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Mamadou Koulibaly prépare t-il une autre rébellion ?


« On m’empêche d’être candidat (à la présidentielle) parce que je suis du Nord et musulman ». Alassane Dramane Ouattara
« Le Fpi est un parti tribal. Il m’a été rappelé que j’étais là juste pour donner une coloration nordiste à la chose qu’ils avaient, à leur pouvoir. » Mamadou Koulibaly


Dans sa stratégie de « pêche » aux militants, Mamadou Koulibaly utilise des méthodes qui nous rappellent de tristes mauvais souvenirs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il y a à craindre une autre rébellion. Le président du Lider, «  Mister Clean », (puisqu’il se presente comme l’homme propre, celui qui n’a jamais fait quelque chose, le plus parfait, le plus intelligent de tous) fait feu de tout bois en ce moment. Il multiplie les déclarations et les interviews, pressé de se positionner rapidement sur l’échéquier national comme le leader de l’opposition forte et crédible face à Ouattara. Sa cible préférée est le président Laurent Gbagbo dont il veut effacer l’image de la mémoire collective. Chose quasi impossible.
Ce qui intrigue dans ses méthodes, ce n’est pas trop le fait qu’il critique le président Laurent Gbagbo et ses anciens camarades de lutte (critiques d’ailleurs « loufoques » si ce n’est pour faire de la publicité), mais sa grande propension à utiliser la fibre ethnique et régionale dans ses sorties. Tout le monde se souvient encore comme si c’était hier, qu’en octobre 1999 à Paris, Alassane Dramane Ouattara déclarait : « On m’empêche d’être candidat (à la présidentielle) parce que je suis du Nord et musulman ». Cette sortie qui n’était pas innocente a suffi à attiser les tensions ethnico-regionales, exacerber les passions religieuses et dresser les « ivoiriens du Nord » contre leurs frères des autres régions. Tous les ressortissants du Nord se sont mis en ordre de bataille derrière leur symbole, leur messie : Alassane Dramane Ouattara. La suite nous la connaissons. Après le coup d’Etat de décembre 1999, il eût encore le 19 septembre 2002 un autre coup d’Etat cette fois manqué mais mué en rébellion armée qui a occupé pendant une décennie la partie septentrionale du pays. Fait marquant, la rébellion est composée majoritairement de soldats et dozo ayant un dénominateur commun : ils appartiennent à la même aire culturelle, linguistique et religieuse.
Aujourd’hui, Mamadou Koulibaly s’y met aussi, curieusement avec la même stratégie que ADO. D’abord, il se propose avocat des étrangers qui ne doivent pas nous faire « peur » car constituant une « chance pour nous » accusant malicieusement ses camarades d’hier de xénophobes, ensuite, il se présente comme le « rejeté » de son ex-parti à cause de son appartenance nordiste. Ecoutons le : «  (…) Je suis parti du Fpi à cause des relents tribalistes qui y sont devenus plus vifs, et qui ne me convenaient plus. Le Fpi avait pour vocation d’être un parti national et non un club de soutien, une entreprise familiale ou un parti tribal ». (In le Pan-African Visions du 03/08/11) « (…) A différents moments, il m’a été rappelé que j’étais là juste pour donner une coloration nordiste à la chose qu’ils avaient, à leur pouvoir. J’ai entendu cela même à des réunions officielles. Ce sont les mêmes qui disent que Affi N’guessan qui est un Akan, est là pour donner un coloration akan à leur parti de l’Ouest… Certaines voix du parti se plaisaient à me traiter avec les plus grossières inconvenances. Si je devais aller rejoindre mes frères du Nord, je ne serais pas allé militer au Fpi. Ouattara était déjà premier ministre en Côte d’Ivoire quand j’étais jeune prof à la fac, ce n’est pas l’occasion qui a manqué pour m’attirer autour de lui. Je ne suis pas allé au Fpi parce que je cherchais à représenter un groupe ethnique au sein d'un parti. Je me suis rendu compte que beaucoup était au Fpi pour des raisons tribales et n'avaient aucune conviction politique, aucune vision politique, mais ils y étaient parce qu'ils sont du village de Gbagbo, ou de la région de Gbagbo ou du département de Gbagbo… C'est d'ailleurs ce qui a perdu le Fpi.
» (In aubenouvelle.net)
C’est vraiment pathétique que quelqu’un qui était la deuxième personnalité puisse se laisser aller des dérives tribales qui peuvent être lourdes de conséquences. Ce sont ces mêmes accusations farfelues qui ont tué le ministre Désiré Tagro. A voir l’organisation du Fpi, les différents gouvernements du président Laurent Gbagbo et les différents scores de la LMP ; même avec les scores truqués de Choï, on peut sans risque de se tromper dire qu’il n’ y a pas un parti en Côte d’Ivoire qui soit plus national que le Fpi. Le président Laurent Gbagbo n’a pas réalisé des scores soviétiques dans sa région à la différence de son adversaire. Et, que dire alors du PDCI. Toutes les nominations proposées par Bédié viennent de sa région. Le RDR, là n’en parlons pas.
Bref, si la situation était telle que décrite aujourd’hui par Mamadou Koulibaly, pourquoi avoir attendu si longtemps avant de démissionner de cette « entreprise familiale » ? Quand on n’est pas d’accord on dit non. Il n’ y a pas de « oui mais » qui tienne quand on se dit homme de conviction. Pourquoi avoir profiter tout ce temps des largesses de « leur pouvoir » tribal sans rien dire ? Pourquoi avoir attendu que celui qui doit lui apporter la contradiction soit en prison avant de déverser sur lui toute sa négativité ? A moins que cela ne cache quelque chose. Combien étaient-ils ces cadres de l’Ouest, ou de la région de Laurent Gbagbo, à de haut postes de responsabilité dans son administration au dépend de ceux des autres régions? Si le président Laurent Gbagbo voulait donner une « coloration akan » à son administration, il y a de nombreux cadres akan très influents au PDCI qui étaient prêts à travailler avec lui. Il aurait pu les choisir. Mais, Affi N’guessan dont il parle, a été proposé par Aboudramane Sangaré parce que ce dernier d’abord directeur de cabinet de Laurent Gbagbo, ensuite son directeur de campagne le connaissait mieux.
Ce n’est pas en criant à tue-tête, que l’on démontre qu’on est un opposant crédible. Et, puis est-ce un crime que de respecter la constitution de son pays qui vous déclare vainqueur d’une élection ? Laurent Gbagbo n’est plus au pouvoir, alors pourquoi tout ce acharnement  sur sa personne. Désormais, c’est le pouvoir de Ouattara qui doit faire l’objet d’attention. Si, Mamadou Koulibaly pense qu’en essayant de briser l’image de Laurent Gbagbo, il pourra retourner ces sympathisants et militants contre lui pour les « inscrire » dans son « école de pensée », il se fout le doigt dans l’œil. Toutes ces tactiques mesquines ; arrestation du président le 11/04/11, il démissionne le 11/05/11 du Fpi et lance son parti le 11/06/11 ; sont vouées à l’échec. Qui plus est, tout le monde sait qu’il magouille en sourdine pour ne pas que le président soit libéré croyant trouver là l’occasion pour se positionner. Qui a dit que tous les moyens n’étaient pas bons pour devenir président de la République. Lamentable.

Tiekpo charles
tiekpocharles@yahoo.fr

Samedi 3 Septembre 2011
La Dépêche d'Abidjan



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La Dépêche D'Abidjan | 04/05/2011 | 2075 vues
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