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LA LIBERTÉ D'INFORMER

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Mon opinion : Libye et Cote d'Ivoire, dans quoi nous sommes-nous vraiment engagés ?


Photo : DR
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Les nouvelles ne sont pas bonnes. Ni en Libye, ni en Cote d'Ivoire, où nos forces armées sont engagées dans des combats politiquement incertains. Peu d'observateurs et d'experts se risquent à briser le consensus sur ces actions, à en interroger, non seulement l'efficacité, mais également l'opportunité et la légitimité. Il le faut pourtant, sans pour autant se départir d'un soutien inconditionnel aux militaires français qui y participent en notre nom. Car ces guerres ne sont pas celles de l'armée française, elles sont celles de la France et des Français. Cela nous engage tous, nous les citoyens français.

En Libye : les frappes aériennes durent depuis plus de trois semaines et Kadhafi est toujours là. Les mauvaises surprises s'accumulent.
1) La capacité de résistance et d'adaptation des troupes loyalistes, qui agissent de manière professionnelle et rationnelle. Leur aviation a été détruite, leur "poing blindé" également. Ils utilisent des véhicules banalisés, se réfugient dans les zones urbaines, misent sur leur artillerie d'une portée de 20 km. Bref, ils se protègent et gardent l'initiative sur le terrain. Faut-il s'en étonner ? La guerre serait si jolie si l'ennemi se comportait comme un allié, s'offrant sans résister ni répondre à nos coups, et se conformant poliment à nos désidératas. Grâce à ses milliards et à de vieilles solidarités tribales, Kadhafi conservent des troupes et des bastions. Il peut même faire appel à des mercenaires, et pas les plus nuls comme ces Tchadiens que l'armée française a depuis longtemps appris à respecter. Notre problème, à nous occidentaux, c'est que nous méprisons trop nos ennemis. On s'attendait vraiment à ce qu'ils se débandent au premier passage d'un avion de chasse dans le ciel ?
2) L'inexistence militaire de l'insurrection. Pour qualifier les "forces" insurgées, mon confrère du Figaro Adrien Jaulmes a trouvé une excellente formule : "des manifestants armés". Rien d'autre. Les insurgés n'ont aucune capacité militaire : il aurait été utile de s'en rendre compte avant de s'engager dans une guerre qui reposait sur deux idées : dans le ciel, les Occidentaux, au sol, les insurgés. Il manque un élément de cette équation... Où sont les rapports initiaux sur l'évaluation de leurs capacités ? Qui, à part BHL, a fourni des données fiables ? Devant une telle impréparation, mieux vaut rire que d'avoir à en pleurer... Que voit-on aujourd'hui ? Des insurgés qui aimeraient que l'Otan gagne leur guerre à leur place. Ils dénoncent l'inaction des forces occidentales et, d'un même geste, les quelques bavures. Comme si ces bavures n'étaient pas la conséquence malheureusement inévitable de l'action aérienne. Plus de frappes, ce sera plus de bavures. Sachant que l'insurrection n'a aucune chance de conquérir la Tripolitaine, on fait quoi, chef ?
3) La coalition fragilisée. Les médias français ont été d'une grande discretion sur l'information capitale de cette semaine : le retrait américain. Depuis lundi soir, l'aviation américaine ne participe plus aux frappes, même si elle continue à fournir du soutien (ravitaillement, guerre électronique, contrôle). La France avait contraint les Etats-Unis à s'engager dans une guerre dont ils ne voulaient pas... à l'exception de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. Deux semaines (et deux tiers des frappes...) et puis s'en va ! La France se retrouve en première ligne, avec une moyenne de 32 sorties quotidiennes et onze cibles détruites en une semaine. Avec Paris ? Les Britanniques, dont l'effort est moins important. Le reste ? Les Italiens ne font que du "show of force", les Espagnols du soutien, les Qataris ne restent que 15 minutes au dessus de Benghazi pour y chasser d'improbales avions libyens, etc. Voilà la réalité militaire de cette coalition. Quant aux conséquences politiques, le tableau n'est pas brillant : des Etats-Unis timorés, une Europe divisée, des pays du Sahel hostiles, des Russes, des Chinois, des Brésiliens, des Indiens contre...

En Cote d'Ivoire, Laurent Gbagbo est toujours là et il semble même avoir repris provisoirement du poil de la bête. Le weekend dernier sa chute semblait imminente, comme celle de Kadhafi il y a un mois. Le monde serait-il plus compliqué qu'on nous le serine ? Que voyons-nous ? A l'automne dernier, la France estimait que la Cote d'Ivoire était engagée dans un "cycle vertueux " qui allait permettre le départ des troupes françaises. Paris se tenait, autant que faire se pouvait, à l'écart de la scène ivoirienne. Sage politique. Tout a dérapé avec l'élection présidentielle et la France, comme la communauté internationale, a pris fait et cause pour le président Alassane Ouattara, légalement élu. Face aux blocages politiques, il n'y a avait que deux solutions : la négociation ou la force. La force a prévalu. On voit donc la France se réimpliquer militairement comme jamais dans une crise interne africaine, avec le spectacle de nos hélicoptères de combat ouvrant le feu sur des sites présidentiels... Les troupes de Ouattara ont reçus de l'aide bienveillante de la part des Français... Il est vrai que le président Ouattara est un ami : ancien directeur adjoint du FMI, marié à une Française (qui gérait le fortune d'Houphouët-Boigny) par Nicolas Sarkozy lui-même à Neuilly, en présence de leur ami commun Martin Bouygues... Ouattara a été élu, s'assurant des scores soviétiques dans les zones tenues par ses troupes. Des troupes, les ex-Forces nouvelles que les militaires français connaissent bien. Pas toujours recommandables. Il faut lire le dernier rapport de l'association Human Rights Watch pour découvir les exactions (massacres ethniques, viols, etc) qu'elles ont commises dans l'ouest du pays. Les Français savent-ils vraiment que ces troupes sont nos alliées ? Certes, le camp d'en face n'est guère plus recommandable....

La Libye et la Cote d'Ivoire sont-elles nos guerres ? Du point de vue du droit international, rien à redire. la France agit dans le cadre de résolutions des Nations Unies (1973 et 1975)... qu'elle a fait adopter. Mais fallait-il vraiment le faire, fallait-il tant d'activisme ? A chacun d'en juger, mais avec toutes les cartes en main.

Jean-Dominique Merchet in marianne2.fr
Dimanche 10 Avril 2011
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