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Kenyatta a fait des accusations de la Cour internationale un atout électoral


Kenyatta a fait des accusations de la Cour internationale un atout électoral © AFP
Kenyatta a fait des accusations de la Cour internationale un atout électoral © AFP
Loin d'avoir été un boulet, l'inculpation pour crimes contre l'humanité de Uhuru Kenyatta par la justice internationale a galvanisé ses partisans, ajoutant des munitions à la déjà redoutable machine électorale du nouveau président kényan, relèvent les analystes.

La Cour pénale internationale (CPI) soupçonne M. Kenyatta - qui nie - d'avoir rémunéré un gang criminel pour mener des représailles et défendre sa communauté kikuyu, quand le Kenya était au bord de la guerre civile après les résultats contestés du précédent scrutin présidentiel de fin 2007.

"Le procès de la CPI a aidé" Uhuru Kenyatta et William Ruto, son colistier désormais vice-président, également inculpé pour ces violences post-électorales, relève pour l'AFP Daniel Branch, professeur d'histoire africaine à l'Université britannique de Warwick.

"Cela leur a apporté une profonde motivation pour l'emporter et a fait tourner en permanence la campagne autour d'eux", ajoute-t-il.

M. Kenyatta, 51 ans, a été proclamé samedi président, élu dès le premier tour avec 50,07% des voix contre 43,31% pour son rival Raila Odinga, 68 ans, qui veut saisir la Cour suprême pour "fraudes massives".

Il devrait être le premier inculpé à accéder au pouvoir avant de devoir s'envoler vers La Haye pour comparaître -- en théorie -- pendant au moins deux ans devant les juges de la CPI.

L'extraordinaire est qu'une telle perspective n'a pas dissuadé le Kenya de lui remettre les clés du pays, au contraire.

L'inculpation de M. Kenyatta a permis "de mobiliser son groupe ethnique contre l'ennemi qui risque d'emmener le fils du pays hors de chez lui", estime Musambayi Katumanga, professeur de sciences politiques de l'Université de Nairobi.

Certes, les Kényans peuvent se demander comment le duo Kenyatta-Ruto gérera le pays depuis La Haye, où ils sont tenus théoriquement d'assister aux audiences quotidiennes, à partir du 28 mai pour M. Ruto et du 9 juillet pour M. Kenyatta. Une situation qui serait unique au monde.

"mâcher du chewing gum et monter les escaliers"

William Ruto, 46 ans, a expliqué pouvoir concilier les deux obligations, car "on peut mâcher un chewing-gum tout en montant les escaliers".

Mais même dans le camp de M. Kenyatta, un quart de ses supporters reconnaissaient se poser la question, selon un sondage de l'institut Ipsos-Synovate fin février.

Ces doutes n'ont finalement pas pesé lourd et le fait d'avoir été relayés par plusieurs diplomates ou responsables internationaux a souvent été vécu comme une ingérence dans la campagne.

"Les proches de Kenyatta estiment que ces déclarations des diplomates les ont aidés, car les Kenyans sont très fiers. Ils se souviennent qu'ils appartenaient encore il y a peu à l'empire colonial d'une autre puissance", la Grande-Bretagne, témoigne Tom Wolf, analyste en chef d'Ipsos-Synovate.

Mais si "la CPI a joué un rôle de premier plan dans la campagne (. . . ), c'est avant tout la providence démographique et les ressources financières qui ont assuré la victoire de M. Kenyatta", estime Ken Opalo, doctorant kényan en sciences politique à l'université américaine de Stanford.

L'alliance a priori contre-nature entre MM. Kenyatta et Ruto -- leurs communautés respectives, kikuyu et kalenjin, s'étaient affrontées violemment dans la Vallée du Rift en 2007-2008 --, a réuni deux ethnies représentant plus d'un quart des 41 millions d'habitants du Kenya.

Et 87% des électeurs dans leurs bastions se sont inscrits sur les listes électorales en prévision du scrutin, contre 78% dans les places fortes de M. Odinga, écrit M. Opalo sur son blog.

"La coalition Jubilee (des vainqueurs) a mené une bien meilleure campagne. Ruto est apparu nettement supérieur à Odinga pour mobiliser les électeurs", constate M. Branch, et "le savoir-faire de Ruto allié à l'argent de Uhuru s'est avéré extrêmement efficace".

M. Kenyatta, fils du "père" de l'indépendance du pays, est issu d'une des familles les plus riches d'Afrique -- 500 millions de dollars selon le magazine Forbes --, ce qui lui a assuré des moyens sans mesure avec ceux de M. Odinga. Jusqu'au recours à une société de communication publique britannique réputée, BTP Advisers.

Ses adversaires, et certains observateurs sous couvert d'anonymat, évoquent aussi des achats de voix, des achats de carte d'identité pour empêcher des électeurs de voter et des irrégularités, notamment dans la Vallée du Rift, sans qu'il soit possible de les vérifier de façon indépendante, ni de les attribuer à un seul camp ou de mesurer leur ampleur.

Jeuneafrique.com




Mardi 12 Mars 2013
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