Connectez-vous S'inscrire
La Dépêche d'Abidjan

LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES FRANÇAIS

Plaidoyer pour la libération de Simone EHIVET GBAGBO


LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES FRANÇAIS

Mesdames, Messieurs les Parlementaires,


En ce vendredi 20 juin 2014, jour anniversaire de Simone EHIVET GBAGBO qui célèbre aujourd’hui ses 65 ans dans un lieu et dans des conditions de détention dont nous ignorons tout quelque part en Francivoire, nous venons vers vous vous rappeler « qu’un peuple qui ignore son passé se condamne à le revivre de nouveau » comme le disait si bien Churchill et que la paix en Côte d’Ivoire passe certes par la réconciliation mais que cette dernière ne saurait se faire sans qu’une véritable Justice ne passe (cf. le communiqué de presse de la Défense du Président Laurent GBAGBO du 18 juin 2014 -date ô combien symbolique vous en conviendrez- : http://rene.kimbassa.over-blog.com/article-communique-de-presse-de-la-defense-du-president-gbagbo-123938266.html)
A plusieurs reprises depuis le 11 avril 2011, nous vous avons interpellés sur la caution que vous étiez en train de donner à l’installation d’un régime aussi liberticide que sanguinaire en Côte d’Ivoire (http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/02/le-mariage-pour-tous-daccord-mais-le_4.html). Nous n’avons d’ailleurs reçu aucune réponse à notre demande d’enquête parlementaire, pas plus qu’à celle que nous avons relayée de quelques courageux parlementaires qui ont quelque part sauvé le peu qu’il reste d’honneur à vos assemblées respectives en contestant votre soutien unilatéral à la prise du pouvoir par la force d’Alassane OUATTARA dans le déni total des exactions toujours en cours non seulement sur la Première Dame Simone Ehivet GBAGBO sur laquelle nous focalisons notre interpellation du jour, mais également sur les centaines de prisonniers politiques qui continuent de croupir dans des prisons ivoiriennes, et encore sur des massacres à caractère ethnico-politique qui continuent de sévir, que nous n’aurions aucun mal à requalifier en actes génocidaires si la mémoire sélective et l’indignation à géométrie variable qui vous caractérisent ne réservaient ce terme aux seuls drames qu’il est opportun et politiquement correct de commémorer (Lien vers un mémorandum non exhaustif en images des crimes de la rébellion jusqu’à nos jours : http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html).
Avant d’être l’épouse du Président légitime Laurent GBAGBO, Simone EHIVET GBAGBO est une représentante élue du peuple ivoirien. Comme vous –peut-être plus que vous car élue députée de la Commune d’ABOBO réputée ouattariste- elle a été choisie par le peuple en 1996 pour le défendre et le représenter urbi et orbi avant d’être arrêtée, maltraitée devant les caméras du monde entier. Et comme il vous a plu de la laisser se faire ainsi publiquement violentée sans levée de son immunité parlementaire, nous sommes légitimement fondés à considérer qu’elle est aujourd’hui encore embastillée en qualité de députée de la République souveraine de Côte d’Ivoire. S’en est-il trouvé un seul d’entre vous, je dirais-même une seule d’entre vous pour empêcher ce lynchage médiatique aussi abject qu’injuste ?
Un lynchage cathodique moderne qui n’est pas sans nous rappeler les pires heures de notre sombre histoire française, celles où pendant l’épuration, on tondait des femmes, on exécutait des hommes pour « collaboration » avec l’ennemi sans se soucier de savoir ce qu’ils avaient réellement fait et souvent pour les empêcher de dénoncer ce qu’ils n’avaient pas fait justement, tant les anciens tortionnaires excellent parfois à se reconvertir en Résistants de la dernière heure pour échapper à la justice des hommes. Qu’ils soit permis à toutes celles et ceux qui moquaient sa Foi -certes très extériorisée- et son Espoir en une justice divine salvatrice de ne pas avoir à subir le dixième de ce que l’on a infligé à cette Première Dame en exercice, uniquement parce que l’Occident avait décidé de faire tomber le régime de son mari, faute d’avoir réussi à le soumettre !
Alors plus de 3 ans après l’installation du régime de votre servant local Alassane OUATTARA, que reste-t-il de vos accusations à l’endroit de la Première Dame Simone EHIVET GBAGBO ? Partout vous clamiez - ou laissiez clamer (ce qui revient au même car selon le bon mot de Desmond TUTU : « Qui est neutre dans une oppression se met du côté de l’oppresseur ») : qu’elle était l’âme damnée de son dictateur de mari, que c’était elle qui conduisait les Escadrons de la mort (malheureusement toujours actifs : http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2014/01/le-14-novembre-2013-desire-oue-un-jeune.html), qu’elle avait encouragé au viol comme arme de guerre pour se maintenir au pouvoir, qu’elle était responsable de la disparition du journaliste Guy-André KIEFFER (alors que le juge d’instruction Patrick RAMAEL en charge de l’affaire vient d’être détaché en début d’année par notre Garde des Sceaux Christiane TAUBIRA pour officier en tant que conseiller technique d’Alassane OUATTARA en charge de la réforme de la Justice ivoirienne, beau gage d’indépendance s’il en est),…
Qu’en est-il aujourd’hui de toutes ces accusations qui ont servi à justifier l’emploi de la force pour destituer son indocile et incorruptible mari jusqu’à sa remise par la France le 11 avril 2011aux rebelles reconvertis en Forces Républicaines de Côte d’Ivoire comme s’il suffisait de changer de nom ou d’habit pour transformer des putschistes sanguinaires en démocrates convaincus ? Laurent GBAGBO vient de voir les charges confirmées pour seulement quatre des faits pesant contre lui portant sur 164 victimes sur un total de plus de 3000 qu’on lui impute abusivement et unilatéralement relativement à la crise postélectorale à l’issue de 3 ans d’enquête à charge de la part de deux procureurs complètement acquis à la Françafrique (l’Argentin Luis Moreno OCAMPO et la Gambienne Fatou BENSOUDA, leur alibi CPI de la diversité). Et encore, il a fallu user de manœuvres dilatoires, renvoyer BENSOUDA à sa copie tant les preuves étaient insuffisantes même pour des juges rompus à l’ordre néocolonial, sans oublier l’opinion dissidente de la troisième juge qui malgré la meilleure volonté du monde n’a pas voulu achever de décrédibiliser la CPI en confirmant des charges sur la base d’un dossier aussi grossier.
Simone Ehivet GBAGBO est une fois de plus enfermée, privée des siens et du peuple qui l’a portée au pouvoir aux côtés de son mari. Car rappelons en effet que, comme Laurent GBAGBO, ce n’est pas la première fois que cette brillante et courageuse femme politique est emprisonnée par le même Alassane OUATTARA qui plus est ! Dans son admirable livre « Paroles d’Honneur » de 2007 qui gagnerait à être réédité, elle rappelle comment en 1992, elle a failli perdre la vie, battue à mort et plongée dans un coma à l’issue incertaine avant de se réveiller à la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) par décision de celui là même qui exerce aujourd’hui la présidence de fait en Côte d’Ivoire.
Contrairement aux apparences, ce n’est pas nous qui marchons pour Laurent GBAGBO, pour Simone GBAGBO et pour toutes les autres figures de la Résistance panafricaine, mais bien ces dernières qui sont en prison ou ont déjà donné leur vie pour que nos enfants soient débarrassés des coups de force de la France et de l’Organisation des Nantis Unis qui nous dirigent au nom de leurs intérêts élitistes court-termistes.
Pour vous prouver que nous sommes loin d’être les seuls à dénoncer le coup d’arrêt qui a été porté à la fragile démocratie ivoirienne, nous vous informons de la naissance de l’Association des Amis de Laurent GBAGBO et vous invitons à prendre connaissance de sa dernière Tribune sur le lien suivant : http://soutienetliberte.wordpress.com/2014/06/11/les-nouveaux-signataires-de-la-tribune-pour-la-liberation-immediate-de-laurent-gbagbo.
Pour finir notre propos et vous inviter à sortir de votre silence aussi coupable qu’indécent tandis que les crimes que vous prétendiez avoir à cœur d’éviter se poursuivent en Côte d’Ivoire, permettez-nous de vous soumettre ci-après quelques citations de Simone Ehivet GBAGBO qui est non seulement une intellectuelle engagée pour l’émancipation de son peuple en particulier et de l’Afrique en général, mais qui est devenue, sous le coup de vos assauts néocoloniaux répétés, au péril de sa vie et de celle de ses proches, une figure vivante de la Résistance à l’oppression, un chemin de lutte à suivre pour nous et à méditer pour vous !

