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Lettre ouverte à Akoun – La faute politique qui tourne tout aussi le dos à Gbagbo


Lettre ouverte à Akoun – La faute politique qui tourne tout aussi le dos à Gbagbo
Camarade militant du FPI,

J’ai parcouru avec beaucoup d’attention les griefs égrainés contre le président du Parti et je continue toujours de me demander ce qui justifie la sortie très médiatisée d’un syndicaliste et politique aussi chevronné que toi. Figure de référence de la gauche ivoirienne, tu as d’abord partagé les idéaux de Francis Wodié au PIT, à l’avènement du multipartisme. Lorsque le prof. Wodié commence à s’enliser dans son fameux slogan « conférence nationale » et à multiplier ses errements politiques, tu claques aussitôt la porte et rejoins les rangs du parti du président Gbagbo. Et depuis, tu y jouis de la réputation d’homme de grande probité morale et de conviction. Alors que certains cadres du parti ont montré des faiblesses face à la tentation des privilèges matériels de l’exercice effectif du pouvoir d’Etat, tu es resté au-dessus de la mêlée, sobre et digne. A la grande satisfaction et à l’honneur des nombreux militants!

L’idéologie politique est morte, la Real-politique est née

Lorsque la presse annonce ta volonté de riposter à la décision du président du parti, beaucoup pensent sincèrement qu’en tant que Secrétaire Général et porte-parole du parti, donc un sachant aguerri, tu détiens des éléments de premières mains qui sont gravement compromettants pour le président Affi. Par exemple, un plan secret de deal avec le pouvoir actuel, corruption gravissime, documents suspects, rencontres secrètes personnelle parallèles aux rendez-vous officiels du parti, etc. Mais au terme de ton intervention fleuve, rien de tout ça, les griefs ne portant que sur des questions de procédure, de ligne du parti, d’idéologie du parti, de choix des individus, de postes à pourvoir. En somme, sur des questions qui relèvent du fonctionnement interne de tout groupement politique. C’est-à-dire, rien d’aussi grave que la douleur que vivent les populations, qui justifie un tel acte de défiance spectaculaire vis-à-vis du président du parti.

Camarade Akoun, l’action politique telle qu’elle se perçoit et s’exerce aujourd’hui, au 21ème siècle, n’est plus tributaire de l’idéologie. Et le président Gbagbo lui-même avait déjà tranché la question de la hiérarchie entre idéologie et pragmatisme politique quand le problème de l’alliance avec le RDR s’était posé en 1995. Alors que beaucoup de compagnons de l’époque dont Dacoury Tabley, Don Mello, etc. le lui reprochaient, il a répondu qu’il n’était pas enfermé dans l’idéologie. Aujourd’hui, à l’heure de l’interpénétration des intérêts géopolitiques des petites et grandes nations, ce glissement est encore davantage d’actualité et la Real-politique est devenue la donne, par sens de responsabilité !

C’est au nom de ce nouvel instrument de mesure de l’action politique que Vladimir Poutine, à la tête d’une puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, tient tantôt tête à l’Occident, baisse tantôt la garde, pour ne pas tomber dans l’isolement. Le dossier ukrainien en est une belle illustration : il a dû lâcher les séparatistes ost-ukrainiens au bon moment pour ne pas s’exclure de la communauté internationale. Car, après sa victoire (sur l’Occident) en Syrie et en Crimée, il a compris qu’il était temps de baisser la garde, au risque d’hypothéquer ses acquis. Mohamed Morsi l’ex-président Egyptien a fait les frais de cette Real-politique dont il a voulu faire fi, lui qui a obtenu le suffrage de près de 60% du peuple égyptien.

C’est pourquoi, je considère que se fonder sur des considérations idéologiques et procédurales pour affaiblir Affi N’guessan, s’apparente à du dilettantisme politique. Cela constitue même une faute politique grave. Car cette sortie fragilise inutilement l’opposition, et crée de ce fait les conditions d’un second mandat pour Dramane Ouattara. Dans ces circonstances, qui de toi, Douaty, Kipré et tous ceux qui veulent la tête d’Affi, et le président du parti, tourne vraiment la page Gbagbo?

