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Henri Konan Bédié : «Bientôt une plateforme de l'opposition avec Gbagbo et Soro»

Une poignée de main et deux heures de discussion. Lundi 29 juillet, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ont échangé sur la situation politique et sociale de leur pays. C'était la première fois que les deux anciens chefs d’État se rencontraient depuis dix ans. Les deux poids lourds de la vie politique ivoirienne ont évoqué leur volonté de faire aboutir la réconciliation nationale. Pour cela, ils comptent inaugurer une plateforme de l'opposition, qui sera un cadre d'échanges concret entre eux, comme l'explique Henri Konan Bédié, le patron du PDCI-RDA. Il était l'invité Afrique de RFI vendredi 2 août.


b[Dans un entretien accordé à RFI à Paris ce jeudi 1er août, Henri Konan Bédié s'explique sur la prochaine plateforme de l'opposition ivoirienne. « La plateforme est déjà entrée dans les faits. Nous travaillons ensemble, le PDCI comme le FPI et d'autres partis qui y adhèrent. Si [Laurent Gbagbo] rentre, il prend sa place dans tout cet ensemble. Nous menons ensemble le combat pour une réconciliation nationale complète, totale. »

La nouvelle organisation devrait inclure Guillaume Soro. « Nos relations sont bonnes, confirme Henri Konan Bédié. Bien entendu, nous travaillons ensemble dans le cadre de cette plateforme des partis de l'opposition. »

Officiellement, Guillaume Soro n'a pas encore dit qu'il faisait un pas vers cette plateforme de l'opposition. Mais l'ancien président de la Côte d'Ivoire affirme avoir son accord de principe « depuis longtemps » pour y participer.

L'accord sur la plateforme sera signé « cette semaine », promet le chef du PDCI-RCA.]b

RFI : Vous rentrez de Bruxelles où vous avez pu rencontrer Laurent Gbagbo, dans quel état d’esprit l’avez-vous trouvé ?

Henri Konan Bédié : Je l’ai trouvé en bonne santé et toujours combatif.

Est-ce qu’il vous a parlé de ses projets ?

Nous avons parlé de projets qui concernent la Côte d’Ivoire.

Est-ce que justement, il a évoqué son envie de retourner en Côte d’Ivoire prochainement ?
Naturellement, la question ne se pose même pas pour un Ivoirien. Vous savez les Ivoiriens n’aiment pas vivre à l’étranger et encore moins en exil.

Il vous a dit qu’il estime être aujourd’hui en exil ?

Mais c’est pire que l’exil, tout le monde sait qu’il sort de prison. Il a été acquitté, il doit rentrer dans son pays, mais des contraintes le retiennent encore [en Belgique ; NDLR]. Par conséquent, c’est contre sa volonté qu’il se trouve en exil.

Laurent Gbagbo et vous-même, vous partagez une inquiétude, celle de la réconciliation nationale. Avez-vous le sentiment, que 8 ans après les violences de 2010-2011, il y a toujours des ferments de la crise ?
Oui, certaines des violences des dernières élections locales et municipales demeurent toujours dans l’esprit des populations, ce qui fait craindre des situations difficiles après l’élection de 2020. Tout cela pose le problème de la réconciliation nationale qui, en réalité, n’a jamais été faite depuis le coup d’État de 1999. C’est la raison pour laquelle, en dehors du gouvernement, j’ai proposé une plateforme de l’opposition qui pourrait réaliser cette réconciliation nationale de tous les Ivoiriens.

La réconciliation nationale, c’était pourtant l’une des priorités du président Alassane Ouattara. Pourquoi n’a-t-elle pas fonctionné, selon vous ?

On doit lui poser la question parce qu’effectivement c’était l’une de ses priorités, de ses promesses, mais jusqu’à ce jour, cette réconciliation n’a pas eu lieu.

Qu’est-ce qui peut être fait, selon vous, pour qu’on aille effectivement vers une réconciliation nationale ?

Il y a beaucoup de choses encore à faire. Il y a une loi d’amnistie qui concerne aussi bien les civils que les militaires, il y a le retour de tous les exilés qui sont encore à l’étranger. Il y a, au sein de ceux qui sont restés en Côte d’Ivoire, beaucoup de problèmes que je n’ai cessé d’évoquer.

Si Laurent Gbagbo rentre en Côte d’Ivoire, dans les mois ou les semaines qui arrivent, pensez-vous que la plateforme, que vous tentez de mettre en place depuis plusieurs mois, puisse toujours être possible ?

La plateforme est déjà entrée dans les faits. Nous travaillons ensemble, le PDCI comme le FPI, et d’autres partis qui y adhèrent. Si Gbagbo rentre, il prend sa place dans tout cet ensemble et nous mènerons ensemble le combat pour une réconciliation nationale complète et totale.

Et si, on apprend que dans quelques mois la Cour pénale internationale confirme l’appel qui peut être demandé par le Procureur, si on va vers un appel et donc vers une deuxième phase du procès de Laurent Gbagbo devant la CPI et que donc il ne peut pas rentrer en Côte d’Ivoire, dans ce cas, vers qui est-ce que vous vous tournerez pour consolider cette plateforme ? Par exemple, est-ce que vous avez envisagé de vous tourner vers Guillaume Soro ?

Ce serait d’abord extraordinaire qu’après l’avoir acquitté on parle de condamnation. Il est plutôt question, parce qu’il a été acquitté, qu’il soit libre et qu’il rentre dans son pays. Donc ce serait extraordinaire que l’hypothèse que vous avancez devienne une réalité, mais dans tous les cas, avec Guillaume Soro, nos relations sont bonnes. Je parle du PDCI, de moi-même qui suis le président du PDCI et de Guillaume Soro et de ses amis politiques. Nos relations sont bonnes et bien entendu nous travaillons ensemble dans le cadre de cette plateforme des partis de l’opposition.
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Vendredi 2 Août 2019
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