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L’absence de raison critique est-elle devenue un principe général de philosophie politique en Côte d’Ivoire ?


Je me suis parfois demandé au regard de l’actualité, si l’absence de raison critique était devenue en Côte d’Ivoire, un principe général de philosophie politique, qui se présenterait comme une incapacité à penser et juger rationnellement et objectivement les faits, ayant une implication ou une conséquence politique. Cette inconsistance tragique de la parole publique, masque en réalité une absence de justification à certains actes condamnables, qu’on cherche trompeusement par tous les moyens, sous le couvert d’un idéal, d’une cause, d’un combat, du bien public, d’une génération et que sais-je encore, à expliquer en dépit d’une base factuelle contraire. Ce faisant nous avons pris la fâcheuse habitude de violer le droit et les valeurs fondamentales de la société. Cette situation a conduit à la banalisation du mal, à la déresponsabilisation, à la criminalité politique, à l’impunité et la déliquescence des mœurs. Quand l’esprit et la conscience d’un peuple sont corrompus, c’est son âme même qui est atteinte. Or, une société malade sécrète nécessairement médiocrité, désordre, violence et atrocités. Il suffit de constater ces symptômes dans notre société, de considérer les migrations politiques et de regarder la floraison des clubs de soutien de ceci et de cela, calque d’un temps révolu, de véritables mange-mils fanatisés, robotisés et désubstantialisés, obéissant aveuglement aux mots d’ordre et instructions d’imposteurs et de démagogues politiques que l’on retrouve ici et là.

Ainsi, la dernière actualité judiciaire a contribué à alimenter un débat qui témoigne par les vives et nombreuses réactions qu’elle a suscitées dans le microcosme politique et sur les réseaux sociaux, d’une absence totale d’impartialité. Dans les soutiens, on parlait au début d’accusation mensongère, puis de secret défense, et enfin comme aujourd’hui, de relation personnelle, de solidarité générationnelle, de combat idéologique ( ???). On observe une mutation thématique et une certaine évolution du discours. Aussi, dans ce prolongement on parle désormais de volonté politique d’affaiblissement, de calcul électoral, de chasse aux sorcières, d’ingratitude et… de légitimité historique d’une certaine catégorie de personnes. Cette dernière référence à la page la plus sombre de notre histoire peut surprendre, surtout qu’elle est formulée sous la forme d’un titre de créance sur la République ou d’une immunité contre le Droit. De l’autre côté, l’on parle d’immaturité, de ruse, de trahison, de trouble au jeu politique, mais surtout beaucoup plus grave, de volonté de déstabilisation et d’atteinte à l’autorité et à la sureté de l’État.

Qu’en est-il exactement ? Quelle est la réalité factuelle ? Quelles en sont les implications et les conséquences ? La question qui se pose, eu égard au type de critiques et de commentaires qui nous sont servis, est celle du rapport entre l’absence de raison critique et la responsabilité. Le modèle de raisonnement ou de pensée, ainsi proposer implicitement à la jeunesse, peut-il constituer un fondement sérieux pour la notion de responsabilité ? Dans quelle mesure l’évidence des faits, qu’on occulte volontairement, implique-t-elle l’imputabilité des actes à la charge d’une responsabilité individuelle ou collective ? Ce questionnement interpelle la pertinence de ces déclarations et commentaires, souvent partisans, desquels l’analyse critique semble absente à l’évidence. Il s’agit le plus souvent de mécanismes de défense, de solidarité et de récriminations de la part de certains esprits chagrins, qui éclipsent à la fois les faits et la responsabilité. Rien d’objectif et de sérieux. Il est remarquable que certains retournements et propos n’inspirent pas la considération, pour dire le moins. Un peu de retenue et de dignité seraient plus favorables à la sérénité nécessaire à une analyse critique, procédant d’un esprit critique et non d’un esprit de critique. Dès lors, nous avons affaire à la facilité, à des dogmatismes, des idées arrêtées ou figées, des partis pris, des cultes de personnalité, des affects, des préjugés, des à certitudes, des stéréotypes, à la mauvaise foi, la déformation qui altèrent gravement la capacité d’analyse.

