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Jean-Emmanuel PONDI: « LE FRANC CFA A 70 ANS. QUEL BILAN ? »


Jean-Emmanuel PONDI: « LE FRANC CFA A 70 ANS. QUEL BILAN ? »
C’est bien un certain 26 décembre 1945 que fut crée le franc des colonies françaises d’Afrique (CFA). Aujourd’hui, 70 ans plus tard, dans un contexte historique, politique et social bien différent, seize pays d’Afrique sub-saharienne appartenant à deux pôles géographiques différents du continent, continuent à partager une monnaie commune : le franc de la Communauté Financière Africaine (CFA).
Piloté par deux banques centrales situées l’une à Dakar au Sénégal pour la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et l’autre à Yaoundé au Cameroun, s’agissant de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), les deux institutions rassemblent des Etats qui sont pour la plupart francophones (à l’exception de la Guinée Equatoriale et du Cap Vert où les populations s’expriment en espagnol et en portugais respectivement, et du Cameroun, pays bilingue en français et en anglais).
Depuis quelques années, force est de reconnaître que le débat concernant la nécessité (ou non) de conserver le franc CFA comme la monnaie des pays qui l’utilisent est de plus en plus fréquent dans les mass médias du continent. Dans certaines chaînes de télévision ou de radio panafricanistes, il prend une ampleur indéniable.
Au-delà de la passion bien compréhensible de certains analystes, et du conservatisme avéré d’autres commentateurs, sur le sujet qui nous concerne, il convient sans doute d’adopter une attitude à la fois froide et lucide.
Quelques questions aideraient à clarifier davantage le débat : le seul changement de dénomination de la monnaie suffira-t-il pour imposer aux Etats africains concernés une gestion financière macro-économique plus rigoureuse ? Quelles innovations fortes faudrait-il introduire pour rendre cette proposition viable et plausible pour les pays africains en termes organisationnels ?
L’on ne saurait nier qu’un changement de dénomination pourrait engendrer des effets très positifs sur le plan psychologique et symbolique par rapport à l’affranchissement économique et financier des pays africains.
Cependant, de notre point de vue, le véritable problème du franc CFA ne se situe pas au niveau de son appellation. Il réside plutôt dans son ancrage de devises insuffisamment large. Il faut reconnaître que le fait d’arrimer cette monnaie au seul euro pose d’énorme problèmes aux pays signataires de la convention de Brazzaville de 1972 fixant une parité fixée entre les deux devises (aujourd’hui 1 euro = 655 F CFA). Cette difficulté s’aggrave du fait de l’asymétrie de puissance entre les deux sphères économiques et financières sus-mentionnées.
Ce dont il conviendrait de s’assurer dans la nouvelle donne, c’est de relier la nouvelle monnaie africaine à un panier de devises telles que : le yuan chinois (la Chine étant la première puissance commerciale du monde depuis 2014) ; le yen japonais (ce pays étant le premier exportateur de véhicules en Afrique) ; le dollar américain (monnaie dans laquelle se font les principales ventes sur le continent) ; l’euro de l’Europe des 27 (avec laquelle s’effectuent les principaux achats en occident) ; le naïra nigérian (première puissance économique du continent) et le rand Sud-africain (première puissance industrielle et technologique du continent africain).
Un pareil dispositif monétaire permettrait sans aucun doute à la nouvelle monnaie détenue par les africains (quelque soit son nom, « afri », « cauri », « afrik », etc…) de mieux s’ajuster face aux fluctuations des cours des devises étrangères d’une part, et de mieux optimiser la sauvegarde des intérêts propres de l’Afrique, d’autre part.
Ainsi, le débat sur la nécessité d’une monnaie africaine devrait, 70 ans plus tard, se transformer en une discussion sérieuse sur les modalités pratiques de la mise en œuvre de cet impératif. Une monnaie forte ne peut l’être que si elle est adossée à une économie forte, pilotée par des acteurs conscients des intérêts continentaux à défendre et actant dans le sens de leur préservation à tout prix.

Source: page facebook Jean-Emmanuel POND
Mercredi 6 Janvier 2016
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