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Interview exclusive - Dr. Gnaka Lagoké : "Le panorama de l’environnement international constitue une raison supplémentaire pour revendiquer l’idéal panafricain comme voie de survie des Africains"

Dr. Gnaka Lagoké, fondateur du Forum pour le Réveil du Panafricanisme et Maître assistant à Lincoln Université aux USA, fait le point de ses activités panafricanistes. Il est l’organisateur principal d’une série de conférences panafricaines internationales éclatées qui marquent la célébration du 60e anniversaire de la Conférence de Tous les Peuples Africains organisée en 1958 par Kwame Nkrumah. Dans cet échange, il développe également les fondamentaux de la nouvelle articulation du panafricanisme qu’il promeut, estimant que la mission historique de la Côte d’Ivoire est d’être porteuse de cette nouvelle dispensation du panafricanisme qui s’appuie sur la philosophie Ubuntu.


Interview exclusive - Dr. Gnaka Lagoké : "Le panorama de l’environnement international constitue une raison supplémentaire pour revendiquer l’idéal panafricain comme voie de survie des Africains"
À quoi répond exactement la célébration du 60e anniversaire de la Conférence de tous les peuples africains ?

Cette année 2018 marque le 60e anniversaire de la première grande conférence panafricaine jamais organisée en 1958 sur le continent africain dénommée “La Conférence de Tous les Peuples Africains”. Elle a été organisée par Kwame Nkrumah, une année après son accession au pouvoir. Le maître d’œuvre en était George Padmore. Elle a eu lieu du 8 au 13 décembre 1958. George Padmore de Trinidad était un grand panafricaniste. Il a été un des encadreurs de Nkrumah pendant le bref séjour de ce dernier en Angleterre. Padmore allait d’ailleurs devenir le conseiller de Kwame Nkrumah. Avant la conférence de 1958, la majeure partie des rassemblements panafricains avaient été organisée en dehors du continent africain et étaient à l’initiative des descendants de l’Afrique. L’on peut mentionner Henry Sylvester Williams (de Trinidad) également, W.E.B du Bois (noir Américain), Marcus Garvey (de la Jamaïque), ainsi que Padmore (de Trinidad). Rappelons que Padmore, alors secondé par Nkrumah, était un des principaux artisans du Congrès de Manchester organisé en 1945 sous la présidence effective de W.E.B du Bois. L'indépendance du Ghana en 1957 signifiait que la liberté était possible pour tous les colonisés d’Afrique, notamment noirs. Elle a eu un effet domino sur les autres colonies notamment françaises. Les représentants des colonies françaises d’Afrique étaient parmi les plus de 300 participants de cette conférence de 1958. Les participants étaient venus de 35 pays et représentaient plus de 65 organisations du monde de la politique, du syndicalisme, du monde de la culture, des mouvements de jeunes et de femmes. Ils ont discuté des stratégies de mise à mort du colonialisme. Deux ans après, 18 pays africains sont devenus indépendants. A cette conférence, il y avait des leaders comme Hastings Banda, Julius Nyerere, Patrice Lumumba, Robert Mugabe qui allaient devenir des leaders de leurs pays respectifs, ainsi que Frantz Fanon (représentant l’Algérie) et Tom Mboya du Kenya ainsi que bien d’autres. Alors, avec cette commémoration, nous voulons réclamer notre histoire, la partager, ré-introduire un des moments glorieux du panafricanisme aux populations africaines et mettre en exergue une conférence panafricaine, celle de 1958 particulièrement importante passée aux oubliettes. Ils sont nombreux ceux qui se réclament du panafricanisme et qui savent peu de choses de cette conférence. Quant à moi, je peux vous dire que je ne suis pas fier de ce que je sais de cette conférence. Il y a très peu d’écrits sur ce rassemblement panafricain. C’est donc un moment d’auto-éducation, d’éducation de masses africaines, de sensibilisation et de mobilisation collective. Cette commémoration est donc une opportunité pédagogique pour tous. En organisant cette commémoration, nous passons à une étape supérieure de notre stratégie de lutte panafricaine. Depuis 2007, mes amis et moi avons lancé aux USA une plate-forme panafricaine dénommée “Le Forum pour le Réveil du panafricanisme”. Nous avons estimé qu’il fallait contribuer à promouvoir une conscience collective africaine et une nouvelle dispensation du panafricanisme dont je parlerai sous peu. Nous avons organisé plusieurs conférences, ateliers, séminaires, etc. Depuis 2012, nous avons lancé une conférence annuelle sur Thomas Sankara. Dans notre combat, l’année 2017 a été un tournant important. J’ai découvert cette plate-forme, le Festival panafricain intellectuel et culturel Kwame Nkrumah qui a été mise sur pied depuis 2011 par l’Institut des études africaines de l’université du Ghana pour célébrer les idées, l’héritage politique et le projet de l’unité africaine de Kwame Nkrumah. J’ai eu l’immense privilège de présenter deux papiers et de participer activement aux travaux au cours de la 2e édition cette plate-forme qui a eu lieu du 26 juin au 1er juillet 2017. Cette conférence a rassemblé des centaines de panafricanistes, chercheurs, personnalités politiques, étudiants, journalistes et chefs des petites et moyennes entreprises. C’est donc au Ghana que nous avons eu l’idée de passer à une autre étape de notre combat panafricain en décidant d’organiser une série de conférences éclatées commémoratives en 2018 pour marquer le 60e anniversaire de la Conférence de Tous les Peuples Africains. Notre objectif est de contribuer à l’organisation de la 3e édition du Festival Panafricain Intellectuel et Culturel Kwame Nkrumah à Accra (Ghana) en décembre 2018 qui va débattre du bilan de la Conférence de 1958. En arrière-plan, il y a la nécéssité de consolider le Festival panafricain. Cette plate-forme a le potentiel d’être le berceau du panafricanisme au 21e siècle. Elle peut être aux panafricanistes ce qu’est la Mecque aux musulmans.


