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Libérer LAURENT Gbagbo et reconquérir le pouvoir : Les deux volets de notre combat


Libérer LAURENT Gbagbo et reconquérir le pouvoir : Les deux volets de notre combat
Avec la confirmation des charges contre le président L a u r e n t Gbagbo, il est temps que nous nous asseyons pour réfléchir sur des perspectives nouvelles de la lutte que nous menons en ce moment.Dans cet objectif, clairement affiché, je fais ici part de mes réflexions pour une contribution au débat.Tout le monde entier sait aujourd’hui ce qui s’est réellement passé en Côte d’ivoire sous la présidence Gbagbo de 2000 à 2011. Il n’est donc pas question pour ma part de revenir sur les évènements. Tout a été dit et redit. Il s’agit plutôt de poser la problématique de la lutte en termes clairs en tenant compte de la nouvelle donne dans ce qu’il est convenu d’appeler « le procureur de la CPI contre Laurent GBAGBO ». Mais aussi de la situation politique sur le terrain en Côte d’ivoire. Il est plus que jamais nécessaire de savoir Ce que nous voulons exactement et réellement dans cette affaire ;Comment nous nous prenons pour arriver à la satisfaction de nos voeux concernant l’affaire Gbagbo et le repositionnement véritable du FPI sur la scène
politique nationale ;

I-CE QUE NOUS VOULONS

C’est une vaste entreprise si nous devons répertorier nos voeux dans ce que nous vivons actuellement dans notre pays depuis la guerre qui a liquidé le pouvoir du président Gbagbo. Mais pour ne pas être frappé d’utopie, nous devons retenir l’urgent dans l’affaire,le dégager clairement et le faire savoir.En effet, l’inculpation et la détention de Laurent GBAGBO sont des faits grossiers qui choquent la décence humaine.Cependant ses geôliers (en fait l’establishment français) ne sont pas prêts à lâcher du lest dans cette affaire parce qu’ils veulent châtier Gbagbo « le rebelle », le « récalcitrant », afin que son sort serve de leçon à tout « désormais imprudent »qui osera faire comme lui. De ce point de vue, ils sont prêts à le garder aussi longtemps que possible en détention jusqu’à ce que mort politique et même physique s’en suive.
Nous pensons que tout le monde veut la libération, ici et maintenant, de Laurent GBAGBO et sa réhabilitation.
Comme nous le voyons, il n’y a pas débat sur ce point. Autre chose que nous voulons actuellement,c’est le retour du Front Populaire Ivoirien(FPI) au pouvoir. Parce que tous les militants et sympathisants estiment que le pouvoir FPI a été injustement combattu par la France. En conséquence, il est plus que nécessaire de revenir aux affaires afin que le parti puisse dérouler et exécuter son programme de gouvernement et son projet de société. Pour ma part, ce sont ces deux aspects de ce que nous voulons que j’ai dégagés comme priorité.Maintenant la problématique qui se pose clairement est de savoir comment nous faisons pour résoudre ces deux questions qui apparaissent comme des objectifs majeurs à atteindre à court et moyen termes.

II- COMMENT FAIRE ?

Je ne suis ni politique, ni diplomate de carrière, ni membre de la direction du FPI.Mais je voudrais à toutes fins utiles poser une question fondamentale : comment avonsnous fait pour faire libérer les dirigeants du FPI dont le président AFFI Nguessan contre la volonté de Ouattara ? De la réponse à cette question essentielle découlera une stratégie politique nouvelle en vue de faire avancer nos dossiers.
Pour ma part, et sans me tromper aucunement, je voudrais indiquer que c’est la voie diplomatique souterraine qui nous a donné satisfaction. Je ne voudrais pas soulever une polémique inutile en disant que sur le dossier de la libération des dirigeants du FPI, le Pr MIAKA Sylvain, contre toutes les injures et suspicions a bien joué. Il a su manoeuvrer pour prendre langue avec le pouvoir Ouattara et le gouvernement français. Car malgré notre volonté farouche de souveraineté,la Côte d’ivoire, à l’image de toute l’Afrique apparait comme la « manne nourricière » de l’Etat colonial.

Ce pays sera longtemps la « chasse gardée » de la France qui fera tout ce qui est pour le maintenir dans sa sphère de domination.

De ce point de vue, la Côte d’Ivoire dégage un intérêt stratégique particulier pour la France. Nous devons savoir manœuvrer pour nous positionner dans le paysage des relations avec la France en mettant en avant le réalisme politique. Nous devons donc dégager nos priorités du moment en tenant compte des réalités et des besoins qui les
caractérisent. Parce que le destin,la prospérité et la sécurité de notre pays et de notre peuple sont de plus en plus en jeu.

Il faut nécessairement faire émerger, à notre niveau et dans nos rangs, une pensée stratégique nouvelle qui devrait concilier idéologie et politique du moment. Pour ce faire, il faut reconnaitre, avec courage et sans honte, notre position actuelle de faiblesse. Il faut faire le mort en quelque sorte pour un moment.En conséquence, nous pensons que, plus que jamais, le moment est venu pour le FPI de dégager une nouvelle approche de la situation politique qui est la nôtre actuellement.
En effet, nous estimons que la direction du parti doit entrer en négociation directe avec le parti socialiste français qui, en réalité devrait être notre allié politique, pour faire la paix.
Cela peut subséquemment nous ouvrir les portes de l’Elysée, véritable maître d’œuvre de la crise ivoirienne.
Aux uns et aux autres, pendant ce temps, nous demandons la paix des braves. Nous devons désarmer nos coeurs et nos écrits contre la France et ses dirigeants. Tous les groupes constitués pour la lutte doivent se retrouver et envisager, ainsi,une nouvelle stratégie qui doit nécessairement épouser et privilégier la voie diplomatique,de compromis, de négociation.Quittons, un tant soit peu, Facebook pour faire la politique en vue de la libération du président Gbagbo et de tous les détenus de notre bord.

Pour ce qui est de la reconquête du pouvoir, la direction du parti sait ce qu’elle doit faire. Mais, pour ma part, je pense qu’il faut discuter franchement et sérieusement avec
le pouvoir en place de toutes les conditions de normalisation de la vie politique en Côte d’Ivoire. Nous ne devons plus vivre en marge de la Côte d’ivoire qui est, après tout,
notre pays.

ZADI ZOKOHI SIMPLICE
Historien, Normalien
Diplômé de Relations Internationales
Jeudi 31 Juillet 2014
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