CRISE AU FPI: SOUTENONS TOTALEMENT AFFI NGUESSAN !


Face à la souffrance multiforme que Dramane Ouattara et sa cohorte d’analphabètes de FRCI infligent à la majorité de la population ivoirienne depuis trois ans, le FPI peut-il se permettre le luxe de se désunir?

Depuis quelques jours, le FPI est en proie à de graves dissensions politiques. Elles semblent avoir pris une autre dimension au lendemain de l’annonce du renouvellement de l’équipe dirigeante par le président du parti, Pascal Affi Nguessan. Si la Côte d’Ivoire ne traversait pas une grave crise politique et sociale, on aurait dit que ces clivages relèvent de la vie normale interne aux partis politiques, faite d’échanges de vues parfois virulentes et divergentes, d’accords et de désaccords. Mais notre pays est crise politique. Il est aux mains de dirigeants frustrés et revanchards n’ayant pour tout programme d’action que les règlements de compte. D’où l’interrogation rhétorique ci-dessus.
En effet, les circonstances actuelles de la Côte d’Ivoire commandent au FPI, en tant que premier parti de l’opposition, le devoir moral et la responsabilité politique d’offrir aux ivoiriens de l’espérance, voire une alternative crédible, et non davantage de soucis et d’incertitudes. Il doit, à cet effet, revenir à l’essentiel, c’est-à-dire à LA POLITIQUE, en tant que champ de l’éthique de la responsabilité.

La rhétorique anti-française/antioccidentale profite au clan Ouattara

A lire la presse, il y aurait grosso modo deux camps en opposition au sein du parti. D’un côté, ceux qui tiendraient plus à la libération du président Gbagbo, l’aile dite dure/radicale, de l’autre, ceux qui auraient déjà tourné la page Gbagbo, l’aile de la compromission, qui serait sur le point de trahir son combat politique, aile dirigée, dit-on, par Affi N’guessan.
Certes, l’opportunité du vaste mouvement effectué par le président du parti avec sa vague de nominations pléthoriques et redondantes, reste encore à élucider. Tant ces nominations n’offrent aucune lisibilité et n’augurent pas de changement de cap véritable. En cela, cette opération s’apparente plus à un ravalement formel de façade qu’à une véritable restructuration tactique et stratégique du parti en profondeur. Mais cette démarche ne saurait être prise pour prétexte pour justifier l’immonde procès d’intention fait à Affi et certains cadres du parti. Car, ceux qui observent de près la vie du FPI en général, et les rapports entre AFFI et Gbagbo, en particulier, depuis 1990, savent très bien qu’Affi fait partie de ceux qui connaissent le mieux le président Gbagbo et en qui ce dernier a le plus confiance.
Nous le savons tous, si le président Gbagbo est actuellement enfermé à la Haye, ce n’est point par le fait du droit, mais par la volonté politique de certains décideurs de ce monde ! Alors, si le président doit sortir de là, c’est par la POLITIQUE! Et la politique, ce n’est pas que l’émotion, la passion. C’est aussi et surtout le pragmatisme !
Que des personnes comme le ministre Lazare Koffi croient que dire à longueur de journées ou écrire des livres qui commencent et se terminent par « libérez Gbagbo » les hisse par décret divin au sommet de l’échelle de ceux qui aiment plus le président que d’autres, relève purement et simplement l’autosuggestion. Car, en réalité, depuis le déclenchement de la guerre que Sarkozy a menée contre le président Gbagbo au nom de son amitié avec Ouattara, il y a unanimité sur la vérité au sein des vrais partisans et sympathisants du président, pour ne pas dire au sein de la majorité ivoirienne: le président est injustement emprisonné, il doit être libéré sans conditions.
C’est pourquoi, il est temps de signifier à ceux qui ne trouvent Affi bon ou loyal que lorsqu’il attaque frontalement et indifféremment la France, la communauté international, l’impérialisme occidental, etc. que la politique ne se nourrit pas de récriminations morales et éthiques, mais d’ajustement de discours et de rapports de forces en fonction de la réalité du moment. En l’occurrence, la rhétorique antifrançaise/antioccidentale ne profite qu’à un seul individu: Dramane Ouattara. Les officines de communicants de Sarkozy ont fait passer le président Gbagbo et ses collaborateurs pour des francophobes, anti-blancs et antioccidentaux. A tort, bien sûr, on le sait tous. Mais cette communication nocive a pour conséquence directe que même les exactions les plus inhumaines commises sous Ouattara n’émeuvent pas le reste du monde politique. Ainsi, Ouattara et son régime peuvent tenter d’assassiner leurs opposants en exil (ONU), des prisonniers dits pro-Gbagbo sont électrocutés, Blé Goudé, Jean-Yves Dibopieu et bien d’autres sont maltraités comme au temps des nazis (ONG des Droits de l’Homme), l’opinion politique internationale (faite de facto par l’occident) n’en est ni émue ni choquée. Elle n’en a rien à cirer. Puisque pour le reste du monde, l’alternative à ces atrocités, à ces comportements d’arriération du régime des FRCI, n’est pas meilleure, pour ne pas dire qu’elle est pire: Les pro-Gbagbo anti-blancs, anti-français!

