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La méthode des brigades rouges

En Italie, au temps des brigades rouges, l’on a remarqué une chose très importante. En effet, quand elles (Les BR) enlèvent une personnalité politique (ou autre) qu’elles soupçonnent de quelque chose, elles la gardent sans lui parler. Pendant des jours voire des mois, elles nourrissent leur otage, mais ne lui adressent aucun reproche, aucune interrogation. C’est le silence complet et la « victime » devant ce comportement de violence tranquille et silencieuse, étouffe, éprouve le besoin de parler. Alors, elles l’écoutent, sans l’interrompre, mais ne font aucun commentaire ni en bien ni en mal. Le résultat est probant et sans appel : la conscience de l’otage subit une surchauffe, divague, accuse autrui, se disculpe soi-même, se contredit, pleure parfois ETC…


La méthode des brigades rouges
C’est cette méthode que le peuple ivoirien a expérimentée face à M. Guillaume Soro, depuis l’avènement de sa rébellion en 2002. Dans le tourment de sa conscience, il a cru bon de s’excuser auprès du peuple ivoirien, il a accusé le régime de Laurent Gbagbo de tous les péchés d’Israël et tutti quanti, mais personne ne lui a porté la contradiction.
Niaisement, il a récemment publié la lettre reçue de M. Luis Moreno Ocampo, ex-procureur de la CPI, histoire de faire croire que lui Soro Kigbafori est au-dessus de toute poursuite de la CPI, mais rien à faire, silence radio. Ni la CPI encore moins le peuple ivoirien n’a osé réagir à ses élucubrations. Son « one man show » continue : Il chante, entonne le refrain, le couplet, mais tel dans un désert, aucun écho de sa voix ne lui revient. En désespoir de cause, il se contredit maintenant. Son nouveau dada est de disculper sans le savoir ni le vouloir, le régime Gbagbo en usant de son raisonnement favori : l’absurdité juridique. Et comment ?
M. Soro parle de légalité depuis le 28 novembre 2010 qui aurait basculé dans son camp. Le monde entier a bien entendu le propos de M. Soro sur RFI (Radio France Internationale ce dimanche matin 08/07/12) quand il a dit que la légitime défense était dans le camp de ses FRCI (forces républicaines de Côte d’Ivoire), sous le fallacieux prétexte que celles-ci auraient été agressées par l’armée de Laurent Gbagbo ! Quid alors de la rébellion du 18 au 19 septembre 2002 ? Elle était donc hors-la-loi ? Et tous ces gens que ses hordes de sauvageons appelaient les « BAD » c’est-à-dire « Bétés, Akiés, Didas ETC) qu’il fallait systématiquement tuer, n’étaient-ils pas des victimes de génocide ? Jamais dans notre pays, en dehors du « rattrapage ethnique » officiellement proclamé par M. Ouattara, aucun homme politique n’a jamais sauté le pas pour parler de mise à l’écart d’un groupe ethnique. On pouvait le sentir dans la façon de faire, mais jamais consacré, suscité et proclamé urbi et orbi. (Le PDCI à ses débuts corrigés en gouvernements successifs d’union nationale sur le tard par exemple)
D’autres personnalités proches du régime Gbagbo viennent d’être inculpées de génocide. Si seulement ce régime illégal de conspirateurs Ouattraciens jetait un coup d’œil sur la définition de génocide, il étalerait moins ses carences. (Génocide : du grec Genos = Race et du latin caedere = tuer) Ce régime comprendrait mieux que c’est maintenant que les pogromes sont perpétrés à l’Ouest et les épurations ethniques ouvertement couvertes par le RHDP avec la complicité de l’ONUCI. Une simple petite enquête à l’Ouest suffit pour être grandement édifié. Comme quoi, Soro et consorts croient que ce qui est de leurs faits est couvert par le sceau de la légalité. Ils sont encore plus convaincus que leur mensonge peut se transmuter en vérité biblique à force de le répéter.
Dans l’opus de M. Soro : Pourquoi je suis devenu rebelle édit. Hachette, 2005 pp.61-62 ; on peut lire le mensonge suivant : « Notre armée, les FAFN (Forces Armées des Forces Nouvelles), obéit à une logique différente. Elle se veut le creuset de l’unité nationale. L’appartenance ethnique ne constitue nullement un critère de promotion, ni un handicap. Le dévouement à la cause et la compétence prévalent sur toutes autres considérations. Elle préfigure notre vision de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. » Voilà donc l’image des FAFN (rebaptisées FRCI), dans le regard de M. Soro. C’est juste le rapport du jour et de la nuit pour qui connaît la composition de cette armée de nordistes.
Ce que Soro et compagnie ignorent, c’est que le glas a sonné pour eux depuis que l’on sait que l’image du supplice du pneu de Yopougon, a été trafiquée de la république Sud-africaine en Côte d’Ivoire. Mille jours pour le voleur, un seul pour le propriétaire pour ne pas dire pour la vérité. Soro et consorts peuvent toujours raconter leur sornette pour endormir ceux qui en ont envie. Quant à nous, notre regard est tourné vers la CPI et sa nouvelle orientation, car le plus fort le matin ne saurait garder sa position à midi voire au coucher du soleil. Houphouët-Boigny a dirigé pendant un demi-siècle, mais son règne a pris fin un jour ! Malheur au juge qui rend des décisions iniques !

Louis-Freddy Aguisso
Mardi 10 Juillet 2012
La Dépêche d'Abidjan



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