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"Le dessinateur de presse est un militant qui défend la liberté d'expression"

Après l'attaque terroriste dont a été victime la rédaction de "Charlie Hebdo", francetv info a rencontré Kianoush Ramezani, un caricaturiste iranien exilé à Paris. Entretien.


Kianoush Ramezani exerce un métier à risques. Il est dessinateur de presse. Iranien, il a dû quitter son pays pour continuer à dessiner. Depuis plus de cinq ans, ce quadragénaire vit en exil à Paris. L'attaque terroriste qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo l'a touché au cœur. Lui parle de ce 7 janvier 2015 comme d'autres du 11 septembre 2001. Car pour ce caricaturiste engagé, prendre le crayon est un acte militant. Chacun de ses dessins est une bataille livrée pour la défense de la liberté d'expression.

Francetv info : Connaissiez-vous les dessinateurs de Charlie Hebdo ?

Kianoush Ramezani : Je connaissais Charb et Luz depuis 2010. Luz avait fait mon portrait. A l'époque, je ne connaissais pas bien Charlie Hebdo. Mais j'étais au courant de leur histoire avec la publication des caricatures de Mahomet. J'avais rencontré Coco et Tignous dans des festivals de dessins de presse. Avec Tignous, nous avions sympathisé lors d'un voyage en train entre Marseille et Paris. Il était vraiment très modeste, très intelligent. Nous nous étions dits qu'il fallait se revoir. Mais le 7 janvier, j'ai vu son nom dans la liste des victimes. Cette journée a été l'une des plus sombres de ma vie. Après l'attentat, j'étais incapable de dessiner. Finalement, j'y suis parvenu. J'ai fini mon dessin à 1 heure du matin.

Aviez-vous conscience du danger qui les menaçait ?

Quand Charlie Hebdo a publié pour la première fois les caricatures de Mahomet [en 2006], c'était à mes yeux une provocation totale faite aux islamistes. Je pense que même Charb le savait. En 2011, après l'incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo, j'étais très inquiet. J'ai dit à Charb : "Tu es en danger." Il m'a répondu : "Je sais, mais je n'ai rien à perdre." Il en rigolait. Il m'a dit : "On est en France, on n'est pas en Iran, ne t'inquiète pas."

Venant d'Iran, je connais bien les intégristes. Et je sais ce qu'est une fatwa. J'ai vu ce qu'il s'est passé lorsque l'ayatollah Khomeini en a lancé une pour condamner à mort Salman Rushdie. Une fatwa n'a pas de date limite. Elle ne prend fin que le jour de son exécution. Je savais que c'était le cas pour Charb. Je savais qu'il était en danger de mort.

Quand vous viviez en Iran, vous étiez vous aussi menacé ?

En Iran, c'est impossible de travailler comme dessinateur de presse libre. Les caricaturistes sont étroitement surveillés par la Maison de caricatures de l'Iran, une organisation très puissante créée après la révolution islamique et toujours liée au pouvoir.

Son chef, qui n'a pas changé, dessine dans un journal de caricatures appelé Keyhan Caricature, contrôlé par un parti islamique favorable au guide suprême. Comme lui, beaucoup de dessinateurs travaillent pour de grands journaux favorables au régime. Cela veut dire qu'ils en acceptent l'idéologie et qu'ils deviennent des instruments de propagande. Ils doivent pratiquer l'autocensure. Je ne les considère donc pas comme de vrais dessinateurs de presse. Le dessinateur de presse est un militant qui défend la liberté d'expression.

Comment s'exerce ce contrôle ?

Quand j'étais en Iran, j'ai créé la première association de dessinateurs indépendants dans ma région. C'est là que mes problèmes ont commencé. La Maison de caricatures de l'Iran est devenue mon ennemie. Plus personne ne pouvait travailler avec moi. Je n'avais plus d'argent. Au bout de quelques années, j'ai dû fermer et reprendre ma vie à zéro en partant m'installer à Téhéran comme graphiste.

Comment contourniez-vous cette censure ?

J'ai exposé dans des galeries d'art de la capitale. A cette époque-là, elles n'étaient pas très surveillées. Et je me suis mis en relation avec des organisations internationales de dessinateurs de presse. Je ne pouvais pas dessiner les mollahs, c'était trop dangereux. Mais je pouvais critiquer très indirectement les injustices sociales provoquées par le régime. Je ne pouvais pas attaquer directement, alors il fallait toujours faire dans le second degré. C'est pour ça que mes dessins sont très symboliques, plein d'images, et que je n'utilise pas de textes. La technique est très importante. Si on a une bonne technique de dessin, on peut faire passer un message et influencer les gens.

Pourquoi avoir choisi l'exil ?

En 2009, de grandes manifestations ont agité l'Iran pour dénoncer la réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence après un scrutin à la régularité contestée. Le régime est devenu hypersensible à l'égard de tous les activistes politiques : les blogueurs, les journalistes, les caricaturistes comme moi. Des amis très proches ont été arrêtés, avec ou sans raison. En plus, j'étais le représentant en Iran de Cartoonists Rights Network International, une ONG dont le siège est situé aux Etats-Unis et engagée dans la défense des droits de l'homme. Ma position était devenue trop dangereuse. J'ai décidé de partir.
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Dimanche 18 Janvier 2015
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