« Femme Noire, Femme Africaine, ô toi maman Simone, nous pensons à toi.
Toi qui nous éduquas, toi qui nous ouvris les yeux aux prodiges de la Lutte,
Toi qui patiemment supportais nos querelles et nos erreurs,
Ô toi maman Simone, toi de la lignée des Grands Résistants, de la grande famille du vrai socialisme, celui du Front Populaire Ivoirien,
Nous te saluons, t’aimons et te disons « OVAJAB » pour « On Va Aller Jusqu’Au Bout ! »
Tes filles, si loin, si près de toi. »

Adapté du poème de Camara LAYE : « A ma mère »
Fait à Courbevoie, le vendredi 2014
Fatou Mahine,
La Présidente de FER
Samedi 21 Juin 2014
La Dépêche d'Abidjan



Tribune
Notez

Nouveau commentaire :
Twitter

Conditions d'utilisation
Merci d'écrire dans un langage correct et d'éviter des affirmations sans preuves.




Actualité | Opinion | Contributions | Vidéos | Zouglou Feeling | People | Reportages | Tribune | Lu pour vous | Arts et Cuture | Insolite | Communiqué | Sports | Santé | Tourisme - Voyages | À ne pas manquer | VOTRE PUBLICITÉ SUR LA DÉPÊCHE D'ABIDJAN | Espace Kamite



"Le Franc des Colonies Françaises d'Afrique (FCFA) est une propriété à part entière de la France."

La Dépêche d'Abidjan | 18/05/2018 | 2586 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 12/12/2017 | 3283 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 11/07/2017 | 2157 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 27/04/2016 | 5365 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 24/10/2015 | 51021 vues
33333  (36 votes) | 14 Commentaires
La Dépêche d'Abidjan | 12/05/2015 | 3533 vues
00000  (0 vote) | 0 Commentaire
La Dépêche d'Abidjan | 04/01/2015 | 5747 vues
00000  (0 vote) | 3 Commentaires