Se réconcilier avec la France politique

Au regard de cette réalité du moment, ceux qui croient Affi Nguessan capable de se faire « acheter » par Dramane Ouattara se trompent lourdement. Car Affi sait que la vraie réconciliation à faire, ce n’est point avec Ouattara et son clan, mais avec le pouvoir politique français qui a été instrumentalisé par Sarkozy et son clan. Certes, le président Gbagbo parle dans le livre de François Mattei de la France. Mais en réalité, le président Gbagbo y dénonce Sarkozy qui s’est substitué à l’Etat français par inculture étatique, exactement à l’instar de Dramane Ouattara qui gère la Côte d’Ivoire comme une entreprise familiale.
Affi et le FPI sont en droit de chercher à se réconcilier avec la France. Et le faire, c’est être pragmatique et ne pas perdre de vue que la France, c’est la 6e puissance économique mondiale, la 5e puissance industrielle mondiale (21% de son PIB), le 2e pays émetteur de l’IDE (investissements directs à l’étranger) et 3e pays récepteur d’IDE au sein de l’UE et 6e au niveau mondial, la 5e puissance commerciale mondiale, la 3e puissance militaire mondiale, une puissance nucléaire, membre permanent du CS de l’ONU et enfin une puissance culturelle. Oui, à travers le monde, 220 millions de personnes parlent le français, ce qui en fait la 6e langue la plus parlée du globe et l’une des deux langues de travail de l’ONU. Mais au-delà même de ces données statistiques, la France, c’est surtout la communauté de destin avec la Côte d’Ivoire, de par l’héritage de l’Histoire. Et cette Histoire là, personne ne peut la refaire.
La réalité est que la France tient ce rang mondial en partie aussi grâce à ses partenaires africains actuels issus de son empire colonial. Elle n’a donc aucun intérêt à lier ses relations historiques avec la Côte d’Ivoire au destin d’un seul individu, fût-il ancien haut fonctionnaire international. Dramane Ouattara n’est donc pas l’élu de la France à vie, comme beaucoup le pensent fatalement. Il y a eu des malentendus, des incompréhensions avec le FPI et la gouvernance Gbagbo du fait de l’intempérance d’un président Français (Sarkozy), qui a confondu vie privée et relations interétatiques, c’est tout. La responsabilité politique requiert maintenant que ces incompréhensions soient aplanies. C’est à cela que s’attèle Affi. Et il joue bien sa partition, dans l’intérêt même du président Gbagbo. Alors, quittons le champ des émotions et des égos surdimensionnés et soutenons-le totalement, la libération du président Gbagbo et l’abréviation des souffrances des populations en dépendent!

