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Intervention en Centrafrique : les clés pour comprendre


Infographie des troupes françaises intervenant en Centrafrique et le déroulement de l'opération Sangaris
Infographie des troupes françaises intervenant en Centrafrique et le déroulement de l'opération Sangaris
Après le feu vert de l'ONU ce jeudi, la France dispose désormais d'un mandat pour intervenir militairement en Centrafrique, un pays au bord du chaos, livré aux bandes armées depuis le renversement en mars du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka.


Voici, réunis en un glossaire, quelques éléments pour mieux appréhender les très nombreux protagonistes d'un conflit des plus complexes.

« Anti-bakala ». Coupables désignés du massacre perpétré dans la nuit de lundi à mardi, les «anti-balaka» (anti-machettes) sont des membres de milices d'autodéfense paysannes, qui ont émergé depuis septembre dans le nord-ouest du pays, en réaction aux exactions sans fin perpétrées depuis mars dernier par des hommes armés issus des rangs de la coalition rebelle Séléka - depuis dissoute – qui avait fait tomber le président Bozizé. Les milices anti-balaka sont formées de paysans chrétiens, et s'en prennent aux populations musulmanes, assimilées aux rebelles ex-«Séléka».

François Bozizé. Après de multiples tentatives, François Bozizé parvient à prendre le pouvoir le 15 mars 2003 via un coup d'Etat. Président durant une décennie, marquée par de nombreux affrontements entre l'armée centrafricaine et plusieurs groupes rebelles, il est finalement renversé en mars 2013 par l'un d'entre eux, la coalition Séléka . Le nouveau gouvernement de la République centrafricaine émet alors un mandat d'arrêt international contre François Bozizé et les nouveaux dirigeants et ouvre une enquête sur les crimes présumés qu'il aurait commis durant ses dix années au pouvoir. Le chef d'Etat déchu fuit au Cameroun. En août dernier, lors d'un passage en France, il a exprimé sa volonté de reprendre le pouvoir dans son pays.

CPJP. La Convention des patriotes pour la justice et la paix est un groupe rebelle né dans le nord musulman de la Centrafrique en octobre 2008, en opposition au président Bozizé. Avec un autre groupe né trois ans plus tôt, l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), ils ont signé un accord de paix avec le gouvernement en 2011, après la réélection de Bozizé. Mais certaines factions de ces deux groupes rebelles, estimant que le président n'avait pas respecté les termes de cet accord en terme de partage des pouvoirs, ont créé la fameuse coalition « Séléka » et pris les armes en janvier 2013 pour reconquérir le pays, et faire tomber le chef d'Etat.

CPSK. La Convention patriotique du salut du kodro est une autre composante de l'ancienne coalition Séléka.

Le Conseil national de transition. Dans la foulée de la chute de Bozizé, un Conseil national de transition (CNT) est mis en place, à la demande des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena en avril 2013. Composé à la fois de membres du Séléka, de l'ancienne opposition au président déchu, de partisans de l'ancien régime, ainsi que d'anciens rebelles et personnalités de la société civile, ce conseil de 105 membres a sans surprise élu le chef de la coalition rebelle Michel Djotodia, à la présidence de la République. A l'heure actuelle, le bilan de cette institution censée jouer les contre-pouvoirs est mitigé.

Michel Djotodia. Leader de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), puis de la coalition Sékala, Michel Djotidia est nommé par le président Bozizé vice-premier ministre et ministre de la Défense nationale en février 2013, dans un gouvernement d'union nationale. Mais deux mois plus tard, c'est bien lui qui renverse Bozizé à Bangui, avant de s' autoproclamer président. Seul candidat, il est ensuite élu par le CNT à la présidence de la République pour dix-huit mois, et promet de conduire le pays vers des élections libres et démocratiques ainsi qu'une nouvelle constitution, après les dix ans du régime Bozizé. Et s'engage sur plusieurs points institutionnels, l'un d'entre eux lui interdisant de révoquer le premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition à l'ancien président. Mais très rapidement, l'ex-homme fort de la rébellion se retrouve dépassé par ses propres combattants, bien plus enclins à obéir aux chefs de guerre locaux. .