C’est cette perversion que je dénonce avec force, tant de la part de certains politiques et intellectuels, que de certains médias et commentateurs. Nous voulons tout politiser, alors que nous savons tous, que l’esprit critique est consubstantiel à l’esprit scientifique, et qu’en conséquence, il a des exigences à satisfaire dans la démarche et l’expression d’un jugement, la formulation d’une opinion ou d’un commentaire. Penser, c’est remettre en cause méthodiquement et systématiquement, c’est refuser de se laisser enfermer dans un moule de raisonnement ou un schéma idéologique ou encore une théorie, c’est ne pas accepter sans réflexion et investigation personnelle ce qui est dit et présenter. Ceci autorise à dire que nous gagnerions à mieux penser le débat politique en Côte d’Ivoire, pour réduire la passion, le fanatisme et le populisme, qui ont servi de terreau à notre folie meurtrière pendant la crise, tout comme il est indispensable que les Pouvoirs apprennent à écouter, à accepter la critique et à se remettre en cause.

Aussi, pour revenir au centre de notre préoccupation du moment posons nous les bonnes questions. Les différents protagonistes de cette affaire d’armes de guerre peuvent-ils tout divulguer publiquement, au risque de mettre à mal leurs desseins ou trahir certaines informations jusque là tenues secrètes ? Tout peut-il être avoué publiquement sans susciter, récrimination, résistance, opposition et réprobation publique contre tel ou tel ? Dès lors, que nous n’avons pas une réponse certaine et complète à ce questionnement, il ne nous reste plus qu’à interroger les faits eux-mêmes, et c’est tant mieux car en procédant ainsi, la politique s’en trouve évacuée. Quid des politiques et de leurs auxiliaires, qui tentent de justifier les décisions prises en secret pour les uns, et les actions entreprises en secret pour les autres, sous le couvert fallacieux d’agir pour le respect de la Loi et la sécurité de l’État pour les uns, de mener le combat pour la démocratie et la liberté pour les autres. Ces moralistes et propagandistes politiques font montre de duplicité. La compatibilité entre la morale et la politique n’existe qu’en théorie. Dans la pratique, les acteurs politiques trouvent toujours le moyen de violer les lois selon les contraintes imposées par les circonstances et suivant leurs intérêts personnels. Ceci est une tradition bien implantée ici et ailleurs. Trêve donc des moralistes politiques. Pourquoi vouloir commenter ce qu’on ne sait pas ou qu’on cache. « le secret est l’âme des affaires publiques » suivant le mot de Richelieu. Dès lors, pour établir un lien entre l’absence de pensée critique et la responsabilité avérée ou présumée de Soul to Soul, nous solliciterons deux points de vue.

Le point de vue moral et juridique

L’existence matérielle d’armes de guerre en soi-même, en dehors des institutions de la Républiques habilitées à les posséder légalement, sans autorisation de l’autorité administrative et militaire, constitue une violation flagrante à la Loi interne (Code Pénal, Code de la Sécurité Intérieure, Code de la Défense) en ce qu’elle se heurte à des dispositions d’ordre public, puis à la Loi Internationale en ce qu’elle viole l’embargo Onusien sur les armes qui frappait la Côte d’Ivoire au moment de la commission des faits reprochés. À ce stade, peu importe le contexte, les motifs, les buts, la destination finale, les circonstances et les conditions de leur acquisition et de leur dissimulation. L’aspect matériel du délit est établit et suffisant (flagrant délit), sous la qualification de détention illégale d’armes et de minutions. Reste l’élément intentionnel, pour les autres qualifications (menace et tentative d’atteinte à la sureté de l’État).

S’agit-il d’une détention illicite par une personne ou en bande ? S’agit-il d’un dépôt non enregistré ou d’un dépôt enregistré et non restitué ? S’agit-il d’armes dissimulées ou soustraites frauduleusement à l’État, ou encore, d’armes entrées clandestinement sur le territoire national avant ou après la crise post-électorale, à l’insu des autorités d’alors ou actuelles ? Si la détention illégale de ces armes était parfaitement connue de l’autorité, leur entreposage ou leur possession comportait-il une limitation dans le temps et dans l’espace, et ont-elles fait l’objet d’un inventaire ayant permis de constater des écarts significatifs ? La prolongation de leur possession en temps de paix, en dépit d’un appel solennel à les rendre, plutôt que direct et personnel comme il eut été plus efficace, répondait à quel but ? Quels sont les sources d’approvisionnement desdites armes, les acteurs principaux et les financements ? La sécurité de l’état peut-elle être menacée par un seul individu et un civil ? À quelle organisation appartient-il ? Quelles sont ses complicités ? Qui lui lui a fourni les moyens, à défaut, qui a utilisé son domicile avec son consentement éclairé, pour y stocker des armes ? Pourquoi après le rapport de l’ONU, l’État Ivoirien n’a pas entrepris des investigations en exploitant les informations et éléments précis qu’il contenait ? Qui a voulu aider les mutins et dans quel but, en leur relevant l’existence de ces armes ? Pourquoi avoir attendu cette circonstance pour agir ?