Nkrumah mort, ses idées lui survivent fortement aujourd'hui. A quoi cela est dû surtout que sa gouvernance a été très décriée vers la fin de son règne et que sa chute a été accueillie par une liesse populaire à Accra ?

Cette question est profonde, brillante et lumineuse et j’y répondrai en toute sincérité et objectivité. Oui Kwame Nkrumah a été renversé le 24 février 1966. Et il y a eu une explosion de joie d’une partie de la population du Ghana. Il a été présenté comme dictateur et accusé de tous les maux que vivait le Ghana. Il est important de noter qu’à l’ occasion d’un sondage fait par BBC en 2000, les auditeurs avaient élu Kwame Nkrumah “L’Homme Africain du Millénaire” devançant Nelson Mandela malgré la contribution gigantesque de ce dernier à l’histoire de l’humanité. Comment cela s’explique ? Il est impérieux de noter que tous les chefs d’État africains de gauche comme de droite ont tous adopté le parti unique arguant qu’ils voulaient bâtir leurs nations respectives estimant que le parti unique était le creuset de l’unité la nationale. Alors, Kwame Nkrumah, Felix Houphouët-Boigny, Julius Nyerere, Léopold Sedar Senghor que je mentionne à titre d’exemple étaient tous des dictateurs car aucun d’eux ne tolérait l’existence d’aucune autre formation politique après les indépendances, en dehors des leurs. Nkrumah a fait face à une opposition féroce et farouche de la part des opposants et d’une partie de la population qui, soit voulaient de la sécession, soit voulaient d’une sorte de fédéralisme qui leur donnerait la possibilité de régner dans leurs régions ethniques respectives. Plusieurs États africains indépendants ont eu à faire à ces velléités sécessionnistes. Le Katanga au Congo, le Sanwi en Côte d’Ivoire et le problème Ashanti au Ghana, juste pour ne citer que ces exemples. Les leaders africains ont tous réagi de la même façon. Il fallait préserver l’unité de leurs nations respectives. Le cas de Nkrumah était plus complexe. Nous étions en pleine guerre froide et il n’était pas associé au monde occidental et en tant que nationaliste africain, il s’est battu pour accélérer la chute du colonialisme. L’histoire de Kwame Nkrumah est un mélange d'odyssée, d’épopée, d’héroïsme, de rédemption et de tragédie qui a marqué l’histoire du continent africain et du monde. Il a été élu député alors qu’il était en prison. Les colons sont obligés de le libérer, il devient chef de gouvernement de transition pendant 6 ans et Premier ministre en 1957, et président de la République en 1960. Le Ghana devient donc le premier pays de l’Afrique noire au sud du Sahara à être indépendant. L’indépendance du Ghana a été une onde de choc dans les colonies africaines. Elle a été un symbole d’espoir pour tous les opprimés en Afrique et dans le monde, notamment aux USA où les noirs souffraient de la ségrégation raciale, lynchés, martyrisés. Martin Luther King, jeune leader du mouvement civique prenait Kwame Nkrumah comme symbole. Il a été à la prestation de serment de ce dernier ainsi que de nombreux leaders du mouvement des droits civiques en 1957. Dr Martin Luther King a mis l’accent sur l’impact de l'indépendance du Ghana sur le mouvement des droits civiques aux USA dans un discours intitule “La Naissance d’une Nouvelle Nation” qu’il a prononcé le 7 avril 1957 aux USA. Revenant à Kwame Nkrumah, ce dernier a déclaré que l'indépendance