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Nouvelle gare routière d’Abobo :POURQUOI LES ACTIVITÉS SONT - ELLES TOUJOURS TIMIDES ?


L’entrée principale de la nouvelle gare internationale d’Abobo qui tarde à fonctionner normalement.
L’entrée principale de la nouvelle gare internationale d’Abobo qui tarde à fonctionner normalement.
On avait pensé que la construction d’une nouvelle gare, dans la commune d’Abobo, allait désengorger le marché et certains endroits de cette commune.
Ce jeudi 3 janvier, il est un peu plus de 9 heures. Abou Ouattara, chauffeur de minicar sur la ligne Abidjan-Agboville et son apprenti attendent toujours que leur véhicule soit chargé pour effectuer le premier voyage de cette journée. Cette compagnie de transport est l’une des rares entreprises à regagner la nouvelle gare routière. « Nous avons démarré nos activités ici quand l’ancienne gare a été démolie. Au départ, ça été très difficile, puisque les passagers ne savent pas que nous sommes sur le nouveau site. Mais nous les informons et je pense que ça va aller », dit-il. Selon lui, par le passé, le premier chargement était fait vers 8 heures, chaque jour.
De façon générale, seules quelques compagnies de transport qui desservent la grande voie de l’est du pays notamment les villes d’Azaguié, Agboville, Adzopé, Akoupé, Daoukro, Bongouanou, M’Bahiakro, Abengourou, Agnibilékrou, Tanda, Bondoukou et Bouna ont regagné leurs nouveaux lieux de service. Ce jour, nous avons pu constater un attroupement au niveau des cars de M’Bahiakro et Prikro. Sanogo Souleymane, président du comité de gestion de la nouvelle gare d’Abou estime que, pour le moment, 20% des compagnies de transport ayant souscrit à ce projet sont opérationnelles ou ont effectivement démarré leurs activités. Mais en réalité, le registre qu’il détient renseigne que sur 62 entreprises 9 sont en activité soit, 14,5%.
Par ailleurs, d’autres compagnies se sont inscrites pour être propriétaires de site, mais elles n’ont pas encore démarré leurs activités. Les bureaux sont hermétiquement fermés et personne n’est présente. Des étiquettes portant le nom des entreprises placardées sur les portes des magasins indiquent leur présence.
Par moments, des taxis villes et taxis communaux viennent descendre des voyageurs. L’innovation, ici, est l’existence d’une société qui a démarré ses activités au sein de cette gare le 29 septembre dernier. Les agents tous vêtus de tenues orange sont postés aux têtes de stationnement des taxis. Lorsqu’un voyageur arrive, ils l’aident à transporter ces bagages à la compagnie de transport indiquée. Pour le transport de bagages, ils utilisent des chariots. La prestation varie entre 100 et 250 Fcfa payable au terme d’un marchandage entre le voyageur et l’agent de « Ivoire porteur ». Celui-ci est rémunéré par sa société, à hauteur de 40% de sa production mensuelle « C’est une équipe de 120 agents et 3 contrôleurs qui sont formés dans le cadre de ce service. Pour le moment , comme c’est un peu morose, nous ne tournons pas encore en plein régime », a déclaré Konan Roger, responsable d’exploitation de cette société. « on ne doit pas s’inquiéter pour les taxis et Gbaka, puisque dans le projet le transport urbain occupe 20% des places contre 80% pour le transport interurbain» a, rassuré le président du comité de gestion.
Si au niveau des transporteurs, on observe un début timide d’activité au sein de la nouvelle gare routière, ce n’est pas le cas des commerçants. Tous les magasins sont fermés. Sur cette question, Sanogo Souleymane donne les raisons. « Tout est progressif. Je pense qu’ils attendent qu’il y ait une affluence au niveau des transports avant d’ouvrir les magasins. Sinon il n’y a plus de problème», dit-il. Et comme il n’y a pas grand monde, les taxis et Gbaka ne peuvent pas avoir des passagers.
Des routes et des espaces toujours engorgés
Ont également ouvert leurs portes sur ce site, la Banque régionale de la solidarité( Brs), l’alocodromme, et les édifices religieux (mosquée et le sanctuaire) et quelques entreprises prestataires de service sur le site.
Malgré les multiples appels des autorités communales, des responsables des transporteurs et commerçants, la reprise des activités à la nouvelle gare est timide. C’est vrai que l’ancienne après de violentes échauffourées, a finalement pu être déguerpie et sécurisée par une clôture. Mais les occupants continuent de squatter le plus petit espace vide. Chaque jour, c’est un chassé-croisé entre éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et commerçants qui est donné de constater, surtout au niveau du grand rond-point face à la mairie, l’espace Siaka Koné, et l’espace des vendeuses de fruits et produits vivriers. Des commerçants estiment que seuls ces espaces peuvent leur permettre de prospérer dans leurs affaires.
Ainsi, le désordre continue d’être entretenu par des transporteurs qui sont installés sur d’autres espaces et voies. Surtout que l’espace est désormais réduit. En effet, chassés de l’ancienne gare, les taxis communaux qui desservent les quartiers d’Abobo Baoulé, Belle ville, Aboboté, Plateau Dokui et d’Angré ont trouvé un point de chute en face de l’entrée du service de l’état civil de la mairie et la route du Zoo, non loin de la mairie. En outre, les minicars de la ligne mairie- Akéikoi stationnent abusivement devant les bureaux de la Cie et la Bicici. Alors que cette voie n’est pas prévue pour garer des véhicules. De plus, les Gbaka et taxis ont occupé les bretelles prévues pour les dégagements rapides le long de l’autoroute.
En déguerpissant les commerçants et transporteurs qui occupaient les trottoirs, l’objectif a été atteint puisque depuis leur départ, la circulation est devenue fluide par moments devant le grand rond- point de la mairie. Seulement le problème a été déplacé et l’engorgement existe bel et bien en d’autres endroits.
Au niveau du transport interurbain, partis de l’ancienne gare, certains transporteurs n’ont pas regagné le nouveau site, mais exercent leurs activités. C’est le cas de tous ceux qui desservent les localités situées sur la route d’Alépé et cette ville. Ils se sont installés dans les environs du rond-point de Samaké. « Il est plus facile pour nous de relier Alépé à partir d’ici. Aller à la nouvelle gare, c’est comme si nous allongeons le trajet du voyage», a justifié un chauffeur qui dit ne pas être opposé au transfert de la gare.

Alfred Kouame
Correspondant in FRATERNITE MATIN

Jeudi 10 Janvier 2013
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