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La Dépêche d'Abidjan

Municipales : Le forcing des ministres ! - Attention à la poudrière

Dans trois mois, les municipales. Comme un compte à rebours, l’approche de cette échéance électorale accélère la course à la mairie. Avec en tête du peloton des ministres … en sursis.


Municipales : Le forcing des ministres ! - Attention à la poudrière
Ils ont déjà une place au soleil. Ils sont tous ou presque des députés. Mais la qualité d’élu du peuple semble ne pas leur suffire. Des ministres, car c’est d’eux qu’il s’agit, cherchent à occuper un autre fauteuil : celui de maire. Pour ce faire, ils sont engagés corps et âme dans la bataille pour les municipales fixées à la date du 24 février prochain. En effet, ces ministres - en sursis depuis le mercredi dernier que le gouvernement a été dissous - sont au coude-à-coude avec d’autres camarades de partis. Objectif de cette lutte de positionnement, parvenir à s’imposer aux militants de base et sur la liste des candidats à la candidature. Malheureusement pour les illustres prétendants, ce n’est pas toujours que leur désir agrée la base. Elle s’étant fixée un leitmotiv : la liberté de choisir son candidat. Mais l’exigence est mise à rude épreuve. Le simple exemple de la commune d’Abobo où les ‘’républicains‘’ se sont affrontés en fin de semaine passée autour de la candidature du ministre-député Adama Toungara, maire sortant, est très parlant. Une frange des votants du Rassemblement des républicains (Rdr) estime qu’il faut une alternance à la tête de la commune. Laisser la place à un autre n’est pas l’avis des pro-Toungara. Pour en découdre, ils font bloc autour de leur champion au péril de leur vie. Les protagonistes ont fini par en venir aux mains. Ce cas extrême susceptible d’enflammer le vote dans trois mois à Abobo se présente aussi à des détails près à Koumassi. Là-bas, même si une unanimité apparente est perceptible entre ‘’républicains‘’ sur la personnalité du ministre-parlementaire Ibrahima Cissé Bacongo, le maire sortant issu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) n’entend pas jouer les seconds rôles. A Man, les collègues d’hier que sont Albert Flindé maire sortant de l’Union pour la démocratie et pour la paix (Udpci) et Sidiki Konaté du Rassemblement des républicains (Rdr) ratissent large depuis qu’ils ont informé les électeurs de leur volonté de briguer la magistrature communale. Comme eux, d’autres membres du gouvernement sortant mettent les bouchées doubles en vue de conquérir le fauteuil municipal. C’est maintenant ou jamais, semblent-ils dire par l’acharnement avec lequel ils investissent le terrain. Soit personnellement. Soit par leaders d’opinion, mouvements de soutien ou autres associations interposées. Le vote tranchera. D’emblée, force est de réaliser qu’en attendant une reconduction, peut-être, les ministres et futurs candidats jettent leur dévolu dans le sprint des municipales. A considérer leur élan, qui frise une rage de vaincre, on dirait même que la dissolution a donné un coup de fouet à leur précampagne. Par ailleurs, la stature de « haut cadre » du parti confère un privilège inattaquable. Du moins, c’est le prétexte dans lequel se murent des ministres candidats à la candidature pour faire prévaloir la primauté (?) de leurs ambitions sur celles des camarades concurrents. Mieux, certains d’entre eux disent être oints de fait de la caution de la direction du parti, au nom de leurs engagements et investissements au profit de la famille politique. Devant leurs arguments liés à la prospérité, à la popularité et à la reconnaissance due pour services rendus, il revient à la base de donner son dernier mot. Et le vote tranchera.

