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Invitation de Laurent Gbagbo à Addis-Abeba : le Piège ?


Photo : DR
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Le panel des cinq chefs d'état mandatés par l'Union Africaine pour évaluer la situation de crise post-électorale en Côte d'Ivoire vient d'inviter le Président laurent Gbagbo, le président du RDR Alassane Dramane Ouattara et le président du Conseil Constitutionnel Paul Yao Ndrè, à se rendre à Addis-Abeba pour leur faire connaître ses propositions.
Rappelons que ce panel doit faire aux parties antagonistes des propositions contraignantes, ce qui veut donc dire qu'aucune partie ne peut les décliner .
Cette invitation si loin de la Côte d'Ivoire suscite des interrogations au sein du camp présidentiel, et beaucoup se demandent en effet si elle ne constitue pas en réalité, une manoeuvre pour éloigner le président gbagbo de sa base afin de mieux le contraindre à accepter les propositions du panel, ou tout simplement pour l'écarter du pouvoir que les intimidations, les sanctions et autres menaces n'ont pas réussi à lui faire lâcher prise. Et ils n'ont pas forcément tort car cela ressemble beaucoup à la tactitique qui avait été utilisée pour renverser Ange-Félix Patassé, alors président de la République Centrafricaine. Le Général Bozizé qui n'avait eu que 02% à l'élection présidentielle remportée par Patassé avait tenté un coup d'état contre ce dernier alors qu'il se trouvait en exil à Paris. Ce coup d'état qu'il avait même revendiqué avait lamentablement échoué et la France lui avait reproché d'avoir parlé trop vite, déclarant comme pour rassurer Patassé qu'elle ne permettra pas la destabilisation d'un pays ami depuis le sol français. Mais ce n'était que partie remise puisque quelques temps après, Bongo Ondimba, Grand Maître de la Françafrique, organisa un sommet de chefs d'état et invita Patassé qui, sans prendre garde, s'y rendit. Il fut alors renversé pendant qu'il y était et on entendit le Gabon, le Congo et la France dire qu'ils ne reconnaissaient pas les gouvernements, mais les états. Et Patassé fut contraint à l'exil au Togo.
Gbagbo qui est historien et contemporain de Patassé sait tout cela et donc forcément, sait aussi à quoi s'en tenir. Il partira à Addis-Abeba s'il veut, mais c'est Alassane Ouattara qui reviendra seul. On retardera volontairement le décollage de son avion pour que ce dernier s'installe d'abord au palais présidentiel, dans le sang s'il le faut. Et il sera contraint à l'exil. C'en sera alors fini de nos espoirs de démocratie pendant encore cinquante bonnes années. A bon entendeur, SALUT.

Alexis Gnagno
Dimanche 6 Mars 2011
La Dépêche d'Abidjan



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La Dépêche D'Abidjan | 04/05/2011 | 2271 vues
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