Nous nous apercevons tout de suite que l’élément intentionnel n’est pas encore parfaitement établi, pour caractériser le délit sous d’autres qualifications juridiques. Sans identifier et poursuivre clairement tous les acteurs qui ont rendu possible l’existence de ce fait délictueux, et sans parvenir à établir clairement la finalité de cet acte, en tirant toutes les conséquences de cette incrimination, la justice joue sa crédibilité, d’autant plus qu’elle s’est montré prompte à agir, dans des affaires similaires, sur la base d’indices et de preuves, parfois plus faibles.

Au total, c’est à la Justice de trancher. Tout le reste est purement spéculatif. Un rien de plus. Peut-on ignorer l’extrême gravité de ce fait et le laisser sans suite ? Le plus surprenant est la réaction de certains représentants du peuple et de certains anciens Ministres de la République. Peut on aller contre la légalité, la Justice, l’Ordre Public et la sécurité de l’État dans une République, au nom de je ne sais quel alibi et autres fadaises ?

Le point de vue historique et politique

Que le parcours du Président Guillaume, soit semé d’embuches et d’épreuve, est le lot de tout politicien qui a de hautes ambitions. Ce n’est pas une novation. Jusqu’à preuve du contraire rien n’est fait pour l’empêcher de se présenter en 2020, selon qu’il avisera. Son parcours est pour lui un bien et un mal à la fois, parce que en avançant nous laissons des traces par lesquelles l’on peut nous rattraper, pour nous servir ou nous nuire. Cependant, chaque fois que nous sommes sortis du Droit, par une rupture avec la légalité et une défiance à l’autorité de l’État, nous avons eu droit à la guerre. Notre longue et meurtrière crise dont nous peinons encore à sortir, trouve pour partie son origine, dans notre refus de respecter le Droit, notre propension à le manipuler au gré de nos calculs, de nos ambitions, de nos intérêts personnels et de le fouler au pied dans son application. Ce n’est pas le lieu de jeter de l’huile sur les braises chaudes qui couvent encore. En dépit de nombreuses violations du Droit et d’une impunité multiforme, nous devons néanmoins persévérer à faire du Droit notre boussole. Son application doit être générale, impersonnelle et équitable. La politique n’offre pas une impunité. Quel que soit notre appartenance et notre rang social, nous restons soumis au Droit. Il faut arrêter avec les abus de droit, la victimisation, l’invective et le parapluie politique. Nous devons nous battre pour construire un véritable état de droit, où nul n’en est au-dessus. C’est le fait de toujours vouloir placer coute que coute, un homme, notre champion, notre favori, au-dessus des lois, qui nous a entraîné dans l’abyme où nous sommes. Aucun homme quel qu’il soit, et quelle que soit sa valeur, ne peut oblitérer le destin d’un peuple, ou entrainer celui-ci dans une autodestruction, pour la conquête, l’exercice, la conservation du Pouvoir. Il y a une morale publique et l’intérêt supérieur de la Nation, que nous ne devons jamais perdre de vue, si nous voulons gouter à la paix et être une Nation forte

Conclusion

L’examen du fonctionnement de la pensée et du jugement auquel nous nous sommes livré permet de distinguer ce qui relève de la règle de droit et de ce qui révèle de notre capacité proprement humaine à dépasser nos appartenances, pour ne considérer que les faits objectifs et l’intérêt supérieur de la Nation. Il est de la responsabilité personnelle de chacun de l’exercer ou non. Cependant, lorsqu’on est un leader d’opinion, un acteur politique, un intellectuel ou un homme public, cette responsabilité est une obligation, qui indique non seulement notre qualité, mais notre degré de maturité politique et notre sérieux. Il s’agit enfin de comprendre comment cette responsabilité personnelle s’incarne en droit, et dans quelle mesure le rapport à soi, peut constituer un critère fiable d’appréciation de la responsabilité juridique.

SOUMAREY PIERRE
Jeudi 12 Octobre 2017
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