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La Dépêche d'Abidjan

La crise du Coronavirus et le continent africain : Cette pandémie sera-t-elle le dernier électrochoc qui peut amener les Africains à une prise de conscience réelle ?


Position du problème

La crise du Coronavirus frappe le monde depuis plusieurs semaines. Du côté de l’Afrique, la pandémie commence à faire des victimes depuis ces dernières semaines.

Les réseaux sociaux s’échauffent alors. Des Africains expédient vidéos et divers posts pour exprimer leur indignation et leur désarroi. Ils s’émeuvent du comportement des Occidentaux. Tantôt ils se plaignent du traitement fait au professeur Raoult, tantôt ils se réjouissent de ce que la Russie approvisionne les Etats Unis en masques s’ils ne publient pas toutes les vilénies que les Occidentaux ont cultivées à l’endroit de l’Afrique et des Africains depuis des siècles.

Oui chers compatriotes africains, certes il y a eu la conférence de Berlin de 1885 qui a consacré la balkanisation de l’Afrique. Il y a eu ensuite l’esclavage puis la colonisation et la période postcoloniale que nous vivons. Tout cela est connu de tout le monde !
Mais nous savons depuis qu’un pays n’a pas d’amis. Plutôt, il n’a que des intérêts à sauvegarder et à défendre. Malgré tout ce que nous savons, les Africains restent dans l’émotion, dans les plaintes et dans les dénonciations.... Ils se scandalisent ; ils s’indignent ; ils pleurnichent quand ils ne développent pas à satiété des thèses complotistes. Même si de telles attitudes sont légitimes pour certaines et/ou compréhensibles pour d’autres, la question qui reste pendante est de savoir pourquoi les Africains jouent le jeu de l’infantilisation à laquelle ils sont en proie pendant qu’ils ne font rien pour en sortir.

Problématique

Que faut-il de plus violent pour sensibiliser les Africains ? Le Coronavirus pourrait-il être cet ultime électrochoc ? Quand allons-nous agir ? Ou bien comme l’émotion a souvent le dessus dans nos habitudes, sera-t-il encore le calme après la tempête ? Pourquoi nous dédouanons-nous de ce qui relève de notre responsabilité en se défaussant dans des tribunes, des vidéos, des indignations et autres supports qui soutiennent la théorie de la victimisation ? Pour parler du professeur Raoult, s’il est vrai que le traitement à lui fait est scandaleux, il est aussi intéressant de noter que cette situation dans le milieu médical est ce qu’il se passe dans la vie de tous les jours. En effet, nous avons obtenu le multipartisme dans les pays africains. Et nous voulons la liberté et la démocratie. Il n’empêche que quand une personne a une approche sur des questions sociétales ou politiques, même pertinente, dès lors qu’elle n’est pas conformiste, les partisans de la pensée unique se ruent sur elle. Alors de quoi parlons-nous si ce n’est de meubler l’oisiveté qui nous accable ? Allons-nous toujours rester dans l’émotion plutôt que d’avoir une réelle prise de conscience qui nous amène à agir collectivement en connaissance de cause ?

Chaque jour, nous nous divisons pour la prise du pouvoir tout en continuant de refuser de revisiter des pratiques qui ont été préjudiciables à la collectivité et nous remettons tout entre les mains de Dieu sans aucune introspection. Egalement, nous nous battons sur des préséances.

En fait, le vrai problème est que nous nous dispersons dans des actes qui peuvent nous rendre visibles plutôt que d’exceller dans des actions qui peuvent contribuer à résoudre les contradictions principales. Ainsi, nous faisons tout sauf ce qui peut nous sortir du bourbier. Si ce n’est pas de l’opportunisme ou de l’irresponsabilité, de quoi s’agit-il ?
Pour revenir à notre rapport au Coronavirus, il faut dire que les Occidentaux s’activent et mettent les bouchées doubles pour endiguer et enrayer cette pandémie au bénéfice de leurs populations. Pendant ce temps, les Africains sont dans l’attentisme et ils dénoncent des complots peut-être utilement. Mais, paradoxalement, ils attendent que les Occidentaux qu’ils invectivent leur apportent des solutions. Où est la cohérence ?

