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La Dépêche d'Abidjan

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Organisation du Hadj / Affaire ‘’infantilisation de la communauté musulmane’’: La guerre entre Cheick Boikary Fofana et Désiré Tagro n’aura pas lieu

Depuis quelques jours, le Cheick Boikary Fofana demande la reprise de l’organisation du Hadj à l’Etat. Il a même avancé un détournement de 13 milliards de FCFA par les services de l’Etat, organisateurs depuis 2007 du Hadj. Nous avons cherché à en savoir plus sur une question si sensible.


Depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, l’organisation du Hadj a été l’affaire exclusive des associations et groupements privés de la communauté musulmane. De cette date jusqu’en 2005, les choses se sont tant bien que mal passées, jusqu’à ce que le pire arrive en 2006. A cette date, les pèlerins ivoiriens n’ont pu effectuer le déplacement en Arabi Saoudite, alors qu’ils s’étaient tous acquittés de leurs droits de payement du hadj de cette année là, vis-à-vis des groupements et associations, organisateurs du Hadj. En 2006, la Côte a été humiliée par la faute de ces nombreux groupements et associations, qui ont été défaillants. Avant 2007 les organisateurs du Hadj avaient été chaque année confrontés à trois difficultés majeures auxquelles ils sont toujours restés impuissants. Il s’agit des difficultés liées au préfinancement, aux coûts élevés du Hadj qui nécessitait une subvention de l’Etat et aux problèmes diplomatiques qui existaient entre la Côte d’Ivoire et l’Arabie Saoudite. Conscients de ces problèmes majeurs, la communauté musulmane avec à sa tête le Cheick Boikary Fofana rencontre le Président Laurent Gbagbo, pour lui faire une proposition, en vue d’une organisation réussie du Hadj dans les années à venir. Le 7 mai 2007, le Cheick Boikary Fofana demande alors au Président Laurent Gbagbo, l’intervention de l’Etat dans l’organisation des prochains Hadj. C’est à la demande de la communauté musulmane elle-même que le chef de l’Etat a confié l’organisation du Hadj au ministère de l’intérieur en 2007. Une organisation qui a été parfaitement réussie par ce ministère à la satisfaction générale de toute la communauté musulmane ivoirienne. Le ministre Désiré Tagro, depuis cette date n’avait cessé de rappeler à tous, que la vocation d’un Etat n’est pas d’organiser le Hadj. C’est un rôle dévolu aux mouvements de ladite communauté. Il précisait toujours que l’Etat intervient dans l’organisation du Hadj, parce que les musulmans l’ont souhaité eux mêmes. Le principe était donc clair jusqu’au Hadj de 2009. Là dessus, Cheick Boikary et Désiré Tagro sont en phase. En apparence…

Tagro surpris par les déclarations du Check Boikary Fofana
Le mardi 13 avril 2010, le ministre de l’intérieur a invité tous les dignitaires religieux de la communauté musulmane en vue d’une concertation plus large sur l’organisation du Hadj 2010. A cette rencontre importante où tous les guides religieux musulmans ont repondu présents, le Cheick Boikary Fofana a été absent. C’est dans la presse que le ministre de l’intérieur et ses services vont connaître les vraies intentions du Cheick Boikary Fofana, à travers des déclarations soupçonnant le ministre Désiré Tagro et ses services de détournement. Ce fut une grande surprise d’entendre le Cheick Boikary Fofana d’accuser l’Etat d’infantiliser la communauté musulmane. Comment peut-on alors infantiliser une communauté qui elle-même a confié l’organisation du Hadj à l’Etat ? Pour quoi le président du Cosim veut-il arracher l’organisation du Hadj par voie de presse et d’action isolée et solitaire, alors qu’il suffit qu’il rencontre le chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur, pour régler la question ?

Le Cheick Boikary Fofana doit encore parler à Gbagbo
Pour éviter le désordre qu’on a connu dans l’organisation du Hadj avant 2007 et la guerre des clans dans le milieu de la communauté musulmane, le président du Cosim devrait avoir la caution des guides religieux musulmans afin de demander au président Laurent Gbagbo, la reprise de l’organisation du Hadj. Il est certain que le chef de l’Etat ne s’opposera pas à une autre requête de la communauté musulmane si celle-ci est faite de façon unanime, collégiale et concertée. « La structure crée par le président du Cosim est loin d’être une super structure dans l’organisation du Hadj. Elle s’ajoute à la cinquantaine de mouvements et associations déjà existantes dans le cadre de l’organisation du Hadj. Que le Cheick Boikary Fofana arrête d’allumer la flamme de la guerre religieuse en Côte d’Ivoire. Nous n’allons pas le suivre. Il n’y a pas pour le moment de problème depuis que l’Etat organise le Hadj. Le Cheick Boikary Fofana doit savoir que le commissaire du Hadj, l’imam Binaté est un membre du Cosim dont il est président », à répondu un groupe d’imams, qui n’est pas solidaire du Bureau Ivoirien pour l’Organisation du Hadj (BIHO), mouvement du président du Cosim. En tout état de cause, de bonnes sources indiquent que la guerre Cheick Boikary Fofana – Désiré Tagro n’aura pas lieu. « Mais, assurent-ils, la balle est dans le camp du Cheick. Il sait bien à quelle porte il peut frapper pour poser et régler les problèmes, quand il veut être entendu. D’autant plus qu’il est en de bons termes avec le Premier ministre Guillaume Soro, qui a opté pour lui, dans sa guerre avec Koudouss. Enfin, il a lui-même remercié le chef de l’Etat et le Premier ministre samedi dernier. C’est dire qu’il n’a aucun problème personnel, avec, eux».

Avec le partenariat deL'Intelligent d'Abidjan/ PAr Huberson Digbeu




Jeudi 29 Avril 2010
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