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La sorcellerie existe-t-elle ?

[Cultes traditionnels africains] : Le dixième anniversaire de la publication du célèbre livre du professeur de philosophie à l’université Félix Houphouet Boigny d’Abidjan, Boa Thiémélé Ramsès, « La sorcellerie n’existe pas » (1) est l’occasion pour La Croix Africa d’enquêter sur la croyance en la sorcellerie dans les sociétés africaines.


Du 26 au 28 novembre 2019, s’est tenue à l’Université du Nigeria à Nsukka (UNN), dans l’État d’Enugu, dans le nord-est du Nigeria, une conférence sur la sorcellerie. Le thème initial a été prudemment modifié après que des chrétiens évangéliques ont manifesté et prié contre la rencontre soupçonnée de réunir les sorciers du pays. Une histoire qui peut faire sourire mais qui illustre la délicatesse d’un tel sujet en terre africaine.

Selon le prêtre dominicain sénégalais Benjamin Sombel Sarr, la sorcellerie existe dans l’imaginaire et le vécu de toutes les sociétés africaines. La croyance en la sorcellerie est selon lui, un phénomène commun à toutes cultures africaines (2).

Et de fait, le livre « La sorcellerie n’existe pas » écrit en 2010 par le philosophe africaniste Boa Thiémélé Ramsès a rencontré un grand succès qui s’est nourri de vifs débats. En réaction, l’ethno-sociologue Gadou Dakouri a publié, un an plus tard, un livre intitulé « La sorcellerie, une réalité vivante en Afrique » (3).

La complexité du concept

Comme le faisait remarquer l’anthropologue ivoirien Harris Meme-Fotê « le concept de sorcier est généralement un concept subjectif, un concept extérieur. On dit de quelqu’un qu’il est sorcier. On accuse quelqu’un de sorcellerie. Le sorcier semble avoir une existence idéologique plus objective » (4). Cette difficulté à appréhender ce concept abstrait pousse le professeur Boa à affirmer que la sorcellerie n’existe tout simple pas. Ou, du moins, il n’y a aucune réalité qui corresponde à ce que l’imaginaire commun présente comme étant la sorcellerie. Pour lui, si la sorcellerie est comprise comme la capacité de certains individus à « se métamorphoser et de faire du mal à d’autres par-delà l’espace et le temps », elle n’existe pas.

La sorcellerie selon le sens commun

C’est le philosophe et prêtre anglican kényan John Mbiti (1931-2019) qui caractérise le mieux la sorcellerie selon le sens commun : « Pour les Africains, la sorcellerie est une utilisation antisociale du pouvoir surnaturel et les sorciers sont les membres les plus redoutés et les plus haïs de leur communauté, explique-t-il. Les Africains sentent intuitivement et croient que les différents maux, malheurs, maladies, accidents, tragédies, chagrins, dangers et mystères néfastes qui les frappent sont causés par ce pouvoir surnaturel tombé entre les mains du sorcier ou d’un envoûteur ». (5)

Sorcellerie et mal

Pour Boa, l’on peut, tout au plus, appeler sorcier un individu qui a un penchant pour le mal. « Ce que l’on appelle sorcellerie, ce sont des actes de méchanceté, de calomnie, de malveillance, de médisance etc. », estime-t-il.

Une thèse est remise en cause par Gadou Dakouri qui, pour ce faire, convoque une longue littérature ethnographique sur la sorcellerie. Car depuis plusieurs décennies, des anthropologues ont étudié la question. Dans cette optique, Gadou Dakouri reprend les travaux du Congolais Gérard Buakasa Tulu Kia Mpansu pour qui la sorcellerie est douée d’une existence réelle qui est perceptible dans un système ou un mode d’organisation, d’images, de mythes et d’idées, extrêmement logique. « Ces représentations permettent à l’homme d’expliquer d’abord ce qu’il ne comprend pas : la mort, les échecs, la maladie ».
Lire la suite sur africa.la-croix.com
Dimanche 16 Mai 2021
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