Par ailleurs, parmi nous, il y en a, sous couvert de discours lénifiants et altruistes, veulent en réalité avoir ou conserver des positions dominantes. Où est la différence avec les Occidentaux qui eux, se soucient au moins du sort de leurs populations ? Aussi, nous soupçonnons-nous en permanence. Mais nous faisons plus confiance aux Blancs. Pourquoi alors s’en prendre constamment à eux ? Il faut intégrer que l’Afrique ne s’en sortira pas avec des nationalismes perlé entre pays africains, des égotismes, des égoïsmes de certaines élites et des inclinations d’autres à cultiver de l’illumination.

Nos propositions à la diaspora africaine qui peut donner les moyens dans une démarche solidaire et salutaire et qui ne ruine personne :
La société civile est le vecteur qui peut rebattre les cartes. Nous pensons que pour aider le peuple, il n’est pas forcément besoin d’être au pouvoir. Alors, à part de rares exceptions, il faut vraiment s’interroger si tous ceux qui se battent pour arriver au pouvoir le font dans ‘intérêt du peuple ? En réalité, il est plus que temps de nous regarder dans le miroir et d’identifier exactement ce que nous voulons. Car nous ne pouvons pas vouloir la liberté et la démocratie et en même temps résister à la promotion d’idées progressistes.
Des clans, des systèmes, des groupes combattent des idées novatrices dès lors qu’elles ne viennent pas d’eux ou qu’elles peuvent induire une certaine transparence qui limite leur pouvoir.

S’il est vrai que Faure Gnassingbé Eyadema, Patrice Talon, Alassane Dramane Ouattara, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Kéita, Idriss Déby, Paul Biya, Ali Bongo ou Mahamadou Issoufou etc., par leurs agissements et ceux des systèmes qui les protègent, mettent l’Afrique à genou, la problématique fondamentale reste la non-réponse des Africains surtout de la diaspora devant ces tares. Alors, Diaspora, avec tous les exemples que nous voyons chaque jour, nous devons retenir que les choses que nous ne pouvons pas faire ne doivent pas nous empêcher de faire celles que nous pouvons faire.

Nous sommes environ cinq (5) millions rien qu’en France. Imaginez que chacun(e) apporte dans une cagnotte 5 € par mois. Ce sont 25 millions d’euros qui seront réunis tous les mois. C’est 300 millions d’€ que nous cumulerons sur une année c'est-à-dire près de deux cents (200) milliards de francs cfa. Avec une telle manne, nous pourrons financer de la recherche – stimuler les inventeurs -, agir ensemble et se faire entendre au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, au Tchad, au Cameroun, au Gabon, ou au Niger, … A dire vrai, la plupart des aînés et certains jeunes sont toujours et encore tournés vers des formats et schémas qui ne marchent pas. La jeunesse doit sortir d’une certaine vision pour réagir avec pertinence. Le panafricanisme ne doit pas s’abréger à des publications de tribunes et des théories qui ne sont pas de nature à modifier notre condition. Il faut passer à des actions concrètes. C’est ce qui fera changer le regard des Occidentaux sur nous.

Nous avons le 31 août 2019, à une assemblée constituante à Paris le Bourget, créé le Mouvement de la Diaspora ivoirienne et africaine (MODIAF). Le Congo, le Cameroun, le Bénin, le Togo, étaient représentés en plus d’amis et camarades notamment du Burkina, de Djibouti, du Sénégal et d’autres pays qui étaient au courant mais encore en vacances.

L’essentiel est qu’ensemble, nous bâtissions les mécanismes d’une transparence pour construire collectivement. C’est de cette seule façon que nous prendrons notre destin en main et nous aiderons nos peuples.
Au total, jusqu’à présent, nous sommes victimes de notre inorganisation. Emmanuel Macron veut organiser la Diaspora africaine, sa diaspora africaine. Est-ce ainsi que nous voyons les choses en restant dans des discours ? La bonne réponse ne dépend que de nous.

Dr Claude KOUDOU
Président du MODIAF (Mouvement de la Diaspora ivoirienne et africaine)

Lundi 6 Avril 2020
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
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1.Posté par Kouadio N’guessan Patricia le 07/04/2020 08:55 (depuis mobile) | Alerter
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Ce que vous dites est vrai et je suis partante pour la cagnotte cela ferait avancer les recherches...Et cette cagnotte A qui la verseront nous afin qu’il n’y ait pas là encore la corruption et le vol? Que les mentalités changent. 2020. Merci.

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