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Me Emmanuel Altit, l’avocat de Gbagbo fait des révélations : «Nous avons de bonnes chances de gagner»


Me Emmanuel Altit, l’avocat de Gbagbo fait des révélations : «Nous avons de bonnes chances de gagner»
Me Emmanuel Altit, la cour pénale internationale (Cpi) vient de reporter la date de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo. Qu’est-ce que cela vous inspire en tant qu’avocat de Laurent Gbagbo ?

C’est une excellente chose que la cour pénale internationale ait constaté qu’il y avait un déséquilibre dans les moyens dont disposaient un côté, l’accusation et de l’autre la défense. C’est pourquoi, elle a reporté l’audience de confirmation des charges. Et ce déséquilibre, nous le dénoncions. Il est désormais pris en compte par la cour, c’est une excellente chose.

Concrètement est-ce que ça veut dire que la cour va vous doter de moyens pour pouvoir assumer de façon pleine et entière, la défense de votre client ? Ou bien c’est à vous qu’il revient de rechercher les ressources nécessaires pour défendre votre client ?

Ce n’est pas à nous de rechercher les moyens. Ils doivent nous être donnés par la cour pénale internationale pour une raison simple. C’est que la cour a considéré que le président Gbagbo était indigent et qu’il n’avait pas de moyens. C’est donc à elle de prendre en charge sa défense. Et pour que la défense soit bien assurée,
il faut que l’avocat de la défense ait les moyens nécessaires afin que cette défense soit effective et efficace.

Après cette étape de report de confirmation des charges, à quoi le conseil du président Gbagbo va-t-il s’atteler maintenant ?

Pour nous, ca ne change rien. Nous travaillons tous les jours à préparer l’audience des confirmations des charges, à enquêter, à déposer des requêtes, à répondre aux documents qui sont en présence, à gérer le quotidien et à préparer cette date extrêmement importante qui sera l’audience de confirmation des charges.

Pour vous, quelle sera la bonne date pour l’audience de confirmation des charges?

Il n’y a pas en soi de bonne date pour que l’audience prenne tout sens. Et que les juges puissent se prononcer de façon suffisamment éclairée, que nous soyons prêts, que l’équipe de la défense dispose donc de moyens nécessaires pour faire son travail.

Mais Me Altit, il y a également la question du temps qu’il vous faut pour examiner les documents que le procureur a porté à votre connaissance concernant les accusations sur la responsabilité de votre client ?

Absolument, ça demande beaucoup de temps. Mais, il n’y a pas que cela. Mais vous avez tout à fait raison. L’examen minutieux et critique des éléments que l’on nous a transmis, prend énormément de temps.

Votre travail est-il facilité ici en côte d’ivoire pour recueillir des éléments pouvant vous permettre de mieux défendre votre client?

On ne peut pas dire que les autorités ivoiriennes nous facilitent les choses. Non. Ce serait plutôt le contraire.

Aujourd’hui comment se porte Laurent Gbagbo ?

Ecoutez, il se remet petit à petit de ces conditions extrêmement difficiles de détention dans lesquelles, il est resté pendant huit mois à Korhogo. Vous savez que ça a été un moment pénible. Et il travaille à sa défense. Il est plus combattif que jamais, il est plus déterminé que jamais à montrer aux juges quelle a été la réalité des choses.

Est-ce vous avez quelques recommandations vis-à-vis de la Cpi ?

Nous n’avons pas de message particulier, nous faisons notre travail du mieux que possible. Et bon souhaitons que le processus qui est en cours aujourd’hui, soit un processus équilibré, un processus équitable. Car il n’y a pas de justice sans équité, sans équilibre. Il n’y a pas non plus de justice sans une défense qui soit suffisamment puissante et active pour agir de la meilleure manière possible pour porter la parole de la personne en cause.

Pensez-vous que votre client a des chances de s’en sortir au regard des accusations portées contre lui ?

Pour l’instant, il n’y a pas d’acte d’accusation. Il n’y a que des allégations formulées dans un document portant les charges. Ces allégations seront discutées non pas dans le fond mais dans la forme en quelque sorte, dans leur apparence lors de l’audience de confirmation des charges. Et c’est seulement si les juges considèrent que le procureur dispose d’éléments qui lui permettent d’initier, de commencer un procès, qu’il y aura procès. Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Mais, s’il y a procès alors bien entendu, nous avons de bonnes chances de le gagner.

Propos recueillis par Fabrice Tété
Sur Onuci Fm

Vendredi 15 Juin 2012
La Dépêche d'Abidjan



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