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La Dépêche d'Abidjan

Niangon : Un homme assassiné à son domicile par un commando conduit par son voisin


Photo : DR
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Montémé Anéammin Elisée alias « Cissé Côte d'Ivoire », coxer communément appelé « syndicaliste » à la gare dite « Lavage » des woro-woro à Yopougon, a été exécuté. Le crime, commis à son domicile à Niangon, porte la griffe d’un commando d’hommes en tenue.

Les faits ont eu lieu le jeudi 5 mai dernier. Mais quelles sont les circonstances de ce drame ?

A en croire les informations à notre disposition, le jour des faits, « Cissé Côte d’Ivoire », la trentaine révolue, bénéficie d’une bonne petite sieste réparatrice. Là, tout d’un coup, il est violemment tiré des bras de Morphée par un tambourinement à sa porte. Lorsqu’il veut en savoir un peu plus sur le boucan fait, c’est l’un de ses voisins à qui on va attribuer les initiales de A.S, qui répond. C’est une connaissance, et donc Montémé ne se fait aucun souci. Mais lorsqu’il ouvre la porte, il voit son voisin, entouré de plusieurs hommes en tenue. Et sans autre forme de procès, les hommes en armes, avec la curieuse bénédiction de A.S, criblent le syndicaliste de balles. Puis, tous remontent aussitôt à bord de plusieurs véhicules de type 4X4 et disparaissent dans la nature. L’acte porte des marques d’un règlement de comptes.

D’ailleurs, on va le savoir. C’est que, toujours selon nos sources, A.S, qui se rend aussitôt après à son domicile, est interpellé par son père qui veut bien savoir ce qui se passe. Et c’est sans coup férir que le jeune homme explique qu’à sa demande, « Cissé Côte d’Ivoire » vient d’être « rayé » de la surface de la terre. Mais comment peut-il commanditer un crime ?

C’est la question que pose le vieil homme. Froidement, le fils répond qu’il n’a pas du tout digéré l’humiliation faite à son géniteur, par des miliciens. C’est que, à en croire les renseignements, au plus fort de la crise post-électorale, A.S débarque un de ces jours au domicile familial. Il est à bord d’un véhicule à l’intérieur duquel, on remarque la présence de plusieurs machettes ensanglantées. Des témoins de la scène, trouvant cela bien suspect avec toute cette vague de tueries, alertent des forces proches de l’ancien Président de la République. Les instants suivants, des miliciens, à la recherche de A.S, déclaré ennemi juré, investissent son domicile. Mais alors que lui s’est déjà fondu dans la nature, c’est son père qui est pris à partie avec tout ce que cela comporterait de mauvais traitements. Pour A.S, aujourd'hui au nombre des supplétifs des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire), « Cissé Côte d'Ivoire » fait partie de ceux qui, à l’époque, l’ont dénoncé auprès des forces pro-Gbagbo qui en étaient donc après lui et qui ont humilié son père. C’est ainsi qu’il a décidé de faire payer cela à son voisin. D’où l’expédition punitive au domicile de ce dernier, le jeudi 5 mai 2011. La suite, tragique, on la connaît. Mais pour C.A, jeune femme du défunt, « Cissé Côte d’Ivoire » est loin de la description faite de lui. Il n’a rien à voir avec la politique et n’aspirait qu’à gagner sa vie, honnêtement. Elle ajoute que le prétexte trouvé par A.S pour exécuter son homme, est simplement fallacieux. Puis de terminer que son Elisée, originaire de Bangolo, a été abattu au nom d’une épuration ethnique et rien d’autre. Alors, cette jeune dame, originaire du nord et récemment revenue de France (où elle s'était réfugiée avec les siens au début de la crise post- électorale), pour rejoindre le père de sa fille avec lequel elle entendait poursuivre sa vie, dans cette nouvelle Côte d’Ivoire annoncée, souhaite plus que tout, que justice soit rendue. Le crime de son homme ne doit pas rester impuni. Et pour cela, elle en appelle à l’esprit de justice des nouvelles autorités.

Madeleine TANOU in Soir Info
Jeudi 9 Juin 2011
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