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Les Ivoiriens n’ont pas besoin d’un « nègre de maison », à la tête de la Côte d’Ivoire

Malcolm X a fait une distinction très importante de deux types de personnages qu’on retrouve dans les sphères politiques en Afrique. Il s’agit d’une part, du « nègre des champs » et, d’autre part, du « nègre de maison ».


Les Ivoiriens n’ont pas besoin d’un « nègre de maison », à la tête de la Côte d’Ivoire
Le nègre des champs est l’esclave assigné aux travaux agricoles. Il ne voit que très rarement son maître, est soumis au travail forcé et soumis au fouet, droit de cuissage, à la volonté et au pouvoir de vie et de mort de contremaîtres salariés. Il ne lui est offert aucune possibilité d’échapper à sa condition de servitude et d’oppression.
C’est l’image des peuples africains et des vrais opposants, qui cherchent à se libérer de l’oppression des colons occidentaux.

Le nègre de maison, lui, vit, respire et se règle sur le pas de son maître et de sa famille. Il est majordome, cuisinière, servante ou mieux encore nourrice. Il aurait même la possibilité de racheter sa liberté ou de s’émanciper quand la bonne fortune le met entre les mains d’un maître éclairé, mais n’en veut pas vraiment car elle l’éloignerait de sa protection et ses bienfaits. Il voit même dans le droit de cuissage exercé par son maître ou ses fils une chance de purification de sa descendance, et accepte les châtiments corporels comme une œuvre de redressement moral salutaire pour lui. C’est l’image de notre élite corrompue qui s’enrichit au détriment du bien-être de nos peuples et agissant dans l’intérêt supérieur de la puissance colonisatrice. Pour défendre leurs intérêts, les pays occidentaux utilisent tous les moyens pour placer leurs pions à la tête de nos Etats, parfois sans la bénédiction populaire. Les Ivoiriens en savent quelque chose tant ils ont souffert de cette situation.

Les échéances électorales sont proches et la France n’a pas fini avec ses vieilles habitudes et pratiques. Cette présente réflexion a pour simple ambition de mettre en garde les Ivoiriens sur une tentation de se tromper sur le profil du futur président de notre pays.

Pour ce faire, nous commençons d’abord par rappeler le partage de l’Afrique lors de la Conférence de Berlin, une solution trouvée par les Européens pour éviter de se faire la guerre pour voler nos richesses. Un tel rappel permet de saisir le sens de l’attitude de la France envers les pays africains. Cela nous aidera à comprendre le sens du combat pour une Côte d’Ivoire souveraine.

1. La conférence de Berlin et le partage de l’Afrique


La conférence de Berlin (1884-1885) est généralement perçue comme le moment où les puissances coloniales européennes ont partagé le continent africain. Cette rencontre n’a toutefois pas découpé le continent, mais a davantage contribué à offrir les conditions pour le faire, à une époque où la colonisation n’est pas encore pensée comme un but en soi. En réalité, l’Europe divisa autrefois l’Afrique au gré de ses découvertes et de ses guerres. La Conférence internationale de Berlin, qui s’ouvrit le 15 novembre 1884, se termina par un traité signé le 28 février 1885. Cet accord permit à toutes les nations installées le long de la côte africaine de revendiquer l’arrière-pays à condition de notifier l’occupation, dès qu’elle était effectuée, aux puissances signataires. C’est le plus fantastique partage qui ait jamais été fait. Depuis ce partage de l’Afrique, les occidentaux ne démordent pas malgré la volonté des Etats africains de se défaire de leurs tutelles colonisatrices. Dans leurs stratégies de dépeçage du continent africain, les occidentaux ont une seule technique : placer à la tête de nos pays, des satrapes qui leurs permettront de piller en silence les fabuleuses ressources de l’Afrique. S’opposer à cette œuvre sordide, c’est déclarer la guerre à cette nébuleuse machiavélique. C’est ainsi que la France use de tous les moyens pour imposer aux Africains des laquais au pouvoir.

