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La Dépêche d'Abidjan

Interdit de publicité officielle, exclu des Etats Généraux de la presse.«L'Eléphant Déchaîné» va-t-il disparaître ?


Interdit de publicité officielle, exclu des Etats Généraux de la presse.«L'Eléphant Déchaîné» va-t-il disparaître ?
Voilà une information qui va certainement réjouir le ministre de la Construction, Sanogo Mamadou, l'homme qui joue au football avec la carte de visite de ses visiteurs et qui considère « L'Eléphant Déchaîné » comme un « torchon ». Qu'il faut jeter à la poubelle ? Puisque son collègue RDR du Ministère de la Communication a pris le soin de ne pas inviter le « torchon » à participer aux Etats Généraux de la presse. Lesquels se sont achevés le vendredi 31 août 2012 à Yamoussoukro avec l'adoption, nous apprennent les journaux qui y ont été conviés, de 36 recommandations qui, jurent les participants, vont rendre notre presse « plus professionnelle ».
Le ministère de la Communication qui a organisé ces Etats Généraux en association avec des Organisations professionnelles du secteur de la presse, a mis en place un Comité d'Organisation piloté par le conseiller en communication du ministre Diakité Coty, Abdoulaye Sangaré. Lequel a adressé des invitations en bonne et due forme aux entreprises de presse, du moins celles qui sont perçues par le ministère de la Communication comme faisant partie de l'environnement médiatique de la Côte d'Ivoire, afin qu'elles soient présentes à la grand'messe de Yamoussoukro.
Des journalistes, des experts, des consultants, deux cents personnes au total nous apprend-on, ont ainsi effectué le déplacement à Yamoussoukro, aux frais de l'Etat de Côte d'Ivoire qui a tout pris en charge (transport, hébergement, restauration, etc.)

Mais à l'ouverture des travaux le jeudi 30 août, des participants, pour la plupart des patrons de presse et des journalistes, ont vite fait de remarquer l'absence d'une entreprise de presse à cette rencontre : la SNECI (Société Nouvelles Editions de Côte d'Ivoire), éditrice du bi-hebdomadaire satirique « L'Eléphant Déchaîné ».
Ces confrères, ne comprenant pas les raisons de l'absence des premiers responsables de « L'Eléphant Déchaîné » à une rencontre aussi importante pour la presse ivoirienne, n'ont pas hésité à les joindre au téléphone pour s'émouvoir de cette situation.
« Pourquoi avez-vous boycotté les Etats Généraux de la presse ? »
« Pourquoi n'avez-vous pas effectué le déplacement ? »
« Toutes les entreprises de presse sont représentées ici, où êtes-vous ?»
« Pourquoi Assalé Tiémoko n'a-t-il pas effectué le déplacement ? »
Telles sont quelques-unes des questions qui ont été posées par les confrères, au rédacteur en chef de l'infernale « Eléphant Déchaîné », Hervé Makré. Lequel a dû expliquer aux confrères que « L'Eléphant Déchaîné » n'a pas boycotté cette rencontre. Et qu'il n'y était pas, pour la simple raison que personne n'a pensé à l'y inviter. Que tous les invités ayant été sélectionnés et pris en charge par l'Etat, les responsables de « L'Eléphant Déchaîné » ne pouvaient se rendre à Yamoussoukro, sans invitation, sans le moindre document à produire pour justifier leur présence à l'hôtel «Le Président».

« Non aligné, non reconnu»

Car en effet, le ministère de la Communication a invité tous les responsables d'entreprises de presse en Côte d'Ivoire à participer aux Etats Généraux de la presse ivoirienne à Yamoussoukro, sauf ceux de « L'Eléphant Déchaîné ». Un oubli ? Point du tout ! Un choix délibérément fait ! Et c'est l'ostracisme qui frappe « L'Eléphant Déchaîné » de la part des structures officielles de l'Etat qui poursuit ainsi son chemin. Parce que la non invitation de « L'Eléphant Déchaîné » à la rencontre de Yamoussoukro est une volonté délibérée de montrer aux responsables de ce journal que tant que leur journal restera « non aligné », « non contrôlable », ils devront se considérer comme des intrus dans l'environnement de la presse ivoirienne. Et que les structures financées par l'argent public ne les reconnaîtront pas comme des journalistes.
Pour la simple raison que leur façon de faire le journalisme ne plaît pas du tout dans ce pays. Pays dans lequel, il n'y a point de place pour des journalistes indépendants, il n'y a point de place pour des journaux véritablement indépendants, pour des journaux non contrôlés, pour des journaux dont de hauts responsables de services publics ne maîtrisent pas la source de financement et qui sont ainsi perçus comme un « danger » pour la mauvaise gouvernance et la célébration des discours haineux qui ont conduit ce pays dans le chaos. Et qu'il faut, de ce fait, ouvrer à faire disparaître.

