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La Dépêche d'Abidjan

Les pays africains francophones sont-ils condamnés à rester éternellement francophones ?

C'est une grande incertitude, au regard de la tendance actuelle de l’élite africaine dans le cursus scolaire de ses propres enfants. Tout laisse croire que cette élite reconnait les limites de la langue française dans la vie socioprofessionnelle dans ce monde moderne sous l’empreinte de la mondialisation. Curieusement la même élite dirigeante continue à l’imposer de façon consciente ou inconsciente à la majorité de la population vivant dans les pays francophones à travers le maintient de programmes d’enseignements peu adaptés aux exigences de la mondialisation et à l’emploi des jeunes.


Heureusement des voix, plus conscientes, plus audacieuses s’élèvent de plus en plus pour affirmer haut et fort, la nécessité pressante de faire recours à une (ou d’autres) langue(s) plus adapté(es) pour assurer le développement des pays francophones voir de l’Afrique toute entière. Mais, l’éternelle équation reste toujours posée : quelle langue faut-il adoptée ?

Tous les spécialistes en linguistique et en économie s’accordent à reconnaître l’importance de la langue dans les échanges voir le développement d’un pays ou d’une sous région ou d’un continent. L’unité africaine aux plans social et politique peine à se réaliser à cause entre autres des barrières linguistiques existant entre les micro-territoires issus de la colonisation (sans tenir compte des réalités socioculturelles de l’Afrique). Ces découpages de l’Afrique en territoires (pays) suite aux différentes guerres surtout la deuxième guerre mondiale étaient plus basés sur les intérêts des européens vainqueurs que ceux des africains autochtones.

Il convient de remarquer que la vie à l’échelle individuelle est un éternel combat. Il en est de même à l’échelle d’une communauté ou d’une nation. Les peuples africains très divers surtout au plan linguistique se sont battus depuis la nuit des temps et continuent de se battre pour survivre et préserver cette diversité qui reste une très grande richesse. C’est un devoir moral de préserver cette diversité surtout linguistique par contre une question cruciale de survie se pose à nous ; celle qui consiste à faire face aux exigences du monde moderne actuel surtout au plan linguistique. Nos ancêtres avaient la possibilité de vivre paisiblement sur des territoires réduits tout en préservant cette diversité mais de nos jours, la mondialisation rend presque impossible cette vie en semi autarcie.
Dans l’évolution des peuples, les chocs de cultures (croyances/religions, langues, technologies, etc.) qu’ils soient pacifiques, lents et évolutifs dans le temps ou qu’ils soient violents ou brusques, sont des réalités incontournables dans l’évolution de l’humanité. C’est également une des facettes de ce combat éternel qu’est la vie. Chaque vivant voir chaque espèce doit se battre pour survivre. Ce combat éternel nécessite également une grande persévérance, une capacité d’adaptation et d’anticipation constantes sur les autres concurrents afin de rester au firmament de cette lutte éternelle.

Dans cette lutte éternelle, les africains noirs sont-ils victimes de leur générosité extrême, de leur hospitalité légendaire, de leur pacifisme, de leur respect de l’écosystème, de leur reconnaissance ou de leur naïveté vis-à-vis des autres peuples venus d’ailleurs ?

En effet, suite aux besoins identifiés par les européens de faire recours à la main d’œuvre pour exploiter les terres américaines qu’ils venaient de découvrir, les noirs africains ont été préférés à certains peuples comme ceux de l’Asie pour leur résistance physique et surtout pour les valeurs suscitées. La plus part des captifs originaires de l’Asie préféraient mourir que d’être réduits à la servitude.

La traite négrière a été ainsi possible et s’est perpétuée pendant des siècles grâce en partie à la multiplicité des groupes ethniques (barrières linguistiques, diversité culturelle, etc.), au goût du gain facile (par les vendeurs de leurs frères africains) et à la naïveté de nos ancêtres. Les guerres fratricides entre les différents groupes ethniques (linguistiques) pour le contrôle des territoires avant le début de la traite négrière ont été savamment exploitées également pour commettre pendant des siècles ce crime contre l’humanité.

De nos jours encore, ces barrières linguistiques entre africains noirs francophones, anglophones et lusophones sont savamment exploitées pour continuer à nous diviser. Notre propension pour ce qui est facile continue de limiter les décisions ou les actions de nos dirigeants à mettre fin à cette division pour mieux régner ou pour mieux exploiter l’Afrique.
Les politiques ou les débats qui se mènent actuellement en Afrique sur l’usage d’une langue commune ou de plusieurs langues favorable(s) à l’unité africaine ou son développement opposent souvent deux camps qui ont tous leurs raisons mais peinent tous deux à faire des propositions réalistes et applicables immédiatement ou à moyens termes pour assurer l’unité africaine voir son développement.