2. La France et ses nègres de maison africains

Les relations entre la France et les présidents africains s’inscrivent dans le cadre de la Françafrique. C’est un terme impropre dans la forme comme dans le fond. Il s’apparente à un effort d’accoler deux mots : la France et l’Afrique. Or, il s’agit d’un pays et un continent très lointain que seule l’histoire peut réunir, par le truchement des présidents africains « nègres de maison ». Pour François-Xavier VERSCHAVE, on peut définir la "Françafrique" comme "une nébuleuse d’acteurs économiques, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseaux et lobbies, et polarisé sur l’accaparement de deux rentes : les matières premières et l’Aide publique au développement. La logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système autodégradant se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie". Comme on peut le saisir, c’est un système avec plusieurs acteurs (économiques, militaires et politiques) entre la France et ses anciennes colonies, le tout dans des réseaux. A partir de ce système, la France impose des présidents aux Africains et pille les fabuleuses ressources de nos pays. Elle veut tout contrôler même de simples nominations. En imposant aux Africains, des « nègres de maison », la France s’approprie tout ou une partie du surplus économique crée dans nos pays. C’est ainsi, qu’à l’approche des élections, les médias occidentaux et la machine étatique manœuvrent pour installer leurs amis dociles aux affaires. Ils sont facilement reconnaissables ces nègres de maison, qui ressemblent comme le disait Cheikh Anta Diop, « à cet esclave à qui l’on donne la liberté et qui une fois sorti de sa prison préfère y retourner, ne sachant où aller. Depuis des siècles ayant acquis de reflexe de subordination ». Mais face à cette situation, nous devons résister et choisir surtout un président diffèrent des « nègres de maison ».

3. Les pays africains à la recherche de présidents souverainistes

La Françafrique a engendré une politique largement occulte et échappant à tout contrôle démocratique. La France a éliminé physiquement les dirigeants africains qui ont tenté de se libérer du joug de la métropole. Depuis 1963, 22 présidents africains (de Sylvanus Olympio,en 1963 à Mouammar khadafi en 2011) ont été assassinés avec la complicité des services secrets français: le SDECE, la DGSE et la DST. Ce sont ces trois bras armés qui ont fomenté des coups d’États en Afrique en se servant des valets et traîtres nègres. Chaque élection présidentielle est une bataille à gagner dans cette guerre contre les envahisseurs occidentaux. Ceux qui nous gouvernent aujourd’hui se sont disqualifiés par des compromis et des compromissions qui font d’eux de simples exécutants de donneurs d’ordre et de leçons au casque colonial. Mais les choses doivent changer et dans cette œuvre machiavélique orchestrée par les Hommes étranges, nous ne pouvons que compter sur nous-mêmes. Peuple de Côte d’Ivoire, la survie du système appauvrissant de la françafrique dépend de ton maintien dans l’ignorance et la résignation. Nos ancêtres ne comptaient que sur eux-mêmes et aujourd’hui, le salut notre pays ne viendra que des Nous, les Ivoiriens et non d’ailleurs, comme vous le pensez. C’est par la lutte contre nos satrapes au pouvoir et par la splendide beauté de notre combat que nous réussirons à changer le pronostic fait sur notre pays. La Côte d’Ivoire est la terre qui nous a été donnée en héritage, c’est pourquoi, Ivoiriennes et Ivoiriens, bravons la peur pour reconquérir notre pays. Ivoiriens, notre rôle historique est de redonner la dignité à notre pays. Les hommes étranges ont mis la main sur notre pays pour de longues années et si nous ne faisons rien, demain nos enfants nous demanderont des comptes. Evitons à notre pays, les présidents qui préfèrent le statut d’esclave privilégié au profit de vrais patriotes.

Pr. PRAO Yao Séraphin



Lundi 4 Mai 2020
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