Interdit de « pub officielle » et officiellement « exclu ».

« Des Etats Généraux, pour une presse plus professionnelle », tel était le thème de la rencontre de Yamoussoukro. Au cours de laquelle il s'est agi donc pour les participants invités, de réfléchir sur les mesures à mettre en ouvre pour que naisse en Côte d'Ivoire, une presse plus crédible, plus responsable, plus professionnelle. « La Côte d'Ivoire a mal à sa presse. Que faire ? » Telle était également la question posée aux participants, lesquels étaient censés y trouver des réponses claires au sortir de leurs réflexions. Comment peut-on vouloir d'une « presse plus professionnelle » et adopter une telle attitude à l'égard d'un journal dont les responsables, qui ne sont pas parmi les plus connus du métier de journaliste en Côte d'Ivoire, mettent tout en ouvre, à chaque parution, pour ne violer aucune règle, ni déontologique, ni légale dudit métier ?
Car en effet, voilà bientôt 12 mois que « L'Eléphant Déchaîné » est sur le marché de la presse ivoirienne et qu'il n'a écopé d'aucune sanction pour violation de la moindre règle du journalisme. La seule « faute » si l'on puisse dire que ce journal a commise en 10 mois est le non-respect du contenu d'un communiqué du Conseil National de la Presse (CNP) invitant les journalistes à ne pas désigner les personnalités avec leur seul prénom. Puisque dans une caricature parue dans notre édition N°81, nous avions désigné la ministre Raymonde Coffie Goudou avec son prénom. Que le CNP nous avait interpellés à juste titre pour ce fait. Et que nous avions reconnu notre « tort » et présenté nos excuses.
En réalité, malgré les discours, la naissance d'une presse véritablement indépendante, crédible, responsable, qui n'est pas au service de la cause partisane des hommes politiques ou des dirigeants, n'est guère souhaitée dans ce pays. Et « L'Eléphant Déchaîné » dont le tort est de vouloir être au service de la transparence, de la justice, de la bonne gouvernance, de la vérité., de la veuve et de l'orphelin, n'est pas le bienvenu dans ce pays. Et des responsables des services publics de l'Etat le lui font bien savoir à chaque occasion. Surtout qu'il persiste à vouloir demeurer un journal indépendant.

Dans notre édition N°80, se trouvait le passage suivant, extrait de l'éditorial intitulé, « pas de pub pour L'Eléphant » : « Quand j'ai vu la liste des journaux à qui on devait remettre le bandeau sur la Pub liée au lancement des travaux de l'Autoroute de Grand Bassam, j'ai dit qu'il manquait un journal. On m'a demandé lequel et j'ai répondu « L'Eléphant Déchaîné ». Alors ils m'ont dit, « pas de Pub » pour ce journal. J'ai voulu savoir pourquoi, on m'a dit de laisser tomber, à moins que je ne veuille plus travailler avec les ministères. Ce fut la même chose avec le bandeau sur l'approvisionnement en eau potable. Tous les journaux y compris ceux qui viennent à peine de sortir, ont reçu ce bandeau mais votre journal a été exclu. Je suis désolé pour vous. Je ne comprends pas pourquoi ils font cela » (.) Les lecteurs qui ne cessent d'appeler la rédaction pour s'enquérir des raisons pour lesquelles « L'Eléphant » n'a pas de « pub » sont également situés. C'est que le quadrupède, à force de vouloir faire la presse autrement et de refuser toutes compromissions pour conserver sa liberté de ton, de pensée et d'opinion, s'est attiré une sacrée inimitié en haut lieu. Les dossiers qu'il s'est entêté à publier au lieu de les ranger dans ses tiroirs après quelques coups de fil fort aimables provenant de bureaux insoupçonnés, après quelques interventions infructueuses ont fini par exaspérer certaines têtes d'ouf au sommet de l'Etat. Lesquelles se sont passé le message, ministère après ministère, direction générale après direction générale, jusqu'à certains annonceurs privés exerçant dans le milieu de la téléphonie mobile. Afin qu'aucune publicité officielle, c'est-à-dire financée par l'argent public, ne soit donnée à « L'Eléphant Déchaîné ». Lequel pourrait utiliser les revenus de ces publicités officielles pour continuer à être présent sur le marché de la presse ivoirienne. Et demeurer ainsi, quelle horreur! Un journal «non contrôlable», «non aligné».
Et un tel journal n'a évidemment pas sa place dans une rencontre financée par l'argent public pour une presse moins professionnelle. Ou alors on ne s'y connait pas ! Il n'y a qu'à jeter un coup d'oil sur les «Unes» des journaux.

ASSALE TIEMOKO in L'Éléphant Déchaîné
Samedi 8 Septembre 2012
La Dépêche d'Abidjan



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