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Jacques Mian parle de son livre « Humeurs africaines, lettres à une amie française »

« Humeurs africaines, lettres à une amie française », tel est le titre d’un livre dont j’ai terminé la rédaction en mars 2009. J’avais souhaité sa sortie en Côte d’Ivoire longtemps avant cette crise postélectorale qui déchire et défigure ce pays. Malheureusement certaines contingences majeures ont privé le public ivoirien de ce livre. Ce n’est que partie remise, mais en attendant, et depuis octobre 2010, il est disponible sur www.numilog.com ou www.jepublie.com à 8 euros.


Jacques Mian parle de son livre « Humeurs africaines, lettres à une amie française »
Comment se caractérisent ces humeurs africaines et pourquoi ces lettres s’adressent-elles spécialement à une amie française ?

Entre 1960 et 1961, près d’une vingtaine de territoires africains occupés et colonisés par des puissances impérialistes occidentales ont accédé à l’indépendance, c’est-à-dire à l’autodétermination. Nous sommes aujourd’hui en 2011. Cinquante ans donc que l’Afrique noire est libre. D’ailleurs, dès janvier de l’année dernière les différents pays concernés ont célébré alternativement ce cinquantenaire. Au-delà de l’aspect festif de l’événement, c’est plus que jamais le moment du vrai bilan économique et social. Qu’avons-nous fait de nos indépendances ? Qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qui n’a pas marché et pourquoi ça n’a pas marché ? Comment prendre un nouveau départ si nécessaire ? Dans quelle direction faut-il aller ? Pour ma part, je constate que, cinquante ans après, le bilan n’est pas reluisant. Bien au contraire ce bilan est négatif. On assiste toujours aux convulsions du nouveau-né.

L’Afrique reste paradoxalement, je dis bien paradoxalement, le continent le plus pauvre et détient tous les records indésirables dans presque tous les domaines. Qui aime l’Afrique peut-il être content de ce bilan ? Je ne pense pas. Personnellement ce bilan catastrophique me donne une humeur noire. Et je ne crois pas être le seul Africain à avoir cette humeur massacrante. L’amie française à qui les lettres sont destinées représente l’Occident qui a octroyé ces indépendances. Il convient que nous-mêmes Africains nous ayons le courage d’étaler les laideurs de l’Afrique à l’intention de ceux qui nous ont colonisés en leur disant : « Voici ce que nous avons fait de nos indépendances. Notre partenariat avec vous ne semble pas marcher. Que faut-il envisager ensemble pour que ça marche ? »

Ne perdons pas de vue qu’en 1960, pour la course au développement économique et social, certains États africains étaient alignés sur le même starting-block que des pays d’Asie. Aujourd’hui, ces pays en question ont pulvérisé des records déterminants, laissant l’Afrique loin derrière. Quel est leur secret ? Je pense qu’il faut sans gêne leur poser la question et s’inspirer peut-être de leurs expériences.

Cet ouvrage comporte six chapitres. « Le drame commun » le premier, stigmatise notre légèreté suicidaire vis-à-vis du sida, un fléau qui fait des ravages en Afrique. Extrait :

Que pense la société de ces filles avilies,
Qui dévoilent leur anatomie avachie,
Sans vergogne, et parfois dans un triolisme
Forcé qui suscite leur propre anaphrodisie ?
Leur inconstance frise un je-m’en-foutisme
Qui ne peut que s’exprimer dans la folie.
Elles se moquent éperdument de la guerre
Livrée contre la grande épidémie,
Ayant choisi de faire argent de tout,
À l’instar des ces bonnes femmes « tout-tout »
Dont la générosité légendaire de naguère
Aura permis de réaliser des économies
Au détriment de tous les amoureux transis.
Que dis-je ? Si certaines de ces filles avilies,
dégoûtées, ne désirent plus le voir dressé,
D’autres expriment leur nymphomanie,
Tous les jours, dans un plaisir privé
Qui devient hélas un drame éprouvé
Par toute la société, pour s’être tue
Complaisamment sur un comportement qui tue.