Les pro-francophones passent leur temps à égrainer les bienfaits de l’introduction de la langue française en Afrique (facilité d’échanges/communication entre les multiples groupes linguistiques nationaux ou sous régionaux, la scolarisation et l’accès à la science, l’appartenance à une communauté – francophonie avec ses avantages, etc.), tout en occultant parfois les limites actuelles et réelles de cette langue française (compétitivité au plan international, accès à la connaissance scientifique qui est plus diffusée en anglais qu’en français, barrières linguistiques avec nos frères africains voisins parfois du même groupe ethnique mais étant colonisés par les anglais ou les espagnoles, etc.).
Les anti-francophones égrainent plus, les méfaits de cette colonisation avec en ligne de mire la langue française et la communauté économique française qui se cache derrière la francophonie. Communauté linguistique et économique à travers le franc CFA par exemple où les pays africains seraient les perdants dans le partage des fruits de cette union. Elle est d’ailleurs perçue par ces derniers comme une forme plus subtile de la colonisation qui perdure, etc. Ils proposent souvent un retour radical à nos langues africaines, une valorisation accélérée de ces langues pour les rendre modernes (possibilité de les écrire et de les utiliser dans les domaines scientifiques). Ils occultent consciemment ou inconsciemment que l’Afrique est une mosaïque de micro nations avec de multiples langues. Chaque groupe linguistique étant très fière de sa langue et cherche à la valoriser en vue de la perpétuer…

Cela met en exergue l’importante de l’épineuse équation à résoudre par les anti-francophones à savoir quelle(s) langue(s) africaine(s), il faut valoriser à l’échelle nationale ou à l’échelle sous régionale ou africaine ? Des expériences qui se développent actuellement dans les différents pays, on compte en moyenne 5 à 10 langues nationales valorisées avec un combat constant, une tendance très nette à valoriser toutes les langues au nom de la préservation de la diversité culturelle. Ce qui conduit au maintient de la division à travers les barrières linguistiques reportant ainsi tout espoir d’une unité africaine.

Par ailleurs, avons-nous les moyens financiers quand on sait que même pour des dépenses de souveraineté telles que celles relatives aux élections nous attendons les financements étrangers. Avons-nous les moyens techniques ? Car, le plus souvent ce sont des linguistes venus d’ailleurs qui conduisent les travaux de valorisation de nos langues nationales. Enfin, ces langues africaines sont elles valorisées avec quel alphabet ?

Personnellement, j’ai vécu une expérience que je me permets de compter un peu dans cet article. J’ai appris à lire et écrire dans ma langue maternelle avant d’aller à l’école primaire. Cela parait irréaliste mais vrai pourtant. En effet, mon père, ancien combattant revenu, choqué certainement par les atrocités et les humiliations de la deuxième guerre mondiale, aurait reçu une vision divine et a développé un alphabet authentique totalement différent de tous les alphabets que je connais pour le moment. Cet alphabet certes resté incomplet jusqu’à sa mort en juillet 2000, permettait déjà dans les années soixante d’écrire et lire quelques messages dans ma langue maternelle. Fort de cette expérience, il me disait souvent « quand tu dors sur la natte d’autrui, tu ne peux pas te garantir toujours des nuits tranquilles. Il est temps que l’Afrique développe son propre alphabet pour écrire ses langues au lieu d’utiliser l’alphabet européen pour le faire… ». Il estimait que l’utilisation des alphabets adaptés de ceux des européennes n’assure pas l’authenticité des langues africaines écrites voir l’indépendance de l’Afrique.

Cette expérience de mon père n’a guère dépassée plus de 100 personnes qui savent écrire ma langue maternelle avec cet alphabet spécifique. En plus, ma langue maternelle qu’est le Turka, est parlée par une minorité en voie de disparition. En effet, cette petite communauté ne dépasse pas plus de 100 000 habitants résidents au Burkina Faso bien qu’elle soit éparpillée depuis les années 40 à cause des travaux forcés et de l’émigration volontaire dans certains pays tels que le Sénégal et la Cote d’Ivoire. Son poids numérique est insignifiant à l’intérieur du Burkina Faso qui compte plus de 14 millions d’habitants (avec une soixantaine de groupes linguistiques) montrant ainsi les limites d’une telle expérience linguistique bien qu’elle soit originale.

