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LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO PEUT NOURRIR TOUTE L’AFRIQUE ET LES PAYS DE L’UNION EUROPÉENNE - Source : Horizons et débats. 7 juillet 2008.

Les gisements des mines et les réserves de pétrole s’épuiseront un jour, mais l’agriculture pas. Gouverner c’est prévoir, dit-on.


LA RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO PEUT NOURRIR TOUTE L’AFRIQUE ET LES PAYS DE L’UNION EUROPÉENNE - Source : Horizons et débats. 7 juillet 2008.
Si les potentialités agronomiques des pays africains étaient rationnellement exploitées, les Etats africains n’auraient sûrement pas à importer des autres continents les denrées alimentaires de grande consommation (riz, maïs, sorgho, soja, bananes, manioc, patates douces, huile de palme, etc.). Les milliards de leurs pétrodollars n’iraient pas sur-enrichir les multimilliardaires d’Outre-Atlantique. Autrement dit, les milliards de pétrodollars africains auraient développé toute l’Afrique. En effet, les Etats africains producteurs du pétrole qui ont peu de terres arables, assureraient la sécurité alimentaire de leurs populations en important des autres pays africains à fortes potentialités agricoles les denrées alimentaires tout à fait fraîches et à moindre coût. Ces échanges économiques permettront aux uns et aux autres de se développer sans conditionnalités inhumaines imposées actuellement aux gouvernements africains par les traditionnels bailleurs de fonds occidentaux.

L’agriculture doit être une priorité

Les gisements des mines et les réserves de pétrole s’épuiseront un jour, mais l’agriculture pas. Gouverner c’est prévoir, dit-on. En conséquence, les gouvernements africains qui se réclament et même proclament d’œuvrer pour l’intérêt supérieur de leurs nations respectives, doivent consacrer un minimum de 25% de leurs budgets pour l’agriculture. Les Chinois ne cessent-ils pas de nous répéter qu’il vaut mieux apprendre à un peuple à se prendre en charge que perdre inutilement son temps à le nourrir ponctuellement par des apports extérieurs. C’est pourquoi, les nominations des ministres de l’Agriculture, de la pêche et du développement rural doivent tenir compte des capacités d’entreprenariat des titulaires, de l’utilisation rationnelle des ressources humaines formées et jouissant d’une grande expertise en matière d’agronomie. Il n’est plus l’heure des discours mielleux et distrayants des politiciens africains qui ne tiennent compte que des promesses fallacieuses qui leur ont été faites avec pompe, pendant plus de 40 ans, par les bailleurs de fonds occidentaux et autres organisations internationales. Toutes ces promesses n’ont jamais donné et ne donneront pas demain des résultats qui satisfassent les populations des Etats africains qui, elles aussi, ont droit à la sécurité alimentaire bien garantie et au développement endogène harmonieux.

L’Afrique centrale possède beaucoup de terres arables

Si les terres arables de la RDCongo (République démocratique du Congo) – aujourd’hui 80 000 000 ha soit 800 000 km2, deuxième pays du monde après le Brésil – peuvent nourrir deux milliards d’âmes de notre planète, soit l’Afrique (918 014 166 habitants) plus les Amériques (902 157 549 habitants) ou l’Afrique plus l’Europe (734 129 205 habitants) plus l’Océanie 33 594 581 habitants), cette RDCongo fait partie des pays de l’Afrique centrale. Comme on le sait, selon la résolution n° CM/Res.464 (XXXVI) des 23 février et 1er mars 1976 prise par l’Union Africaine, la région de l’Afrique centrale est composée par les pays suivants: 1. Cameroun, 2. République centrafricaine, 3. Congo-Brazzaville, 4. République Démocratique du Congo, 5. Gabon, 6. Guinée Equatoriale, 7. Sao Tomé-et-Principe et 8. Tchad. Ces pays appartiennent à d’immenses grandes forêts du Bassin du Congo jouissant d’une protection mondiale spéciale. Le tableau ci-dessous indique la superficie de chacun de ces huit pays et le pourcentage de ses terres arables mises en valeur.

