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GBAGBO ET L’EXERCICE DU POUVOIR D’ÉTAT


GBAGBO ET L’EXERCICE DU POUVOIR D’ÉTAT
Après les quatre décennies de règne du Pdci-Rda au cours desquelles le pouvoir était mystifié, tous ceux qui ont voulu regarder Gbagbo dans le prisme des attitudes bourgeoises et aristocratiques des premiers dirigeants de ce pays, à commencer par Houphouët-Boigny, se sentent choqués par le comportement roturier de cet homme. On lui reproche d’avoir désacralisé le pouvoir d’État et d’avoir fait en sorte que celui-ci ne fasse plus peur. Combien de fois, en effet, lui et certains de ses plus proches collaborateurs n’ont-ils pas été sous les feux de la critique et faits l’objet de déception quand on les voyait au volant, conduire leur propre voiture, sans garde-de-corps, emprunter un taxi du quartier pour leur course, aller faire eux-mêmes leurs emplettes dans les supermarchés ou manger de la banane braisée avec des arachides en lieu et place du caviar et autre espèce de nourriture importée ? A propos de l’exercice de ce pouvoir d’État, ils sont nombreux, ceux qui n’apprécient pas sa trop grande ouverture d’esprit. Gbagbo ne s’embarrasse pas d’ennemis politiques, conscient que la nation doit se concevoir comme une grande famille dans laquelle certains de ses membres, pour nourrir toute la maisonnée, doivent, les uns, aller à la chasse pour chercher du gibier, les autres à la pêche, pour ramener du poisson, de sorte qu’il y ait toujours à manger suivant les moments de l’année. Si tout le monde va chasser par exemple et que la chasse arrivait à être infructueuse, on faisait courir à toute la famille le risque de vivre les rigueurs de la famine. C’est là tout le sens de son attachement à la démocratie, principe selon lequel, tous les nationaux, rangés dans des groupes de pensée selon leur perception du monde et leur intuition, dans une compétition fraternelle, citoyenne et civilisée, cherchent à conquérir le pouvoir d’Etat pour le bien commun. En parlant de compétition, on peut parler aussi d’adversaires politiques, des citoyens qu’on doit respecter chacun travaillant, suivant sa conception du monde et de la gestion publique des biens, pour le bonheur de tous. C’est au nom de cette conception que Gbagbo respecte ses adversaires politiques et leur ouvre grandement les bras et les sollicitent autant que de besoin sur des questions d’intérêt national. C’est le fondement de sa volonté de ne pas emprisonner encore moins assassiner un citoyen pour son opinion, son appartenance politique, idéologique et religieuse. Il encourage au contraire toute œuvre ou toute action qui peut concourir à forger la grandeur de la nation.
Gbagbo a une grande idée de la nation ivoirienne et voue au peuple ivoirien un respect presque mystique. Et lorsqu’il s’éprend à défendre sa patrie, ceux qui ne comprennent pas ce rapport qu’il a avec son peuple et la nation, face aux Européens qui lui demandent de profaner les valeurs de la République et d’enfreindre certains de ses engagements, le taxent injustement d’orgueilleux. Il faut le dire tout net : ceux qui traitent Gbagbo d'arrogant parce qu’il agit comme étant seul à aimer sa patrie ne connaissent pas la valeur d'une nation. La Côte d'Ivoire est une grande nation. C’est pourquoi pour lui, on ne doit pas la laisser aux mains de ceux qui n'en ont aucune conscience et donc sont prêts à la prostituer pour des intérêts sordides. Et lorsqu’il dit refuser qu’on lui dicte des décisions politiques de l’extérieur, n’étant pas préfet au service d’un autre pays, mais bien un chef d’État élu souverainement par ses concitoyens, on ne peut que l’admirer dans un contexte où le néocolonialisme ambiant devient étouffant. D’où la question face à la France impérialiste actuelle. Mais pourquoi même? Pourquoi soumettre son pays pour les intérêts d'un autre pays fut-il la France? A cause de quoi même?
C’est au nom de cet attachement à la nation, aux principes de la République et de la Démocratie, son acharnement à défendre la souveraineté de la Côte d’Ivoire indépendante, parce qu’élu non pas uniquement pour jouir des privilèges dus aux chefs d’État mais surtout pour la protéger même au prix de sa vie qu’il faut comprendre que, lorsque la nation fut aux prises avec des envahisseurs soutenus par des puissances internationales, il ne prit pas la poudre d’escampette. Lorsque sa résidence de fonction fut soumise aux canons franco-onusiens, courageux comme le Chilien Salvador Allende qu’il admire pour s’être sacrifié pour son peuple lors du coup d’État militaire du 11 septembre 1973 conduit par Agostino Pinochet, il resta dans la fournaise et refusa sa reddition malgré toutes les propositions mirobolantes mais indécentes.


Lazare Koffi Koffi

(Extrait de CÔTE D'IVOIRE, MA PASSION, à paraître)
Mardi 10 Décembre 2013
La Dépêche d'Abidjan



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