Je suis certains que de telles expériences ont été développées quelque part en Afrique. Une des plus importantes que je connaisse est la langue nationale éthiopienne. Les éthiopiens peuvent se glorifier de disposer d’une langue écrite avec un alphabet authentique, spécifique à cette langue. Mieux cette langue est reconnue aux niveaux économique et scientifique car les éthiopiens disposent d’ordinateurs avec des claviers spécifiques à leur langue dominante. Combien de langues africaines ont atteint ce niveau de perfectionnement et d’adaptation aux exigences du monde moderne actuel surtout celles relative aux Nouvelles Technologies de Communication (NTIC) ?

La limite de cette expérience éthiopienne est l’usage de l’anglais comme langue d’échanges officiels afin de s’insérer naturellement dans le concert des nations au niveau mondiale. Ce n’est d’ailleurs pas une limite mais une leçon à tirer de cette belle expérience en dépit de la diversité linguistique que ce pays regorge tout comme les autres pays africains. Cela montre également qu’il ne sera pas facile de promouvoir des langues africaines propices à l’unité africaine ou à son développement.

Le défi à relever par nous africains afin de réaliser le miracle du développement africain réside dans notre capacité à transformer ou utiliser positivement les constats positifs ou négatifs en opportunités favorables à notre développement. La colonisation est un fait, il n’est plus possible de rêver d’un développement de l’Afrique en dehors des effets de la colonisation et de la mondialisation. Nous devons composer avec toutes ces forces positives et négatives résultant de ces chocs continus entre les différentes cultures. Il n’est un secret pour personne que les grandes puissances occidentales et asiatiques développeront tous les moyens pour exploiter le potentiel économique africain, il revient par conséquent aux africains de savoir tirer leur épingle du jeu ou de cette bataille pour le contrôle des richesses africaines.

Au regard de la faiblesse de la langue française vis-à-vis des autres langues comme l’anglais, de la multiplicité des expériences de valorisation des langues africaines en cours, est-il réaliste de continuer à rêver utiliser une langue commune ou des langues (d’origine africaine) à un nombre réduit pour réaliser l’unité africaine ? Le chemin reste long et peineux car l’Afrique est encore victime de sa diversité. Les mossi du Burkina Faso sont-ils prêts à renoncer à leur langue (le Moré) au profit par exemple du Dioula qui est une langue commerciale d’envergure internationale dans la sous région ouest africaine car s’étendant entre plusieurs pays (Mali, Guinée, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gambie, Burkina Faso…) ? Les Yoruba et Nago du Nigéria et du Bénin sont-ils prêts à renoncer à leur langue au profit de l’Haoussa qui est une langue internationale et parlée par un plus grand nombre de population de plusieurs pays (Nigéria, Niger, Bénin, Cameroun, Tchad…) ? La promotion des langues africaines ne va-t-elle pas réveiller les vieux démons de nos anciennes guerres fratricides qui existaient même avant la colonisation ?

La traite négrière, la colonisation, la mondialisation sont des faits historiques ou présents que nous ne pouvons plus effacer pour repartir à zéro. Nous devons par conséquent, arrêter de nous lamenter ou revendiquer des dédommagements (qui risquent de ne jamais arriver), pour chercher à s’adapter et profiter de ces réalités en vue de faire des bons qualitatifs dans le sens positif de notre développement.

La tendance actuelle au plan international en matière de langues est bien connue. Certains n’hésitent pas à parler de langues d’avenir que sont par exemple l’anglais et le chinois. La compétition est certes grande mais force est de reconnaître que le monde anglophone détient la technologie et la chine la plus importante population et de plus en plus la technologie. L’Afrique notamment la partie francophone a-t-elle les moyens de s’opposer à ces deux grandes tendances au plan linguistique. Je pense qu’il est plus sage d’en profiter.

La France en profite déjà en accordant de plus en plus une part importante à l’anglais dans ces programmes d’enseignement. Pourquoi les pays africains francophones sont à la traine ? Il est tout de même absurde de se faire les défenseurs de la langue française en Afrique pendant que les jeunes français dans leur grande majorité rêvent d’étudier aux Etats Unis (en anglais bien sûre). Ne dit on pas qu’il ne faut pas être plus loyaliste que le roi. Pourquoi l’Afrique surtout la partie francophone doit continuer à trainer la langue française comme un boulet qui freine son essor, son unité voir son développement. L’Afrique dans un souci de transformer les effets de la colonisation en opportunité, devrait opter de façon unanime à suivre la tendance internationale au plan linguistique en composant avec les plus forts. Dans cette logique, l’adoption de l’anglais comme langue unique et officielle dans l’ensemble des différents pays africains facilitera l’unification rapide de l’Afrique au plan social et politique. Je me demande si cette importante décision ne revient pas à l’Union Africaine si elle tient à son existence à l’atteinte de ses objectifs.