La lecture du tableau montre également qu’à part le Cameroun, la superficie des terres arables mises en valeur de chacun des autres pays de l’Afrique centrale est minime par rapport à la superficie de son territoire national essentiellement constituée des forêts tropicales humides. Compte tenu de l’importance de la croissance démographique (les populations de l’Afrique centrale doublent tous les vingt ans et sont formées de 67% de moins de 18 ans), il est impérieux que chaque Etat de cette région ait au moins 15% de sa superficie en terres arables mises en valeur. Le tableau ci-dessous indique les superficies des terres arables actuellement en cultures et celles qui devront l’être dans un proche avenir. En ce qui concerne la RDCongo, ses terres arables occupent 80 000 000 ha, ou 800 000 km2, soit 34% de la superficie du territoire national.

Avec les terres arables disponibles en 2018, l’Afrique centrale sera à même d’assurer la souveraineté et l’indépendance alimentaires de ses populations qui seront en ce temps-là de plus ou moins 150 000 000 habitants et nourrir en plus près de 2 milliards de personnes. En cette période, la RDCongo n’aura mis en valeur que 35,2 millions de ses 80 millions d’hectares de terres arables. Les puissances occidentales très préoccupées par la chute progressive de la production du pétrole, pensent à intensifier les productions des biocarburants. Les pays à potentialités agronomiques visés sont le Brésil et le RDCongo. Le gouvernement de la République démocratique du Congo doit dès maintenant demeurer vigilant et éviter par tous les moyens de se laisser distraire par les offres alléchantes des milliards de dollars US que les investisseurs apportent pour acquérir les millions d’hectares de concessions agricoles pour la production de l’huile de palme. Nous ne sommes contre ce genre d’investissements, mais il n’est pas question de distribuer de nouvelles concessions dans nos forêts tropicales humides. Le pays possède d’énormes étendues de concessions agricoles abandonnées par les acquéreurs défaillants qui les avaient acquis dans le cadre de la zaïrianisation (mesures économiques de nationalisation) de triste mémoire opérée par le régime dictatorial de Mobutu en 1974.

On se conviendra avec nous que la RDCongo ne manque pas de quoi nourrir ses populations. Les paysans agriculteurs continuent à produire les denrées alimentaires, mais depuis 1984 leurs productions pourrissent du fait du manque de routes de desserte agricole pour les évacuer vers les centres de consommation. En outre, les enclavements ainsi longtemps entretenus, ont favorisé l’insécurité dans les milieux ruraux et provoqués l’exode rural.

En 1980, plus de 80% des populations congolaises vivaient avec de l’aide à l’intérieur du pays. Le gouvernement central doit, non seulement orienter les investissements vers les infrastructures nationales, mais aussi tout faire pour que les routes de desserte agricole, généralement en terre battue et donc faciles à rouvrir en court et moyen termes, soient praticables en toutes saisons. Ainsi, l’exode urbain sera une réalité. A titre illustratif, nous citerons la restauration de l’axe routier Bukavu-Kasongo via Mwenga-Kamituga dont la remise en état s’est malheureusement arrêtée au km 150 de Bukavu. Beaucoup de citadins de Bukavu envahissent les parcelles et concessions agricoles situées le long de cette route. Ils y construisent les résidences, maisons de commerce et bientôt les installations des usines de traitement de produits agricoles (huilerie, rizerie, minoterie, hôtellerie, restaurants ruraux etc.). Il en est de même des axes routiers récemment ouverts dans la province de l’Equateur. Les habitants de Lubumbasi (Katanga) se plaignent de la pénurie du maïs alors que les productions de milliers de tonnes de maïs pourrissent dans le district du Tanganyila. La cause est la même partout: manque de routes de desserte agricole. Les ministres de l’Agriculture, des voies de communication et des infrastructures; des Travaux publics et de la reconstruction, doivent faire quelque chose pour ne pas décourager les cultivateurs, car en effet, nous refusons que la RDCongo soit considéré comme un pays incapable de se nourrir.
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Lundi 1 Août 2016
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