Une contribution de Laurent Hodio
Diplômé de l’Académie Diplomatique de Vienne, Autriche
Sociologue
hodiolaurent@hotmail.com
Mercredi 23 Juillet 2014
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
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1.Posté par Akossia Pierre le 24/07/2014 02:33 | Alerter
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Monsieur Laurent Hodio,

Tu nous dis que l’idéologie politique est morte, la Real-politique est née. Tu nous apprends que tu es sociologue, or, la sociologie cherche à comprendre et à expliquer l'impact de la dimension sociale sur les représentations et comportements humains.

Et pourtant, ta France, c’est la bombe, on doit s’allier à elle par peur d’être tué ?

La realpolitik (de l'allemand : politique réaliste) désigne « la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national ».

Quand AFFI se conjugue au même temps que Alassane Dramane Ouattara, François Hollande, où est ton intérêt national ? Je te signale que le Alassane Dramane Ouattara a emprisonné Affi et il a fait la campagne contre Hollande à Paris au profit de Sarkozy et tu penses que c’est un milieu saint ?

Tu as déclaré un pugilat à Laurent AKOUN sans dire un seul mot sur Pascal Affi comme vous avez l’habitude vous les razzias. On juge toujours d’un seul côté.

Une idéologie est une marque de moralité structurelle sur laquelle des gens sensés définissent un concept de vivre ensemble, ce n’est pas parce qu'aujourd’hui en Europe deux hommes peuvent se marier, que la Côte d’Ivoire est obligée d’adopter cette manière.

Quand tu dis à AKOUN que la rhétorique anti-française/antioccidentale profite au clan Ouattara. Que tu sois un sociologue ridicule, je te fais remarquer que, ce n’est pas Laurent AKOUN qui est venu bombarder illégalement le palais présidentiel d’un pays souverain pour un simple conflit électoral, ta real-politique, on n’a rien à cirer.

Jeune Afrique confirme qu’Affi joue le double jeu, et vous ne voulez pas qu’on en parle. D’ailleurs, bientôt, il va partir. On sera fixé le 27.

Merci pour ton soutien à la France et au Burkina Faso !
Sans rancune de ta médiocrité.

Nota : On ne va plus vous laisser, vous les razzias, mentir sur nous.

2.Posté par kazes le 24/07/2014 04:03 (depuis mobile) | Alerter
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hodio je tu n'as rien compris si l'ANC avait flechi mandela serait mort en prison alors c'est le moment de radicaliser la lutte pour avoir gain de cause

3.Posté par Full le 24/07/2014 12:33 | Alerter
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Hodio , j'ai lu quelques lignes de ta lettre à Akoun . Je te conseille de chercher à mieux connaître les textes du parti et de ré écrire une autre lettre à Affi...merci !

4.Posté par Akossia Pierre le 24/07/2014 12:47 | Alerter
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Bravo à kazes et à Full !

Hodio, il se dit membre du FPI en tenant des arguments séparatistes, son motif exprimé pour la défense d'Affi N'Guessan est mince.

Il n'a pas cherché le fond du problème, que son mentor cherche à berner notre parti par ruse, pour brader notre pays davantage, et ce qu'est l'objectif de Hollande pour faire réussir sa politique en notre détriment.

Luttons !

5.Posté par Akossia Pierre le 25/07/2014 14:20 | Alerter
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Il y a rebondissement de la crise au FPI. Il semblerait qu’Affi N'guessan reculerait et reviendrait sur ses nominations insensées. Il y a maintenant de l’incertitude sur le Comité central de samedi, à cause de cette reculade honorable.

Affi N’Guessan Pascal est d’accord de réintégrer tous ceux qui ont été humiliés par limogeage et rétrograde. Merci !

Le grand patriote Nick de Bessou nous livre la traitrise d’Affi, je préfère ne pas en parler.

Si Affi met de l’ordre dans la baraque du peuple de Côte d’Ivoire, je n’ai plus de raison à lui en vouloir et c’est cela la démocratie.

Le président Laurent Gbagbo a offert un bien à notre pays qu’est le FPI, nous avons intérêt à l’entretenir. « Symbole de l’unité nationale, où les grands hommes doivent donner les directives sages pour le bien-être du peuple ivoirien, dans le respect. »

Vive FPI !

Affaire à suivre !

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