouattara, ou en minimisant leur présence et leur rôle dans les différents événements relatés, il (le procureur ) accrédite la thèse d'attaques perpétrées contre des populations civiles."

L'ancien ministre du président Laurent Gbagbo poursuit son raisonnement en disant que " le procureur développe en effet que les forces pro-Gbagbo n'avaient pas en face d'elles des hommes en armes mais plutôt des manifestants aux mains nues, partisans d'Alassane Ouattara, qui protestaient contre le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo. Ce qui lui permet d'en inférer (de conclure), que Laurent Gbagbo a commis un crime contre l'humanité, crime relevant de la CPI. Or une telle affirmation tombe d'elle-même, s'il est prouvé qu'en lieu et place des attaques supposées, il s'agissait plutôt d'affrontements entre des groupes armés, et que les populations civiles n'étaient nullement visées par les FDS "

Ce qu'il faut surtout noter après la lecture de ce qui précède, c'est qu'il y a dès le départ une volonté du procureur Ocampo et ensuite de son successeur Fatou Bensouda d'assurer une impunité totale aux rebelles. Sinon, pourquoi occulter totalement le rôle de la rébellion ?

Depuis le début donc, le procureur a décidé d'épargner les rebelles de ses poursuites. Mais pourquoi veut-elle épargner Soro, les chefs-rebelles et leurs commanditaires ? Il n'y a là rien d'étonnant si on admet que ce sont ceux qui ont envoyé Gbagbo et Blé à la Haye qui ont armé les rebelles, et que ce sont les mêmes qui mettent Fatou Bensouda en mouvement. Il y a donc ici une question de logique, et uniquement de logique. Tu ne peux pas armer et envoyer une personne en tuer d'autres, et mettre ensuite cette personne dans une prison où elle risque de finir sa vie, sans courir le risque d'être dénoncé. C'est un scénario improbable.

Et puis, posons-nous cette question : Pourquoi des chefs-rebelles, donc des seconds couteaux, qui ne seraient que des présumés co-auteurs directs iraient-ils à La Haye là où dans notre camp, on parle de présumés co-auteurs indirects, c'est-à-dire ceux qui sont censés avoir planifié le crime ? N'y aurait-il donc dans l'autre camp que des exécutants et pas de planificateurs, pas de commanditaires ?

Il ne faut pas se laisser abuser par ce discours sur l'impartialité qui est fait pour faire passer dans l'opinion la pilule de la justice des vainqueurs qui elle, est une réalité qui crève les yeux. Nous devons tout simplement continuer sans relâche à dénoncer cette justice des vainqueurs partout, et à réclamer la libération de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé.

En tout cas, personnellement, je n'ai jamais cru que Soro Guillaume ou un autre rebelle irait à la CPI. J'ai toujours pensé et je continue de penser que le procureur Fatou Bensouda essaie de nous endormir en nous faisant croire qu'elle poursuivra les deux camps, exactement comme le faisait croire aussi en son temps Luis Moreno Ocampo.

Pour finir, je dirai que les crimes contre l'humanité étant des crimes imprescriptibles, même si l'état de Côte d'Ivoire amnistiait les auteurs des crimes, la pression populaire pourrait demain, grâce à la mobilisation des victimes ou des parents de victimes, déterrer les dossiers de tous ces massacres que la CPI feint d'ignorer, pour que justice soit faite. C'est une question de temps, mais tout a toujours été une question de temps. Juste une question de temps.

Alexis Gnagno
Jeudi 3 Avril 2014
La Dépêche d'Abidjan



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