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Nicolas Sarkozy enfin candidat veut s'adresser au "peuple"


Nicolas Sarkozy enfin candidat veut s'adresser au "peuple"
Nicolas Sarkozy a mis fin mercredi soir au faux suspense autour de sa candidature à l'élection présidentielle et affirmé vouloir "redonner la parole aux Français" en recourant largement à l'instrument du référendum lors d'un second mandat.
A 67 jours du premier tour, le président sortant a ainsi donné le véritable coup d'envoi à une campagne qui paraît de plus en plus se résumer à un duel avec le favori des sondages, le candidat socialiste François Hollande.
"Oui, je suis candidat à l'élection présidentielle", a-t-il déclaré au journal de 20H00 sur TF1.
Nicolas Sarkozy, 57 ans, venu avec son épouse Carla, a dit au début d'une interview de 18 minutes avoir pris cette décision "depuis plusieurs semaines".
"La situation aujourd'hui de la France, de l'Europe et du monde (...) fait que ne pas solliciter à nouveau la confiance des Français, ça serait comme un abandon de poste", a-t-il expliqué. "Est-ce qu'on imagine le capitaine d'un navire dont le bateau serait en pleine tempête, dire ben non, je suis fatigué, je renonce, j'arrête ?"
Nicolas Sarkozy, qui envisageait initialement de n'officialiser sa candidature que fin février ou début mars, s'est défendu d'avoir accéléré son calendrier.
Mais les élus de la majorité et ses conseillers, inquiets de voir le candidat socialiste François Hollande caracoler en tête des sondages, le pressaient de se déclarer plus vite.
"LA FRANCE FORTE"
Le chef de l'Etat s'est de nouveau présenté en protecteur des Français face à la crise et s'est dit impatient d'aller à leur rencontre sans la lourdeur du protocole présidentiel, pour poser "les vraies questions". "Cette campagne c'est comme une forme de soulagement", a-t-il souligné.
"Il faut que les Français comprennent que la question essentielle qui est posée, c'est que si la France est forte, ils seront protégés", a-t-il dit en faisant allusion à ce qui devrait être le slogan de sa campagne : "La France forte".
Nicolas Sarkozy a confirmé sa volonté, annoncée samedi dans le Figaro Magazine, de soumettre à référendum des réformes, dont une refonte de l'indemnisation et de la formation des chômeurs.
"Il y a beaucoup de Français qui ont le sentiment, au fond, d'être dépossédés de leur pouvoir", a-t-il dit. "Je me suis dit qu'il y avait une idée centrale dans les engagements que je prends pour mon deuxième quinquennat, s'ils me font confiance, c'est redonner la parole au peuple français par le référendum."
Nicolas Sarkozy, qui n'a jamais recouru à ce type de consultation depuis qu'il est à l'Elysée, a qualifié de "caricatural" et de "sot" l'argument de ceux qui l'accusent d'avoir mis le cap à droite toute en se prononçant contre l'assistanat, le mariage des homosexuels ou l'euthanasie.
"Je crois au travail, je crois à la responsabilité, je crois à l'autorité, je crois à la solidarité mais je parle à tous les Français", a-t-il dit. "Je leur dis d'ailleurs que j'ai besoin d'eux, pas simplement de ceux qui sont de droite."
Il a dénoncé, sans le nommer, l'ambition de François Hollande de "réenchanter le rêve français" et a accusé son adversaire socialiste de manquer d'idées.
"Les Français choisiront. Qu'est-ce qu'ils veulent ? Est-ce qu'ils veulent une France faible ?" a-t-il ajouté. "J'en ai vu, dans ma longue carrière politique, des hommes politiques qui promettaient le rêve. Ça se termine toujours en cauchemar."
Le chef de l'Etat sortant tiendra sa première réunion publique jeudi à 17h30 à Annecy, en Haute-Savoie, avant un grand meeting dimanche à Marseille.
DEUX SEMAINES DÉCISIVES
Contrairement à 2007, il devrait s'entourer d'une équipe de campagne resserrée, où le rôle de porte-parole pourrait échoir à la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet. Son "QG", un espace de 500 m2 où il pourrait se rendre samedi, est situé au 18 rue de la Convention, dans le XVe arrondissement de Paris.
Les analystes jugent les deux semaines à venir décisives.
"En termes psychologiques, notamment pour ses soutiens et ses électeurs, mais aussi pour le camp adverse, il serait bienvenu que les courbes se mettent à bouger d'ici une semaine à 15 jours", estime ainsi Jérôme Fourquet, de l'Ifop.
"Pour l'instant il y a 25%-26% des Français qui souhaitent sa réélection. Il est déjà bien tard", renchérit François Miquet-Marty, de Viavoice. "Si le rapport de forces ne bouge pas au cours du mois de février, les choses seront très difficiles."
François Hollande, pour qui la mue du président en candidat est "un non-événement", a affiché une sérénité "tranquille" face à la frénésie médiatique qui a entouré sa déclaration.
"Le président-candidat est désormais candidat-président", a -t-il ironisé lors d'une réunion publique à Rouen, en Seine-Maritime, devant près de 10.000 personnes. "Quelle nouvelle, quel bouleversement, quelle sensation !".
"La vérité, c'est que le président-candidat est candidat depuis cinq ans. A peine élu, il était déjà en campagne, à peine entré, il était déjà sortant", a-t-il ajouté.
Pour le sénateur-maire socialiste de Dijon, François Rebsamen, un proche de François Hollande, c'est Nicolas Sarkozy qui est obligé aujourd'hui de prendre des risques.
"La fébrilité n'est pas chez nous, elle est en face", confiait-il à des journalistes quelques heures avant la déclaration présidentielle.


Reuters
Jeudi 16 Février 2012
La Dépêche d'Abidjan



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