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Hommage à Kaba Taïfour :L’HOMME DU VERBE EXALTÉ

Kaba Taïfour ! Quel auditeur ivoirien des années 1970-1990 n’a pas eu à entendre et à écouter avec délectation cette voix sur les ondes de la radio nationale ? Voix rauque, chaude, ton provocateur, d’un anticonformisme à la limite du libertinisme. Il avait des formules langagières magiques, des mots insolites, des réflexions de génie. Ecoutez ceci : « Kaba Taïfour, radio Côte d’Ivoire. Il est exactement 23h30 à ma montre que j’ai achetée avec l’aide de personne ». Ou bien cette introduction non moins fracassante à l’une de ses émissions : « Radio Côte d’Ivoire. Kaba Taïfour au micro. Chers amis auditeurs, je suis au regret de vous avouer que je souffre vraiment du Sida ; Salaire insuffisant difficilement acquis » !!!


Hommage à Kaba Taïfour :L’HOMME DU VERBE EXALTÉ

Extravagances langagières, propension à l’emphase. Et, par-dessus tout, quel niveau de savoir, de culture générale : cinéma, arts plastiques, théâtre, littérature, journalisme, politique, économie, sports, danse, etc. ; on se demande bien quel est le domaine des arts et de la culture que n’a pas exploré cet homme. Il avait une conversation étincelante, une diction presque impeccable, et il était, assurément, d’un commerce agréable…

Un digne représentant

C’est en 1983 que j’ai véritablement fait sa connaissance, par l’intermédiaire de Bernard Zadi. Dès le premier contact, j’avais senti que j’étais en présence d’un digne représentant de la race — notre race : celle des créateurs, ces amants de l’insolite, de la nuit, du tabac, de l’alcool et de tous ces paradis artificiels qui nous aident à visiter des territoires imaginaires interdits au sens de l’homme ordinaire et passable.
Où et quand est-il né ? Et de qui ? Quelles sont ses origines ? Est-il marié ? A-t-il des enfants ? Je n’ai jamais cherché à le savoir. Et, pas plus hier qu’aujourd’hui, cela ne m’intéresse. C’était Kaba Taïfour, le célèbre journaliste de Radio Côte d’Ivoire, l’ami du Maître Bernard Zadi. Il m’avait adopté, et cela me suffisait. Régulièrement, il venait à nos répétitions musicales, à l’Ina, dans le studio Augier où nous jouions. Nous, c’était : le Pr Albert Kouakou (piano), Adépo Yapo, moi-même (guitares), Bernard Zadi (arc musical et sanza), Delphine Pan Déhoué et Marie-Claire Osso (chants). Les répétitions étaient soumises au sens critique de Kaba Taïfour (le Maître y tenait)…

En deçà de la politique

Puis les années 1990 et ses tourmentes. Kaba a résisté à l’appel du maître (son grand ami) de le rejoindre en politique. Lui était un homme des arts et de la culture, et il préféra rester en deçà de la politique, même s’il éprouvait pour l’USD une réelle empathie. Je finis par devenir le pont entre le Maître (désormais absorbé par la politique et lui). Sur recommandation du dernier, il me remit le manuscrit d’un roman qu’il avait écrit et qui traînait, comme de nombreux autres auteurs, dans les casiers d’une maison d’édition de la place ; cela faisait plus d’une décennie qu’attendait d’être édité ce manuscrit. J’en fis faire la saisie par une secrétaire de mes amis. Le titre : Les parasites de l’espoir. Histoire d’un homme atteint d’un blues immense dès suites de son divorce. C’était un peu, je crois, un peu de son histoire personnelle. Je détiens encore ce texte…
Il me disait, Kaba, parlant de Zadi : « Tu sais, l’habitude de fréquenter un grand homme ne nous permet pas de mesurer le privilège que nous avons à le côtoyer ». Les deux hommes se vouaient une amitié et une estime aux relents de l’admiration réciproque.
Mémél Foté, Désiré Tanoé, Bernard Zadi, Amédée Pierre. Ce sont là les hommes de ce pays à l’endroit desquels Kaba Taïfour, à juste titre, ne tarissait jamais d’éloges : ils appartenaient à la même race, celle des penseurs précieux et profonds.