du Ghana était insignifiante s’il elle n’était pas liée à la libération totale du continent africain. Il a joint l’acte à la parole. Ses mots, ses actions, sa démarche politique, ses politiques publiques allaient tourner autour du développement du Ghana, de la libération du continent et de l’unité africaine. C’est dans cet esprit qu’il a organisé la Conférence de 1958 et la série des Conférences de Tous les Peuples Africains qui était devenue annuelle. Il a soutenu les mouvements de libération sur le continent africain et le Ghana était devenu la plaque tournante du panafricanisme et l’espace de réflexion et le point de départ des actions de libération de l’Afrique. Les occidentaux l’ont renversé parce que disaient-ils, il éveillait la conscience des Africains. C’était là un de ses crimes. Plusieurs armes ont été utilisées contre lui. Les spéculateurs ont joué avec le prix des matières premières, notamment le cacao afin de provoquer une sécheresse de la trésorerie pendant qu’ils encourageaient ses opposants a usé de toutes sortes de procédés pour le tuer ou le renverser. Avant qu’il ne soit renversé, il a été démonisé, lynché dans les média comme ils le font toujours pendant qu’ils (les occidentaux) célébraient Mobutu Sesse Seko responsable de la mort d’un autre grand Africain, Patrice Lumumba. Nkrumah a échappé à une dizaine d’assassinats. L’instinct de conservation aidant dans un contexte de guerre froide, et de velléités sécessionnistes et tribales l’ont amené a radicalise son régime. Même après son renversement, il a continué à écrire pour donner la justesse de ses positions. Il est l’auteur de 14 ouvrages, gouverné pendant 15 ans et il a laissé des traces indélébiles avec les infrastructures qu’il a construites. Sa pensée politique sert de ferment à la renaissance africaine, au renouveau de notre conscience collective, et au réveil du panafricanisme. Après son renversement, ceux qui croyaient si bien faire ont été incapables de gérer le Ghana au point qu’il y a eu 7 chefs d’État Ghanéens qui se sont succédés dans un contexte d’instabilité chronique, de corruption généralisée et de pauvreté indicible jusqu’à l’avènement du Capitaine Jerry John Rawlings en 1981. C’est ce dernier, nationaliste, qui a stabilisé et géré le Ghana non pas comme un démocrate, mais comme un militaire digne de nom le fait. Rawlings a été le nettoyeur du Ghana. Il a dû offrir dès sa prise de pouvoir le sang de trois anciens chefs d’État et de 5 généraux de l’armée ghanéenne en sacrifice aux divinités pour prévenir un bain de sang. Et là je cite Rawlings lui-même. Alors les Ghanéens ont eu le temps d’apprendre, de reconnaître la sincérité du combat de Nkrumah et l’importance de son combat dans l’histoire du Ghana, de l’Afrique et du monde. L’histoire a réhabilité Kwame Nkrumah. Ainsi sur la BBC, les auditeurs de cette chaîne l’ont-ils choisi comme l’homme Africain du millénaire. Au passage rappelons que les George Washington et Thomas Jefferson qui sont si célèbres dans le monde étaient des esclavagistes c’est-à-dire des propriétaires d’esclaves bien qu’ils soient reconnus comme de grands hommes d’histoire. Alors, c’est avec fierté que nous célébrons l’héritage politique et révolutionnaire de Kwame Nkrumah tout en reconnaissant ses erreurs dont il faut apprendre pour bâtir les Etats-Unis d’Afrique, projet qui lui était si cher.


