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La Dépêche d'Abidjan

Le frelon asiatique est entré dans Paris

Chez une minorité des victimes, une réaction allergique peut apparaître à la suite de piqûres isolées, mais répétées dans le temps, les sensibilisant ainsi au venin des Hyménoptères.


En ce mois de juillet 2016, un nid du frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina, a été observé pour la première fois à l’intérieur de Paris par les jardiniers du Muséum national d’histoire naturelle.
Le personnel du muséum sensibilisé sur la question était particulièrement aux aguets. L’arrivée de cet envahisseur dans la capitale était en effet attendue puisque des femelles sexuées, potentielles futures reines, avaient été vues fin 2015 dans plusieurs arrondissements de la ville et en différents points de la banlieue parisienne.

Ce frelon est-il dangereux ?

Les frelons ont toujours été considérés comme des insectes dangereux. Or, si elle est douloureuse, leur piqûre n’est pas plus redoutable que celle des autres Hyménoptères sociaux – guêpes et abeilles.
Sauf s’il est allergique, un homme n’est pas en danger quand il est piqué plusieurs fois par des abeilles, guêpes ou frelons ; il faut des centaines de piqûres pour qu’il risque la mort.
Cependant, chez 0,3 à 7,5 % des victimes, une réaction allergique peut apparaître suite à des piqûres isolées, mais répétées dans le temps, les sensibilisant ainsi au venin des Hyménoptères. Une seule piqûre suffit alors à provoquer un état de choc qui, sans traitement rapide par injection d’adrénaline, peut entraîner la mort. Mais pour ces personnes, une piqûre de guêpe ou d’abeille est tout autant à craindre que celle d’un frelon.
De plus, les frelons ne sont jamais agressifs envers l’homme lorsqu’ils volent en solitaire ; ils n’attaquent que lorsqu’ils se sentent menacés, par des gestes brusques par exemple, ou si l’on s’approche à moins de 5 mètres de leur nid. Les nids de V. velutina étant en général placés très hauts dans les arbres, les risques de rencontre sont bien moindres qu’avec les abeilles et les guêpes sociales qui adoptent le même comportement pour défendre leurs colonies.

Une grave menace pour les ruches

Le frelon à pattes jaunes inquiète surtout les apiculteurs, car il s’attaque aux abeilles domestiques. Une évaluation de son impact est en cours d’estimation par les scientifiques, car aucune donnée chiffrée n’existe à ce jour. Il est toutefois certain que la présence du frelon en grand nombre – plus de 10 devant une colonie – peut entraîner la mort de ruches déjà affaiblies par d’autres facteurs de stress.
Les abeilles ne constituent pas ses seules proies et la collecte d’ouvrières avec les prises qu’elles ramènent au nid a permis de montrer que V. velutina capture autant d’abeilles que de guêpes et de mouches (environ un tiers chacune), mais aussi une très grande variété d’autres insectes et araignées ; il peut même, à l’occasion, prélever de la chair sur des cadavres de vertébrés.
En milieu urbanisé, où les insectes sont moins variés, les abeilles représentent les deux tiers de ses proies. Le frelon attrape sa prise en vol puis s’accroche à un support pour la dépecer. Il ne conserve que le thorax qu’il ramène au nid pour nourrir ses larves ; lui-même se nourrit de liquides sucrés (sève, miel et miellat) et du liquide protéique régurgité par ses larves.


En automne, V. velutina peut localement menacer fortement les ruchers, mais c’est surtout sa présence en vol stationnaire devant la ruche qui stresserait les abeilles provoquant un arrêt du butinage. Si ses réserves de miel sont insuffisantes, la colonie d’abeilles peut alors mourir de faim au cours de l’hiver suivant.
En Asie, où elles sont confrontées aux attaques de frelons depuis toujours, les abeilles mellifères asiatiques se défendent en formant une boule autour du frelon ; en faisant vibrer leurs muscles alaires, elles augmentent la température de la boule jusqu’à 46 °C ; le frelon meurt alors d’hyperthermie.

Comment est-il arrivé en France ?

L’abeille mellifère européenne introduite en Asie depuis des décennies a développé le même comportement de défense face aux frelons, mais elle recrute moins d’ouvrières et atteint rarement une température létale pour le frelon. Elle reste donc moins efficace, mais est potentiellement capable avec le temps de faire de même en Europe.
V. velutina a été observé pour la première fois en France en 2004 par un horticulteur du Lot-et-Garonne qui importait de Chine des poteries pour bonsaïs. Mais ce n’est qu’à l’automne 2005 qu’il a été découvert par les scientifiques; ces derniers ont signalé sa présence début 2006 quand son acclimatation a été confirmée.
La lignée introduite en France appartient à la variété V. velutina nigrithorax que l’on rencontre du Népal à la Chine; elle est brun sombre, avec une bande orange sur l’abdomen et des pattes jaunes à l’extrémité. Comme chez tous les frelons, la colonie est annuelle et meurt en hiver à l’exception des futures reines qui hivernent cachées dans un abri. C’est à ce stade qu’elles peuvent être transportées sur de grandes distances via le commerce international.
En comparant par des analyses génétiques des spécimens de V. velutina capturés en France et dans différents pays de son aire d’origine (Indonésie, Vietnam, Chine, Népal), les scientifiques ont montré que la lignée invasive provient bien de Chine, d’une région près de Shanghai où les poteries pour bonsaïs sont fabriquées. Cette étude prouve aussi que seul un petit nombre de reines, voire une seule reine fécondée par plusieurs mâles, a été introduit en France.
Ceci témoigne des grandes capacités de multiplication de cette espèce, qui est arrivée en France sans ses ennemis naturels, parasites (guêpes et mouches parasites, vers nématodes…), prédateurs (oiseaux, fourmis, frelons…) ou autres frelons avec lesquels il peut entrer en compétition, et qui profite aussi de l’abondance d’une de ses proies, l’abeille domestique.



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Mardi 26 Juillet 2016
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