Le second chapitre, « L’euthanasie passive : l’autre fléau de l’Afrique » décrit l’univers des hôpitaux mouroirs en Afrique, en mettant le doigt sur l’irresponsabilité des dirigeants africains qui semblent avoir relégué la santé des populations, pour ne pas dire la vie tout court, loin derrière plusieurs priorités.

« Leurs dents rayent le parquet », dénonce les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire en Afrique. Tandis que « Ces cadres faisandés » le quatrième chapitre condamne les féodalités ou les aristocraties intellectuelles, politiques et économiques créées par les Prométhée africains, sans oublier la ploutocratie qu’ils ont favorisée au niveau de nos États.

« Sur le continent noir, il s’en faut encore de beaucoup que les droits politiques soient un acquis. Et les droits sociaux encore plus ! Mais Anne, dans la présente correspondance je veux surtout t’expliquer la parfaite relation de causalité existant entre le non-respect des droits de l’homme (droits politiques et droits sociaux) et l’insécurité galopante qui gagne les villes africaines ». Voilà un extrait de « Quand l’État assassine les citoyens », l’avant-dernier chapitre.

Enfin, le dernier chapitre, « Le fusil dans une main, le bulletin de vote dans l’autre », évoque l’histoire d’un pays africain en proie à une rébellion armée qui le coupe en deux parties. Une rébellion qui refuse de déposer les armes tant que le leader politique qu’elle soutient, ou plus exactement tant que la personne pour laquelle elle se bat, n’aura pas accédé à la magistrature suprême de ce pays.

Je suis avant tout un communicateur, mais surtout un journaliste. Mais pourquoi ce glissement vers la littérature ?

Tous mes camarades du lycée ainsi que mes professeurs témoigneraient que je me destinais à une belle carrière littéraire. Mais depuis toujours, à côté de la littérature, j’ai eu non pas un violon d’Ingres que je cultive avec passion, mais une véritable passion concurrente qui a fini par prendre le dessus : le journalisme. En classe de seconde, j’étais le rédacteur en chef du journal de mon lycée. Et en classe de première j’en étais le patron, le premier responsable. Plus tard, après l’obtention de mon baccalauréat option philosophie, je me retrouve à l’Université d’Abidjan au département de Lettres modernes comme je l’avais souhaité. À l’époque déjà la mauvaise politique (faite notamment de ségrégation entre étudiants) mise en place par le gouvernement PDCI à travers son ministre Balla Kéita, avait rendu les conditions d’études très difficiles. Certains de nos camarades très brillants au lycée avaient abandonné l’université au profit des Cafop (établissements où on forme les instituteurs).

Mais surtout, lorsqu’on faisait des études de Lettres modernes on se destinait tout droit à l’enseignement. Et moi je ne voulais pas devenir enseignant. J’ai donc enfourché le canasson de la communication, du journalisme. J’ai définitivement opté pour ma seconde passion. Mais c’est vrai, le naturel revient toujours au galop. Et puis il y a généralement une interférence entre la littérature et le journalisme. À l’université l’un de mes professeurs écrivait souvent sur ma copie « Du journalisme ! » pour dire que je me suis mal exprimé. À l’inverse, il arrivait que mes rédacteurs en chef me reprochent de faire de la littérature plutôt que du journalisme. Cela dit, comme le soulignait souvent André Gide, « le journalisme c’est ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui ». Et Charles Péguy de renchérir : « Rien n’est plus vieux que le journal de ce matin, et Homère est toujours jeune ». Un article de journal se lit aussi rapidement qu’il est écrit. Et généralement quand on a fini de lire un journal, le sort qu’on réserve à celui-ci n’est pas heureux. On ne peut en dire autant d’un livre. Donc en tant que journalistes, nous devons nous donner les moyens d’écrire des livres dans le prolongement de nos articles. C’est de cette façon que demain nos enfants et nos arrières petits enfants seront informés du fonctionnement de notre société. N’oublions pas que le journaliste est l’historien de l’instant, parce que « regardeur infini de la société » comme dirait Victor Hugo.