Je suggère que ce changement soit progressif et appréciable pour produire les effets escomptés à court et moyen termes. A cet effet, chaque pays doit réviser ses programmes d’enseignement pour introduire l’anglais depuis la maternelle. Le chinois quant à lui devrait être introduit au second cycle des lycées. Il ne s’agira pas d’accorder quelques heures à ces langues mais plus tôt une importance capitale pour permettre aux cadres africains qui bénéficieraient de ces programmes d’enseignement d’être de véritables polyglottes capables d’utiliser au moins deux langues étrangères dont l’anglais dans leurs activités socioprofessionnelles. Cela permettra à l’Afrique de réaliser rapidement son unité et surtout de profiter des avantages comparatifs des grandes puissances occidentales et asiatiques sur tous les plans.

La classe moyenne et les dirigeants politiques africains offrent déjà de tels avantages à leurs enfants tout en maintenant les enfants des pauvres dans des programmes d’enseignements peu adaptés aux besoins futures en matière d’emploi et de coopération internationale. Dans tous les pays africains francophones, on assiste à une floraison des écoles privées offrant de tels programmes au profit des riches et de la classe moyenne. Pourquoi ne pas avoir le courage politique de réviser nos programmes d’enseignement en tenant compte de ce besoin ressenti ? Une fois de plus c’est certainement l’égoïsme et la propension pour le gain facile de nos dirigeants qui limitent en partie la prise de telles décisions politiques courageuses au profit de la majorité.

Nous africains, nous devons utiliser rapidement notre capacité d’adaptation au changement comme un potentiel de développement. Cette capacité africaine à assimiler les cultures étrangères devrait être exploitée comme une force au profit du développement du continent africain. En effet, à cause de cette capacité d’assimilation des cultures étrangères, beaucoup d’africains de nos jours ont déjà oublié que la culture arabe (l’islam y compris) nous a été imposée de force bien avant la colonisation européenne. Certains groupes de jeunes africains qui développent des thèses islamistes, se souvient-ils encore que l’islam a été imposé de force à leurs ancêtres ? Sont-ils informés voir conscients du fait que l’esclavage arabe en Afrique noire a été la plus meurtrière depuis le 8ème siècle et continue de nos jours de façon insidieuse dans certains pays.
Etant donné que nous avons cette facilité d’assimilation des cultures étrangères. Pourquoi ne sommes-nous pas capables de faire des choix judicieux et avantageux entre ces différentes cultures ? On constate de plus en plus que ces cultures étrangères nous divisent de plus en plus, en témoignent ces guerres insensées entre chrétiens et musulmans en Afrique noire (ou savamment orchestrées pour nous diviser une fois de plus pour mieux nous exploiter). Ce sont les conséquences de notre naïveté ou de notre amnésie collective surtout au niveau de la classe intellectuelle et des dirigeants africains. Ces deux groupes sont souvent complices des drames qui s’abattent sur les peuples africains à cause du gain facile.

Je nourris l’espoir que les NTIC permettront aux nouvelles générations africaines d’accéder rapidement à la vraie information et partout en Afrique en vue de développer des actions synergiques en faveur d’une émergence rapide de l’Afrique. Pour cela, nous ne devons pas priver ces générations des avantages actuels des NTIC à travers la valorisation de micro-langues qui n’atteindront pas un niveau de perfectionnement ou d’audience importante pour intégrer les NTIC pour des raisons économiques surtout.
Tout nouveau né, quelque soit sa race (blanche ou noire) apprend à parler la langue couramment parlée par ses parents quelque soit l’origine de cette langue. Nous africains francophones, ne soignons pas étonnés d’entendre nos enfants citer le français comme leur langue maternelle si nous leur parlons couramment le français à domicile depuis leur naissance. Si nous devons perdre nos langues nationales, il est temps d’opter rapidement pour une langue dominante au plan international car nous risquons de perdre doublement.

Dr SOURA Yorba
Médecin, Economiste de la santé
Consultant indépendant
Actuellement en mission au Bénin
Email : souraba@yahoo.fr
Téléphone : +229 67 48 43 81
Jeudi 15 Avril 2021
La Dépêche d'Abidjan



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