France. Lors de première offensive militaire de Séléka en décembre 2012, François Bozizé appelle à l'aide la France dont elle fut l'ancienne colonie jusqu'en 1960. La France, qui est déjà intervenue à de nombreuses reprises dans ce pays, refuse d'abord de s'engager. Alors qu'elle dispose déjà de troupes à Bangui, 150 soldats français sont malgré tout déployés à Libreville, par précaution, dans le seul but de protéger les ressortissants français. Neuf mois après la chute de Bozizé, et alors que le pays est dans une situation pré-génocidaire, la France, qui dispose de la seule armée occidentale a pouvoir intervenir dans l'urgence, obtient le feu vert de l'Onu pour intervenir militairement dans le conflit, en appui de la force internationale de la Misca.

L'Armée de résistance du Seigneur (LRA). Des vétérans de ce groupe rebelle ougandais figurent parmi les nombreux terroristes et criminels qui pulluleraient depuis plusieurs mois en république centrafricaine, où le chaos régnant depuis plusieurs mois est en train de créer un appel d'air pour de nombreux groupes armés : on évoque également la présence d'islamistes chassés du nord du Mali, des combattants de Boko Haram fuyant le Nigeria et des mercenaires tchadiens.

Misca. La Misca (Mission internationale de soutien en Centrafrique) est la nouvelle force militaire de l'Union africaine déployée actuellement en Centrafrique, pour prendre le relais de la Fomac, et de nombreuses forces multinationales et régionales qui se sont succédé sur le territoire depuis plus de 10 ans ( Misad, Minurca, Micopax...). Composée de 1 400 soldats, dont 650 Tchadiens, elle devrait rapidement compter 3 600 hommes, chargés de protéger les populations civiles et de stabiliser le pays. C'est cette force que la France a prévu d'appuyer militairement. En cas d'échec, l'ONU envisage d'ores et déjà l'envoi d'une nouvelle mission avant l'été 2014.

Sangaris. L'armée française a baptisé son opération « Sangaris », baptisée du nom d'un petit papillon rouge. Pour les entomologistes du monde entier, la Centrafrique est en effet le paradis des papillons où, en saison, il suffit d'emprunter une piste forestière à la sortie de Bangui pour croiser des nuages de millions de ces insectes.

Séléka. Fin 2012, une multitude de mouvements de rébellion du Nord se sont unis pour former la Séléka – « alliance » en sango, afin de reconquérir le pays. La Séléka signe un accord de paix en janvier 2013 avec le gouvernement... avant de renverser le président Bozizé deux mois plus tard. Son chef, Michel Djotodia, prend les rênes du pays. Mais très rapidement, les membres de cette coalition extrêmement hétérogène, composée de mercenaires étrangers, des brigands et des coupeurs de route, s'adonnent à nombre de pillages et d'exactions contre des civils, notamment chrétiens. En septembre dernier, la coalition est dissoute mais il est trop tard : des milices villageoises, les fameuses « anti-bakala », ont d'ores et déjà pris les armes pour se venger.

Nicolas Tiangaye. Ex-défenseur des droits de l'homme et membre de l'ancienne opposition à Bozizé, cet avocat centrafricain est l'actuel Premier ministre de la RCA. Nommé par Bozizé dans le gouvernement d'union nationale qui voit le jour en janvier 2013, sous pression de la coalition Seleka, il le restera après l'arrivée au pouvoir de cette dernière, deux mois plus tard.

L’UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement).
Né dans les années 2000, ce groupe rebelle s'engage dès 2006 dans des combats pour faire tomber le président Bozizé. Acteur majeur de la rebellion centrafricaine au cours de la guerre de territoire qui fait rage depuis dix ans dans le pays, l'UFDR a grandement contribué à la constitution de la coalition Seleka, qui renversera finalement Bozizé en mars dernier. Le leader historique de l'UFDR n'est d'ailleurs autre que l'actuel président, Michel Djotodia.

LeParisien.fr

Vendredi 6 Décembre 2013
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