Bidi Ignace

Attention à la poudrière

Jeudi 15 novembre, une réunion du Rassemblement des républicains (Rdr) d’Abobo tourne à la bagarre. Deux jours plus tard, au cours d’une autre rencontre, l’argument des coups de poing prend le dessus sur la parole. A Marcory, certaines indiscrétions confient qu’une prétendante à la mairie jure que son rival devra marcher sur son corps s’il veut bénéficier du parrainage du parti. Ce dernier, maire sortant est pourtant son parent. C’est là juste une idée de la tension née du forcing que préparent des élus pour se succéder. En position de force, en s’appuyant sur l’appareil public et celui du parti, ils se donnent tous les moyens de garder leurs fauteuils. C’est de bonne guerre. Seulement que leurs adversaires n’entendent pas leur laisser le terrain libre. La bataille n’est plus larvée ; elle se fait en plein jour. Le feu ne couve pas ; sa fumée étouffe et sa flamme brûle à mille lieues. « Si on n’y prend garde, il risque d’y avoir mort d’homme… », confie off record, un cadre du Rdr qui dépeint la situation dans une commune d’Abidjan. Les autres formations ne sont certe pas des fleuves tranquilles mais c’est dans la case que les conséquences de la guerre aux municipales et aux régionales s’annoncent les plus désastreuses. Querelles fratricides qui pourraient porter un coup à la cohésion des formations.

BKI


Des maires qui s’accrochent

Ils n’y pas que les ministres qui font le forcing. Les maires sortants, surtout ceux qui n’ont encore réussi à tirer des marrons du feu, s’accrochent aussi. Ils veulent être reconduits. Et, pour ce faire, ils ne lésinent pas sur les moyens. C’est notamment le cas à Yopougon, à Marcory, à Gagnoa, à Daloa ou encore à Vavoua. Dans la plus grande commune d’Abidjan, le sortant, Bertin Yao Yao ne semble guère être effrayé par les républicains qui veulent aligner Gilbert Kafana Koné. Comme il a vu les choses venir depuis que le ministre de l’Intérieur lui a confié les destinées de la mairie, Bertin Yao Yao a donc commencé à tenter de faire son retard. Un exercice qui est loin d’être aisé. Il se frotte à un autre poids lourd, l’ancien député-maire Doukouré Moustapha qui pourrait défendre les couleurs du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci). A Daloa, si Diabaté Kramoko essaie de faire preuve de fair-play en se déclarant disposé à recevoir tous les dossiers de candidature, en vertu du fait qu’il est le secrétaire départemental du Rassemblement des républicains (Rdr), il ne manque pas de se poser en champion idéal. « Je connais ma force sur le terrain », assure-t-il, précisant d’ailleurs que « les 15 conseillers restés fidèles au conseil municipal sortant et qui constituent une liste homogène et représentative des communautés seront prioritaires dans la constitution du nouveau conseil municipal à venir ». A Vavoua, c’est surtout à une guerre fratricide qu’on risque d’assister. Le sortant, Théodule Diro pourrait avoir fort à faire face à son 4e adjoint et député, Mathurin Toalo Bi Doulo. Ça promet !