Interview exclusive - Dr. Gnaka Lagoké : "Le panorama de l’environnement international constitue une raison supplémentaire pour revendiquer l’idéal panafricain comme voie de survie des Africains"
Où est-on avec le panafricanisme aujourd'hui face à la mondialisation ?

Le panorama de l’environnement international constitue une raison supplémentaire pour revendiquer l’idéal panafricain comme voie de survie des Africains dans un monde dans lequel la loi du talion et la loi du plus fort semblent être les lois dominantes. La mondialisation telle qu’elle est pratiquée n’est pas a l’avantage des petits pays. L’Union Européenne est une sorte de confédération composée de plus de 25 pays. Les USA, la Fédération de la Russie, et la Chine pour ne citer que ceux-là sont tous des fédérations. La Gambie, le Lesotho, le Swaziland, et la Cote d’Ivoire individuellement pris ne peuvent compétir avec les fédérations que je viens de citer. Les règles de jeu établies par les plus forts sont à l’avantage de ces grands ensembles. La solidarité africaine dans le cadre du panafricanisme trouve tout son sens. C’est une question de bon sens, de survie, et de réalité politique. Depuis la fin du 20e siècle, le panafricanisme comme idéologie et doctrine est en train de retrouver ses lettres de noblesse. Plusieurs événements ces dernières décennies ont repositionné l'Afrique et le panafricanisme sur la carte des affaires internationales. Il y d’abord la Révolution de Thomas Sankara au Burkina Faso, la fin de l’apartheid et l’élection de Nelson Mandela, premier président noir en Afrique du Sud, l'élection du premier président noir des USA en 2008 Barack Obama, la célébration du jubilé d'or de 17 pays africains en 2010, l'organisation de la Coupe du monde en Afrique du Sud en 2010. Il y ensuite la vague d'insurrection dans le monde arabe et en Afrique 2010-2011, l'engagement militariste néo-colonial des puissances occidentales en Libye et en Côte-d'Ivoire, la célébration du cinquantenaire de la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) en 2013, et les mouvements de masse menés par les jeunes qui ont entraîné l’éviction du pouvoir des présidents Wade et Blaise Compaoré respectivement au Sénégal et au Burkina Faso. Il y a enfin le Mouvement «Black Lives Matter» aux USA face aux brutalités policières contre les noirs Américains, le combat pour la justice économique mené par les combattants pour la justice économique en Afrique du Sud, les transitions politiques pacifiques au Burkina Faso, au Nigeria, au Bénin, au Zimbabwe, en Afrique du Sud, la campagne anti-Franc CFA, la mobilisation contre la Cour pénale internationale, la révolution populaire togolaise contre le pouvoir viager de la dynastie Eyadema sont autant d’éléments additionnels non moins importants qui contribuent à revigorer la conscience collective africaine et l’émotion panafricaine. Tout cela contribue à en ajouter à la ferveur panafricaniste chez différentes couches de la population africaine. Le panafricanisme n’est pas un mouvement statique. Il doit s’adapter aux défis nouveaux, au 21e siècle, surtout à la lumière des crises successives du socialisme et du capitalisme qui ont d’ailleurs influencé le mouvement panafricain.

En Afrique, du Cap au Caire, il y a une philosophie qui met l’accent sur le collectivisme africain et l’humanisme et qui est par essence panafricaine. Elle met également en relief l’unité culturelle et linguistique des peuples Bantous d’Afrique. A titre illustratif elle s’appelle Ubuntu en Zulu. La même philosophie est appelée Bomotho en Lingala, Abantu en Ouganda, Ntu au Kenya, Burkindi en Moré. C’est dans cette philosophie que Thomas Sankara a puisé quand il a changé le nom de la Haute Volta. Burkina vient de Burkindi. La nouvelle dispensation du panafricanisme que je promeus a donc idéologie et théorie transcendantale la philosophie Ubuntu.
La maxime d’Ubuntu est “Une personne est une personne à travers d’autres personnes.” Dans la philosophie Ubuntu, l’être humain est au cœur des formulations de politique publique, de réalisation de ces politiques et du bilan de celles-ci. Les valeurs de la philosophie Ubuntu sont le partage, l’amour, l’harmonie, la cohésion sociale, le consensus, l’interdépendance, la prospérité partagée. Ce sont ces valeurs qui informent la conception d’un nouveau système politique qui s’appuie sur la démocratie inclusive, participative, une unité spirituelle pour l’Afrique, une identité économique, l’économie Ubuntu, une révolution culturelle qui mette en avant nos valeurs basées sur le collectivisme africain et qui se dissocie des anti-valeurs de la société occidentale comme la cupidité et l’individualisme exagéré.

Nous avons appris qu’une conférence commémorative des 60 ans a eu lieu à Abidjan en début du mois de mars

Je suis Africain né en Côte d’Ivoire. Il est important que mon pays d’origine abrite une des conférences qui commémorent le 60e anniversaire de la conférence de 1958. C’est une occasion pour articuler un discours nouveau sur la Cote d‘Ivoire, nation multiethnique et multiraciale, microcosme des États-Unis d’Afrique, et qui a la responsabilité historique de construire ce nouveau panafricanisme, ce développement intégré industriel de l’Afrique qui s’appuie sur Ubuntu. Il convient de rappeler que la cérémonie inaugurale de cette commémoration a eu lieu à Lincoln University en Pennsylvanie, l’université où Nkrumah a fréquenté et travaillé. C’était le 30 janvier 2018. Nous avons fait la deuxième conférence le 17 février à Washington, DC. Celle d’Abidjan a eu lieu à l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), le vendredi 2 mars. Elle a été organisée par une organisation d’étudiants dénommée Afrique Vision Future (AVF). Dr. Zizwe Poe, responsable du programme d’Etudes Panafricana » et moi avons eu le privilège d’intervenir par vidéoconférence depuis Lincoln University. Il y a d’autres organisations qui ont programmé de faire des conférences en Côte d’Ivoire, et dans plusieurs autres régions du continent africain et en occident. L’année 2018, à coup sûr, est une année charnière qui va accélérer l’histoire du panafricanisme. Nous sommes entrain d’apporter notre modeste contribution à ce processus.

Interview réalisée par JMK AHOUSSOU
In Soir Info





Samedi 31 Mars 2018
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