Une tragédie ambulante

Tout célèbre homme de presse qu’il était, Kaba Taïfour était en réalité un homme seul. A l’image du maître, il avait opté pour une vie dans le dépouillement matériel, sans considération aucune pour l’avoir. Généreux et, conséquemment souvent fauché, il n’était pas rare de le voir dans des situations de manque qui frisaient la clochardise. Et l’homme s’en moquait : « Turbulence (c’est comme cela qu’il m’appelait), je sais que la pauvreté n’a ni élégance ni charme. »
Il avait lu, abondamment lu. Mais il n’était pas l’homme des citations — c’est plutôt lui qui donnait à être cité. Il me disait aussi ; « Si l’imitation du modèle est un stade nécessaire à la quête du savoir, le dépasser est une exigence pour l’affirmation du disciple ». Magistralement dit ! Sa connaissance de la langue française était indéniable, et elle lui ouvrait souvent les portes du pédantisme ; mais ce n’était jamais un pédantisme ennuyeux…
Oui, Kaba Taïfour a vécu parmi nous et avec nous. Mais il n’était pas, à vrai dire, d’ici. C’était une autre espèce d’homme, un type de déséquilibré ou d’inadapté : un étranger en transit (la référence est camussienne). Il lui arrivait de choquer par ses outrances (un verre de trop, une tenue à la propreté discutable, une réflexion gênante, etc.). C’était du Kaba.

Une immense douleur

L’homme portait en lui une douleur immense dont je n’ai jamais su ni même chercher à savoir l’origine, quoiqu’il m’ait honoré de son amitié et de nombreuses confidences qui eussent pu justifier que je m’intéressasse à cet aspect de sa vie intérieure cachée. Le décès d’Amédée Pierre, puis celui de Bernard Zadi l’avaient terriblement affecté. Ces deux personnalités des arts et de la culture ivoirienne représentaient pour lui des références qualitatives et significatives de ce que fut notre pays. Sans doute qu’il voyait, à travers leur tragique disparition, les signes imminents de la sienne. En effet, quand je lui eus fait la proposition de venir à Yacolidabouo avec nous pour assister à l’inhumation du Maître, sa réponse fut tout carrément tragique : « A quoi bon, Turbulence, je sais que je vais rejoindre bientôt Padre (c’est comme cela qu’il appelait Zadi). Allez, bon voyage. » Le samedi 29 avril, il m’avait accompagné à Adzopé pour une émission en hommage au Maître sur la radio de la localité. Le public s’est senti honoré de voir, en chair et en os, le grand Kaba Taïfour. Et l’homme était visiblement heureux de retrouver le micro…

Mort seul

Kaba Taïfour est mort. Seul dans sa chambre. Une mort qui porte en elle-même les marques d’un ‘‘départ’’ volontaire car l’homme était fatigué, et il ne se soignait plus vraiment, sachant pourtant très bien que la maladie qui le traquait depuis des années (le diabète) était sans pitié, et qu’elle l’emporterait. Dans ce sens, il a, enfin, trouvé le repos depuis ce jeudi, au cimetière de Yopougon. À la levée du corps, une foule nombreuse, et de qualité, a rendu hommage à sa dépouille, au Chu de Yopougon. Auguste Miremont, Mamadou Berté, Ahmed Touré, le Pr Amoa Urbain, Emmanuel Koffi, Roland Clovis Sewa, Brigitte Obrou, Mathilde Moreau, entre de nombreuses autres personnalités du monde de la Communication, de la littérature et des arts qui ont tenu à signer leur présence pour ces derniers moments à passer avec le grand et sympathique homme de radio disparu.
Kaba Taïfour est parti : « Quatre pans de mur/par-dessus, une lourde charge de terre/au fond, son linceul » (Michel Aka Bonny, in A Josaphat). Que la paix et la miséricorde d’Allah - le - tout - puissant l’accompagnent dans l’éternité.

Tiburce Koffi in FRATERNITE MATIN
Lundi 10 Septembre 2012
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