Je suis convaincu que nombre de mes confrères aimeraient écrire des livres. Mais en général l’obstacle majeur reste la procrastination. J’ai moi-même vécu cette procrastination. Et puis, quand on est soi-même critique, quand on a souvent eu un regard très critique sur l’œuvre des autres on a peur de se jeter à l’eau, on craint les massores et les massorètes. Je suis entièrement d’accord avec le journaliste et écrivain français Dominique (Benjamin de son vrai prénom) Jamet lorsqu’il déclare qu’on écrit comme on peut, jamais comme on veut. J’en infère qu’on écrit selon la connaissance qu’on a du sujet traité et dans les limites de la maîtrise qu’on a de la langue qui sert de véhicule à notre pensée. Évidemment il faut avoir beaucoup lu, et le journaliste est a priori quelqu’un qui lit beaucoup.

Est-que je me définis comme un écrivain engagé ? Comment je vois le rôle de l’écrivain aujourd’hui ?

Quand on écrit un livre, on s’engage à livrer un message, à attirer l’attention sur quelque chose, à amener les autres à prendre conscience de quelque chose. Un livre n’est jamais innocent, c’est une forme d’engagement, de lutte, de combat. Tout dépend de la nature de l’engagement. Celui-ci peut-être soit subtil, soit plus ouvert et frontal. À mon avis, même « L’enfant noir » est un roman engagé. L’on a fait un procès inutile à Camara Laye. Tous les grands auteurs que je connais, que je lis ou relis sont ou étaient engagés. Je veux parler de Voltaire, Balzac, Hugo, Zola, Montesquieu, Gide, Camus, Sartre, etc. Je pense que la vraie réponse à la question se trouve dans mon livre. Quand vous m’aurez lu de bout en bout, vous saurez si je suis un écrivain engagé ou non. Le rôle de l’écrivain aujourd’hui ? Je dois poser comme principe que tout être humain a des droits et non des moindres : le droit à la santé, le droit à un travail et donc à un salaire, le droit à une nourriture saine, le droit à un habitat décent, etc. Mais je mettrais en exergue le droit à l’information et à la formation. Si ces deux droits ne sont pas accordés et respectés, les caryatides de la République sont automatiquement sectionnées, la démocratie ne peut s’exercer. Le peuple a besoin d’être formé et informé pour savoir comment sont conduites les affaires publiques dans la cité, afin de jouer son rôle de contrôle. Or ce sont les journalistes, les écrivains et les enseignants qui informent et forment. Leur importance dans la société est d’une évidence aveuglante.

Mon livre de chevet ? Les auteurs qui forcent mon admiration ?

Mon véritable livre de chevet est la bible. Et dans le prolongement de la bible, j’adore l’histoire en tant que science humaine. Surtout l’histoire ancienne. Je raffole de mythologie gréco-latine, j’y retrouve parfois l’Afrique qui est la mienne. Mais j’ai mes auteurs préférés que je lis ou relis : Honoré de Balzac, Victor Hugo, Gustave Flaubert, Guy de Maupassant, Montesquieu, Émile Zola, François Mauriac, André Gide, Albert Camus, Christian Jacq, Julien Gracq. En Afrique, les auteurs que j’ai découverts au collège et au lycée forcent encore mon admiration. Je ne saurais les citer tous, néanmoins je mentionnerai Bernard Dadié, Aké Loba, Ferdinand Oyono, Camara Laye, Alexandre Biyidi-Awala (Mongo Béti ou Eza Boto), Chinua Achebe, Cheikh Hamidou Kane, Guillaume Oyono-M’Bia, Guy Menga, Henri Lopès, etc.

Est-ce que ce premier livre sera le dernier ?

À l’époque, au début de mes années de lycée, j’avais peur de l’eau, peur de nager. Nous avions une piscine au sein de l’établissement, mais je n’osais jamais m’y aventurer. Jusqu’au jour où je me jetai à l’eau, au propre comme au figuré. À partir de cet instant, je me suis offert le plus beau maillot de bain, et désormais, c’était moi qui invitais les autres à la piscine. Et en plus, je ne me contentais pas du petit bassin. Voilà, je préfère répondre à cette question par cette métaphore de la piscine. En fait, il n’y a que le premier pas qui coûte. En littérature comme dans divers domaines.
Lundi 28 Mars 2011
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