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MARQUES VISIBLES DE L'ESCLAVAGE ET DU COLONIALISME : MES PROPOSITIONS ET MA POSITION DANS LE DÉBAT ACTUEL.


Joseph Gallieni, général français, gouverneur de la colonie de Madagascar
Joseph Gallieni, général français, gouverneur de la colonie de Madagascar
Dans son adresse du dimanche 14 juin 2020/aux Français, Emmanuel Macron, le président français, répondant à ceux qui réclament le déboulonnage des statues de person nages historiques français ayant marqué l'esclavage et le colonialisme, a dit: "La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n’oubliera aucune de ses œuvres, elle ne déboulonnera pas de statues. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre histoire, toutes nos mémoires, notre rapport à l’Afrique en particulier, pour bâtir un présent et un avenir possible d’une rive à l’autre de la Méditerranée."

Oui, je suis d'accord avec Emmanuel Macron. Je suis d'accord avec lui parce qu'aucun peuple ne peut et ne doit renier ou oublier son histoire, sa propre histoire.
Cependant, lorsque cette histoire est commune et constitue une gloire pour une partie (la France), une douleur pour l'autre partie (les Noirs, les peuples colonisés), il faut faire preuve d'une grande intelligence voire d'une ingéniosité en vue de réparer ce qui peut l'être. N'est-ce pas Monsieur Macron quand on est soi même convaincu que "la colonisation est un crime contre l'humanité" ?

Oui, la France peut et doit réparer le préjudice moral que continuent de causer encore les traces visibles de l'esclavage et de la colonisation sur les peuples qui en ont été les grosses victimes et qui en sont marqués négativement de façon séculaire sur des générations entières.
Puisque pour Macron "nous devons plutôt regarder ensemble lucidement nos mémoires, notre rapport à l'Afrique", nous lui proposons de construire un musée de l'esclavage et de la colonisation sur le territoire français. Dans ce lieu qui fera partie du patrimoine historique et culturel de la France, l'on pourrait exposer les statues et autres objets liés à ce passé historique glorieux pour la France et nauséeux pour nous. Il pourra faire marquer en dessous de chaque pièce les noms et les hauts faits d'histoire qu'elle représente. Ainsi tous ceux des historiens ou simples individus férus d'histoire désireux d'en savoir plus pourront visiter ce musée.
Comme par exemple, en avril 2019, j'ai visité l'île de Gorée près de Dakar au Sénégal. Là bas j'ai pu voir la maison où l'on a entreposé de milliers d'esclaves africains avant de les faire passer par la porte de non retour qui les a conduit en Amérique; la maison où naquit le Député Blaise Diagne, qui fut un agent recruteur de tirailleurs sénégalais pour le compte de l'armée française durant la guerre de 1914-1918.

Mais en réalité, il faut que nous, Africains, soyons lucides et conséquents avec nous-mêmes. Si nous voulons que le combat que les Noirs ont entamé depuis le meurtre de George Floyd par un policier raciste aux États-Unis, le 25 mai 2020 à Minneapolis, aboutisse à l'effacement effectif des marques de l'esclavage et du colonialisme, symboles historiques du racisme, nous devons commencer par et dans nos pays respectifs.
En effet, nous ne pouvons pas demander à la France qui magnifie un héros de déboulonner la statue du général Gallieni (porté par des femmes aux seins nus) de La Place de La République de Paris pendant qu'un camp militaire porte son nom à Abidjan. On ne peut pas demander aux Français de débaptiser les rues portant le nom de Gabriel Angoulvant à Paris alors qu'il y a un boulevard qui porte encore le nom de Angoulvant à Abidjan. Or il est de notoriété publique que Angoulvant en décidant dès 1916, "la pacification de la Côte d'Ivoire" a été celui qui a brisé la résistance ivoirienne dans le sang pour installer dans la durée la France coloniale en Côte d'Ivoire. Comment peut-on encore avoir à Saint-Louis du Sénégal une statue de Faidherbe? Comment la ville ébrié près d'Abidjan peut elle encore s'appeler Bingerville du nom de Louis Gustave Binger, premier gouverneur colonial de la Côte d'Ivoire ? Comment peut on encore accepter que notre pays soit toujours désigné par ce nom Colonial "CÔTE D'IVOIRE", là où le l'ancienne Gold Coast est devenue Ghana en 1957 et l'ancienne Haute Volta, Burkina Faso?

Je suis d'accord que les Français effacent les traces de la colonisation sur leur sol mais il est important voire primordial que nous effacions de nos pays toutes les marques de la colonisation qui y sont encore visibles.

Zadi Vacka
Vendredi 19 Juin 2020
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