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Nafissatou Diallo : "Je pleure tous les jours"

L'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn s'est exprimée en direct d'un centre protestant, avec le soutien de nombreux intervenants.


Nafissatou Diallo : "Je pleure tous les jours"
Après des interviews données aux télévisions américaines en début de semaine, dont ABC News - principale chaîne des États-Unis - Nafissatou Diallo apparaît une nouvelle fois en public dans le cadre d'une conférence de presse orchestrée par son avocat Kenneth Thompson. Nafissatou Diallo a été entendue pendant près de huit heures, hier, par le procureur de New York. Une intervention exceptionnelle pour une victime présumée, dans le courant d'une vaste opération visant à crédibiliser les propos de l'accusatrice de Dominique Strauss-Kahn. Cette conférence de presse très encadrée a eu lieu dans un centre protestant. Elle devait permettre à la plaignante de "remercier tous ceux qui l'ont soutenue" et de rassembler les Américains de tous bords derrière sa cause.

Cette nouvelle déclaration publique confirme le tournant "stratégique" emprunté par la jeune femme, qui sortait mardi d'une longue période de dix semaines d'anonymat complet.

Souffrances

Veste noire, chemisier blanc, Nafissatou Diallo s'est avancée sur la scène sous les crépitements des flashs. Kenneth Thompson a pris la parole au nom de celle qu'il appelle "Nafi". Il a déclaré représenter "toutes les femmes" maltraitées. Le pasteur Bernard, président du Christian Cultural Center, qui a pris la parole à son tour, a dénoncé une justice "captive de la fausseté". Selon lui, "Nafi" n'a eu aucun autre recours que celui de cette plate-forme pour s'exprimer. Il l'a félicitée de son courage, et de sa foi en Dieu. "Elle représente toutes les femmes victimes dans le monde entier", conclut-il.

Nafissatou Diallo s'est présentée ensuite au micro. Elle a déclaré avoir souffert ces derniers mois. "Ma fille également a beaucoup souffert, nous pleurons tous les jours, nous ne pouvons pas dormir." "Moi et ma famille traversons beaucoup de douleur", a-t-elle ajouté. "On m'a traînée dans la boue, j'ai entendu beaucoup de choses méchantes à mon sujet. C'est pourquoi je dois faire savoir aux gens que toutes les choses qui se sont dites depuis trois mois sont fausses." "Un jour ma fille m'a dit : 'S'il te plait, promets-moi que tu vas arrêter de pleurer. Les gens t'insultent car ils ne te connaissent pas. Cet homme est un homme puissant, tout le monde le sait. Je lui ai promis d'être forte, pour elle, pour toutes les femmes du monde entier."

"C'est trop pour moi et ma fille. Je ne veux pas que cela se reproduise. Je voudrais remercier tous ceux qui m'ont soutenue. Merci. Je me demande souvent : pourquoi moi ? Mais je veux juste remercier chacun et chacune d'entre vous."

De nombreux intervenants

L'intervention publique de Nafissatou Diallo s'est déroulée dans un centre communautaire chrétien situé à Canarsie, un quartier pauvre du sud de Brooklyn (sud-est de New York), au lendemain de l'audition pendant huit heures de la victime présumée dans les bureaux du procureur de Manhattan. La jeune femme, musulmane, était accompagnée, outre de son avocat Kenneth Thompson, du pasteur A. R. Bernard, directeur de ce centre, de Mohammed Nurhussien, président du United African Congress, et de plusieurs dirigeants d'organisations de défense des femmes.

Une quarantaine de personnes d'origine africaine se trouvaient debout derrière le podium aux côtés de Nafissatou Diallo. Une infirmière de Brooklyn, américaine d'origine camerounaise, en boubou jaune, 56 ans, Khadijah Shakur, est venue soutenir Nafissatou Diallo. "Je trouve qu'on ne la traite pas comme la victime qu'elle est. Si elle était blanche et Française et qu'il était noir, les gens ne la traiteraient pas comme ça. Elle a le droit de donner son témoignage. Il faut qu'il y ait un procès", a-t-elle dit.

Ombre

Les journalistes ont commencé dès le milieu de matinée à affluer à Brooklyn et à installer camions et antennes satellitaires dans le parking de cet immeuble qui héberge notamment des lieux de prière. L'audition de Nafissatou Diallo mercredi a porté entre autres sur une conversation téléphonique qu'elle a eue avec un ami emprisonné en Arizona pour une affaire de drogue, au lendemain des faits présumés. Début juillet, le New York Times avait révélé l'existence de cette conversation au cours de laquelle Nafissatou aurait affirmé en parlant de DSK : "Ce type a beaucoup d'argent, je sais ce que je fais." Cette conversation est l'un des éléments clés qui a fait vaciller l'accusation, entraîné la libération sur parole de DSK et jeté une ombre sur les motivations réelles de cette femme qui affirme avoir été agressée sexuellement le 14 mai dans une suite de l'hôtel Sofitel de New York.

À la sortie du bureau du procureur, Me Thompson a réfuté les propos rapportés. "Certaines choses ont été mélangées dans cette citation qui a été donnée au New York Times, a-t-il déclaré. Nous avons écouté cet enregistrement et il montre que la victime n'a jamais prononcé ces mots."

Lors de la conférence de presse de jeudi, Kenneth Thompson a conclu en annonçant qu'il souhaitait un procès, mais qu'en cas de non-lieu, il intenterait des poursuites au civil. Au sujet de Tristane Banon, l'avocat s'est dit "très heureux qu'elle ait fait tout ce chemin" pour venir à New York et essayer de "comprendre ce qu'il se passait". "Mais je ne peux pas en dire beaucoup plus, je ne représente pas Tristane Banon." Il a ajouté toutefois qu'il "pensait" qu'elle "disait la vérité".

lepoint.fr
Jeudi 28 Juillet 2011
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