M Dossa

On se bat aussi pour les régionales

Même si en apparence elles ne soulèvent pas les mêmes passions, les régionales ne sont pas moins une source de tensions entre les cadres du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Les guerres de positionnement font moins de ravages parce que dans la plupart des cas, les prétendants semblent se neutraliser. Ce qui n’écarte toutefois pas la possibilité que lors du sprint final, ils sortent leurs armes lourdes pour se neutraliser avant le rond des urnes proprement dit. Et, les régions du Haut-Sassandra, du Bas-Sassandra, des Montagnes, du Goh semblent être quelques zones où la bataille pourrait prendre une forme ‘’tragique’’. Dans le Haut-Sassandra, par exemple, ceux qui annoncent les couleurs sont, pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Séri Bially, président sortant du Conseil général. L’enseignant à l’université Félix Houphouet-Boigny devrait avoir comme adversaires, Alexis Kpokpa, Antoine Gnizako, Me Zédia Bi Bally, tous trois hauts cadres du Rassemblement des républicains (Rdr). Mais, de sources bien informées, la joute pourrait avoir une affiche plus alléchante. On annonce, en effet, une possible entrée en scène du secrétaire général de l’ancien parti unique, Alphonse Djédjé Mady. Dans ce cas, assurent nos sources, il est fort possible que les républicains jettent dans la bataille, un dinosaure, en la personne de Mathieu Babaud-Darret, ministre des ex-Combattants et des victimes de guerre, dans le gouvernement dissout.
Dans le Bas-Sassandra, malgré un compromis local qui prescrit que le Rdr doit avoir la mairie et le Pdci, le Conseil régional, les disciples d’Henri Konan Bédié ne sont pas encore prêts à faire l’économie d’une guerre fratricide. Ni Alain-Richard Donwahi, ni David Loué, ni les députés Sali Poli et René Nétro ne veulent baisser la garde. Tous ces quatre cadres du Pdci maintiennent pour l’instant leur candidature pour les élections au Conseil régional du Bas-Sassandra.
Dans le Gontougo, c’est presque la même scène. Le professeur en agronomie, Koffi Dongo Babacaud n’est pas tout à fait disposé à ouvrir un boulevard au ministre Kobénan Kouassi Adjoumani, quoiqu’ils sont tous deux issus du Pdci et qu’ils ont besoin de force pour terrasser le seul cadre du Rdr qui se refuse à laisser l’ancien parti unique aller en roue libre.
L’ancienne région du Fromager, aujourd’hui devenue le Goh, pourrait aussi être un théâtre. Le cadre du Pdci, Djédjé Bagnon aura fort à faire face à un autre poids lourd de la scène politique locale. Le député Louis-André Dacoury-Tabley est dans les starting-blocks et est persuadé de coiffer Djédjé Bagnon au poteau. En somme, ni la longueur d’avance qu’ils ont tenté de prendre, ni les moyens qu’ils comptent déployer, ne sauraient à l’avance garantir la victoire aux candidats déclarés depuis longtemps aux régionales.

M. Dossa


La solution, tuer le cumul

Il y a de l’électricité dans l’air. La solution à toute cette tension (dont le pays gagnerait bien à se passer) réside visiblement dans la suppression du cumul de mandat. Comment comprendre qu’un individu déjà ministre, quoique c’est une fonction nominative, qui a été élu député prétende à la mairie ? Le bon sens ne l’accepte pas. C’est donc à raison que les adversaires des candidats au cumul qui revendiquent aussi leur droit de « manger » (parce que dans la plupart des cas c’est le but final, se servir au lieu de servir la population) crient à la gourmandise des seconds. Ces derniers ont un argument imparable : ils ne violent pas la loi. Soit ! Même si pour l’instant il s’agit plus d’éthique politique que de droit, cet argumentaire évoque la nécessité de légiférer sur la question. L’Assemblée nationale doit doter la Côte d’Ivoire d’un texte qui interdit clairement le cumul. Tout le monde y gagnerait. Même ceux qui ont l’appétit vorace et qui veulent occuper tous les postes électifs. Parce que la crispation qui naît à chaque veille d’élection n’est pas faite pour arranger le travail de l’adiministration. Aussi, les observateurs sont-ils d’accord dans leur grande majorité que les cumulards ne sont pas efficaces. C’est l’avis du président par intérim du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh), Me Yacouba Doumbia. «C’est une pratique qui est totalement inefficace dans la gestion, et plus particulièrement en Afrique où elle sert de passe-droit. Le bénéficiaire veut s’affubler de divers titres pour paraître l’homme le plus important de sa région ou de sa communauté. Les postes ne sont pas occupés pour servir l’intérêt général mais ils sont convoités pour se rendre incontournable », s’est-il exprimé dans le dossier paru dans Nord-Sud Quotidien du 14 novembre sur le sujet. Position partagée par le porte-parole principal du Rassemblement des républicains (Rdr), Joël N’guessan : « Le cumul pose problème, d’autant qu’on sait que la majorité de nos cumulards n’ont pas l’organisation nécessaire pour assumer pleinement l’ensemble des tâches. Mon souhait est que les gens admettent que quand ils ont un ou deux postes, cela est assez suffisant». Me Doumbia propose justement comme solution ce qui a été évoquée plus haut. « Il appartient au législateur, tenant compte de ce contexte africain-là où le titre n’a pas pour objectif de servir le peuple, de réglementer de sorte que ce cumul n’ait plus lieu», a confié le juriste. La balle est dans le camp du législateur.

Bamba K. Inza

In Nord Sud

Jeudi 22 Novembre 2012
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