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La nouvelle vie d’ATT


La nouvelle vie d’ATT
Que devient l’ancien président du Mali ? Que fait-il depuis le putsch militaire qui a mis un terme brutal à son second (et ultime) quinquennat, le 22 mars dernier ? Révélations exclusives d’Afriquinfos. (Par Francis Kpatindé)

Le général Amadou Toumani Touré (ATT) devait rentrer ce mardi (21 août 2012) à Dakar en provenance des îles Canaries, où il passé trois semaines de vacances avec son épouse, Lobbo Touré, leurs deux filles, Fanta et Mabo, et les petits-enfants. La destination de villégiature était, selon le programme initial, moins éloignée : les îles du Sine Saloum, situées à quelque 150 kilomètres au sud de la capitale sénégalaise. Mais le choix de la proximité supposait que les agents affectés à la sécurité de l’ancien président – des gendarmes sénégalais et une poignée de militaires maliens qui l’ont suivi en exil – soient mobilisés pour assurer, en cas de besoin, sa protection. Afin de leur permettre de souffler et de profiter de leurs propres familles, surtout en période de jeûne, ATT a changé de destination, à la dernière minute, et s’est envolé avec les siens et une petite équipe de sécurité pour les Canaries. C’est sa première sortie du Sénégal, où il est arrivé le 20 avril, près d’un mois après sa chute, à la demande de son « jeune frère », le président sénégalais Macky Sall.
Depuis, il occupe avec son épouse et les autres membres de la famille la Résidence Pasteur, une demeure coloniale arborée réservée aux hôtes de marque, à proximité du palais présidentiel, entre l’océan et l’hôpital Aristide Le Dantec. Pour la petite histoire, le « Petit palais », comme on appelle, à Dakar, la Résidence Pasteur, a été occupé en 1959 par le futur président du Mali indépendant, Modibo Kéita, du temps de l’éphémère Fédération du Mali.
ATT y reçoit ses invités, certains de ses anciens collaborateurs et ministres en exil, tout comme ses amis résidant ou de passage dans la capitale sénégalaise. Il y a ainsi reçu son illustre hôte, le président Macky Sall soi-même, à la fin de juillet, juste à la veille du départ en vacances aux Canaries. C’est installé dans le spacieux salon du rez-de-chaussée de la Résidence Pasteur, qu’il passe ou reçoit ses appels sur ses téléphones cellulaires.
Parmi ceux qui viennent aux nouvelles figurent certains de ses anciens pairs, notamment d’Afrique centrale. Les présidents Denis Sassou Nguesso (République du Congo), François Bozizé (République centrafricaine) et Idriss Déby Itno (Tchad), pour ne citer que ces trois-là, se sont dits prêts à l’accueillir avec tous les honneurs chez eux. ATT a finalement fait le choix du Sénégal, pour plusieurs raisons. Macky Sall a été le premier chef d’Etat à lui faire l’offre d’hospitalité. Il a été le premier à avoir dépêché un avion pour le chercher. Argument plus sentimental : Dakar est à un jet de pierre de Bamako, où ATT ne perd pas espoir de retourner dans un avenir proche. Lorsque, bien entendu, les passions se seront calmées.
A Dakar, ATT sort rarement de la Résidence Pasteur, sinon pour se rendre certains matins dans une salle de gymnastique. Il arrive aussi (mais plus rarement) à ce sportif accompli de faire du footing en bordure d’océan avec quelques éléments de sa garde sans se faire repérer. Approché par les Nations unies pour « aider à la recherche d’une solution » à la crise sociopolitique dans son pays, il a décliné l’offre, préférant rester « à la place qui est désormais la sienne », histoire de ne pas indisposer le Sénégal, qui lui a généreusement offert l’asile, et pour ne pas interférer dans les multiples médiations en cours au niveau de la CEDEAO et de l’Union africaine.
Son départ de Bamako pour Dakar le 20 avril à bord de la « Pointe Sarène », l’avion présidentiel sénégalais, est le résultat d’un compromis politique et moral entre le président Macky Sall et le chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui a accepté le départ en exil et même ordonné que le départ soit organisé par le protocole d’Etat. Le Premier ministre Cheikh Modibo Diarra, qui n’était pas dans la confidence, a appris la nouvelle sur les ondes.
Le départ lui-même a d’ailleurs failli être compromis à cause d’une manifestation de mauvaise humeur d’une poignée de soldats dont l’un, surexcité, a même lâché une rafale en l’air. Après des négociations, le quidam a été reçu par ATT à bord de l’avion, après avoir été désarmé par la sécurité sénégalaise. Il entendait protester, assura-t-il, contre une sanction de suspension de six mois qui lui avait été infligée par le Conseil de discipline du commandement militaire pour sa responsabilité présumée dans une sombre affaire de bizutage qui a très mal tourné, en octobre 2011, après la mort de quatre élèves officiers maliens et d’une Sénégalaise, Fatou Seck Gningue, de l’Ecole militaire interarmes, de Koulikoro. Informé par ATT que des remises de peine concernant certains militaires impliqués, dont lui, avaient été prises quelques semaines plus tôt, l’intéressé a présenté ses plus plates excuses, s’est mis au garde-à-vous, avant de descendre piteusement de l’appareil.

Afriquinfos
Mercredi 22 Août 2012
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