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La Dépêche d'Abidjan

La construction de l’identité chez les adolescents issus de l’immigration africaine


Les études sur les adolescents immigrés ont souvent interprété leurs difficultés en termes de perte de repères culturels ou de démission parentale . Au moment où le débat sur l’intégration s’oriente sur les problèmes de perception sociale ( Tribalat 1995), cet article se propose d’examiner quelle est la part prise par la dimension raciale dans la construction de l’identité des adolescents africains ? quelles sont les interactions entre l’adolescent africain et le milieu dans lequel il construit son identité ? Quelles leçons peut -on tirer de la connaissance de la conception de l’adolescence en Afrique noire pour aider les parents migrants et les travailleurs sociaux à mieux répondre à la demande des adolescents issus de l’immigration africaine ?

Un stade méconnu

La notion d’adolescence est mal cernée en Afrique, les jeunes passant directement du statut d’enfant à celui d’adulte. Dans les sociétés traditionnelles africaines, pour les filles la puberté signifie l’entrée dans l’âge adulte. Elles sont mariables et quelquefois déjà promises à un mari depuis leur tendre enfance (il y aurait ainsi un transfert de responsabilités , la belle famille et/ou le mari étant chargés de poursuivre l’éducation de la jeune fille). La sexualité des adolescentes africaines est très difficile à vivre car elle doit se justifier par la promesse d’un futur conjoint vu l’importance que la société accorde au mariage ; Les garçons restent pendant longtemps dépendants à l’égard des anciens, parfois même lorsqu’ils ont accédé au mariage et au statut de chef de famille. Leur autonomie , cette conquête de la jeunesse sur d’autres continents, reste très réduite (Locoh 1992).

Même en Afrique les familles ne sont pas épargnées par la crise de valeurs due à une crise économique sans précédent; il convient alors de se demander si le contexte migratoire ne joue pas le rôle amplificateur dans les dificultés des enfants à gérer leur crise d’adolescence.

L’identité de la rue , une catastrophe annoncée ?


Une étude récente de l’association Afrique partenaires services ( Bodin, Kouyate. 1995) a mis à jour le danger auquel étaient exposés les enfants africains issus de l’immigration sahélienne en région parisienne .

D’abord quelques statistiques: la taille moyenne de ces familles est de sept à quinze personnes , 58% de ces familles vivent dans des logements d’une seule pièce , représentant un espace égal ou inférieur à 15 M2 .Cette surdensité a plusieurs conséquences :la rupture des liens sociaux, un phénomène de décohabitation sociale avec dispersion des membres de la famille ( les parents vivent dans un endroit et les enfants dorment ailleurs ), un pessimisme généralisé chez les adultes qui pensent que le projet migratoire a été un échec , une remise en cause par les enfants des statuts et rôles parentaux dont le manque de respect qui entraîne une incommunicabilité entre parents et enfants .Un fait plus important est le changement de comportement des femmes qui, fait nouveau, stigmatisent violemment les hommes à la maison devant les enfants , elles accusent ceux -ci ( les hommes ) de toutes les défaillances et irresponsabilités, d’où la fréquence des divorces où les femmes obtiennent le logement et la garde des enfants .

Les enfants à défaut de s’entasser dans ces pièces où ils seront en conflit avec leurs parents préfèrent aller dans la rue, malheureusement ils adoptent l’identité de celle-ci avec toutes les conséquences c’est à dire le vol , le deal , et une prédélinquance . Cette situation dramatique ne laisse pas les parents africains indifférents comme en témoignent ces propos :
Fatou mère de famille “avant quand tu allais dans les foyers ,entre nous femmes c’étaient les problèmes de couple , les conflits de polygamie, .Mais maintenant tout cela c’est fini tu n’entends plus que les problèmes de délinquance .Qui n’a pas un , deux ou trois enfants en prison ? maintenant il faut s’organiser pour aller voir les enfants en prison “Un père de famille: “Ici nous dormons devant nos enfants nous nous déshabillons devant nos enfants , nous faisons tout devant nos enfants . Pouvons-nous encore leur demander de nous respecter ? pouvons nous oser ? c’est une vie indigne “
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Dimanche 26 Avril 2020
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