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La Migritude : Le déni de Zacharie Acafou sur la théorie de Chevrier

La démarche littéraire de l’Africain aura été affublée de bien de concepts ces dernières décennies. Le paternalisme français l’a souvent désiré étrangement proche tout en le voulant aimablement loin. La parenté de sens mais non de logique qu’on a voulue faire ressortir en conceptualisant le parallélisme de la littérature francophone par rapport à la littérature d’expression française n’aura pas fini de faire son chemin avant d’avoir accouché son versant plus caricatural dans la « Migritude » concept mis en branle par l’éminent spécialiste de la littérature négro-africaine Jacques Chevrier.


La Migritude : Le déni de Zacharie Acafou sur la théorie de Chevrier
Si immigrer reste frappé du sceau d’un inconfort psychoaffectif et géographique, lequel motive le déplacement d’un Africain d’un point A à un point B, cela signifierait-il donc que son esprit soit soumis à une quelconque influence qui entacherait sa pensée et son agir artistique ?
C’est sur ces insinuations que fut élaborée la migritude. Elle répond au besoin d’apercevoir dans leur inspiration une part de contradictions émotionnelles, un résidu de cette aventure forcenée qui les place entre deux mondes qui se confondent comme deux figures concentriques sans pour autant partager les mêmes principes. La création du concept « Migritude » pour caricaturer ces écrivains dits « nomades » avec une obsessionnelle focalisation sur l’écrivain Africain semble aboutir à oindre leur art de cette itinérance perçue dans leur émigration. Serait-ce donc un art soumis aux variations des pesanteurs de cette itinérance? Zacharie Acafou résiste à cette perception et met en lumière sans son ouvrage critique Ce grand cadavre à la renverse ? Littérature africaine d’expression française, les insuffisances de la théorie de Chevrier sur la question.
« En général, l’esprit dans lequel Jacques Chevrier proclame sa migritude était de montrer l’émergence d’une littérature africaine faite par des auteurs en situation d’émigration. Ces écrivains de la migritude (en écho aux écrivains de la Négritude) ont même fait l’objet de plusieurs publications universitaires, articles, livres, etc. Des écrivains qui ont fait le choix à des degrés divers, de vivre hors de leur continent c'est-à-dire en Europe ou en Amérique. Et même s’ils restent profondément africains, le lieu et les conditions dans lesquels ils vivent affecteraient directement leur discours qui se trouverait décentré.
« On qualifie ces auteurs « d’écrivains itinérants » parce qu’ils reconfigurent sans cesse et consciemment leur espace identitaire. L’errance est devenue un mode de vie, une façon d’être. » Et Chevrier d’ajouter : « Les écrivains de la migritude tendent en effet, aujourd’hui, à devenir des nomades évoluant entre plusieurs pays, plusieurs langues et plusieurs cultures, et c’est sans complexes qu’ils s’installent dans l’hybride naguère vilipendé par l’auteur de L’aventure ambiguë ». Mais, puissions-nous affirmer que l’écrivain, qu’il soit africain ou autre est par essence « nomade » s’inspirant de diverses cultures pour puiser son inspiration. Sur la base donc de quels procédés l’écrivain africain serait à catégoriser dans une forme de migritude dont l’étroitesse de définition l’enfermerait plus qu’il ne le libère ?
Le regard critique jeté sur cette théorie caricaturale de Jacques Chevrier par Zacharie Acafou éprouve les fondamentaux de cette conception et ouvre ainsi un débat sur la nature et l’économie de celle-ci. Consentir à se mouvoir dans cette eau trouble sans l’épurer est selon toute vraisemblance un risque que l’auteur de Ce grand cadavre à la renverse ? Littérature africaine d’expression française s’interdit de prendre.

Stephens Akplogan, Essayiste
Mardi 7 Juillet 2015
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