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« La peine imposée » à une immigrée

S'agit-il d'une narrative ou d'un récit, quand un migrant raconte un morceau de son parcours? Dans les deux cas on est proche du rendre compte de faits, d’événements, d’histoires de vie. Selon une définition communément reconnue les narratives ce sont «des histoires à la fois personnelles et collectives, des représentations construites sur la mémoire des peuples, sur leur expérience du présent et sur leur imagination de l'avenir».


« La peine imposée » à une immigrée
Et alors qu'on inscrit dans l'actualité politique la notion d’identité nationale, pas comme un facteur de rassemblement de tous ceux qui ont contribué et participent encore à la construction d'un territoire, comme un terreau, cette matière riche qui fertilise la terre d'un pays, on utilise cette notion plutôt pour séparer, pour différencier, pour exclure. C'est dans ce scénario que les récits, les chroniques, les narratives des migrants me semblent apporter aussi ce humus qui nourrit les appartenances et autorise la parole à ceux qui souvent en sont privés.
Le livre de Pauline Ballo, publié en février dernier, Immigrée, la peine imposée, (édition EdiLivre) est l'exemple de cette parole pour faire connaître et pour transmettre. Exercice de mémoire immédiate qui permet de comprendre le déroulement, pour mieux appréhender les enjeux et ainsi se situer dans cette relation à l'autre, en reconnaissant ses compétences et ses engagements.

Pauline Ballo, ivoirienne, étudiante à Abidjan ne faisait pas partie de l'armée de migrants rêvant de l'el-dorado européen. Elle poursuivait ses études, avait déjà des diplômes, un emploi à sa convenance qui la valorisait, deux enfants qui la comblait. La première partie de son récit nous plonge dans la description douloureuse d'une confusion et de la violence que les pouvoirs politico-militaires de la Côte d'Ivoire ont imposé aux populations dans les premières années de ce siècle. L'auteure n'explique pas les enjeux, les accords ou les contradictions du conflit. Ce n'est pas son propos, elle déplore «l'appauvrissement de l'Afrique» et nous fait part de son vécu, entre le récit collectif et sa détermination personnelle, engager un autre avenir pour ses filles ce qui l'amène à quitter le pays en 2007.

«Faites le 115, douze minutes d'attente!»

Dans la seconde partie de son livre, ce qu'elle appelle « la peine imposée », il s'agit en quelque sorte d'une chronique du quotidien d'une immigrée sans papiers, c'est à dire sans existence, sans reconnaissance, sujette à toutes les humiliations, arbitraires, dénis, rejets. Elle avait des arguments pour obtenir le statut de réfugiée, ses différentes démarches, avec avocat, n'ont pas abouties.

Et Pauline Ballo raconte bien la place qui lui est réservée, qui n'en est pas une. Il y a quelque chose à voir avec les invisibles. On les voit pas, on les ignore quand ils sont isolés, et on crie à l’invasion quand ils sont plusieurs. Les mêmes responsables politiques qui tiennent des discours sur la mondialisation, un monde ouvert avec lequel il faut compter (ils parlent commerce, industrie, finance), refusent cette mondialisation quand il s'agit des femmes et des hommes. Il n'y aurait plus de frontières pour l'économie, mais des murs et des barbelés s’érigent pour les êtres humains. C'est bien entendu plus complexe que cela, mais dans la symbolique des choses et la réalité des réponses politiques et administratives, cela revient à ces rejets dont les scores électoraux sont l'expression.

Dans son livre, entre autres, est décrite la grande difficulté devant laquelle se trouvent les personnes qui ont besoin d'utiliser le 115, en situation d'urgence pour obtenir un hébergement. On sait que le numéro est souvent saturé, le rapport de la Fondation de l'Abbé Pierre, affirmait qu'en 2013, 43% des sans-domicile-fixe ayant eu recours n'ont pas obtenu de place à Paris et 61% à Paris. Et là il ne s'agit pas que des personnes ou familles sans-papiers.

Immigrée

Outre le parcours du combattant décrit par Pauline Ballo, notons la situation qui en est faite quand on trouve un hôtel «dit social», par les hôteliers, trop souvent peu scrupuleux et abusant de leur pouvoir. Dans Mediapart, cette question a souvent été abordée, soulignant les conditions et l'exploitation de ces lieux, s'apparentant parfois à des marchands de sommeil en toute légalité, qui grèvent lourdement les budgets sociaux des départements. Voir [Hôtel dit social: quel gâchis! ] .

Les conditions d'accueil, les rendez-vous à répétition dans les services des étrangers des Préfectures, c'est un autre point du livre Immigrée, rendant bien compte des «conversations intimes» de Pauline Ballo dans ce mixte d'angoisse, de crainte et d'espoir. Il est souvent question de pleurs, de moments de grande détresse, dans une lutte qui semble parfois sans issue, d'un objectif (pourtant simple, vivre dignement) qui semble inatteignable.

Deux éléments extérieurs sont venus aider Pauline Ballo. Sa foi, le réconfort trouvé dans son Église, auprès de son pasteur et des croyants (tout en étant confrontée parfois au manque de solidarité de certains bien-heureux). Son engagement politique, (qui n'a pas semblé lui apporter avantage ni pour ses papiers ni pour un logement), qui lui a surtout permis un lieu de dialogue, de reconnaissance, de réflexion. Ses camarades de parti ("ah bon, tu n'est pas venue comme on le voit à la télé dans la clandestinité dans un bateau"), n'étaient pas au courant de sa situation, "sans papiers-travail au black-hébergement précaire avec ses filles", ce qui rendait son combat très personnel et engagé pour ce qu'elle tenait le plus au monde, construire et transmettre à ses filles un meilleur avenir. La solidarité de quelques unes de ses relations, sans être communautaire, a été essentielle.

Nous apprenons à la fin du livre que Pauline Ballo a obtenu un récépissé de trois mois qui va lui ouvrir des portes, au bout de presque six ans. C'était un 21 mars, jour du printemps, vers un nouvel espoir, mais encore «des lendemains de lutte, de bataille pour espérer s'en sortir un jour».

SOURCE
Samedi 3 Octobre 2015
La Dépêche d'Abidjan



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